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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 7 - Les organes des sens

 

7.1 - L’olfaction

 

7.1.1 La muqueuse olfactive

La muqueuse olfactive est située à la partie postérieure de chacune des deux fosses nasales, où elle tapisse une zone d’environ 2,5 cm2 s’étendant sur le cornet supérieur et le 1/3 supérieur de la cloison nasale. Elle est en continuité avec la muqueuse pituitaire (de type respiratoire) qui revêt l’ensemble des fosses nasales.

La muqueuse olfactive est constituée d’un épithélium reposant par l’intermédiaire de sa membrane basale sur un chorion de tissu conjonctif.

7.1.1.1 L’épithélium olfactif

Image NAS1V.GIF

L’épithélium olfactif, prismatique pseudo-stratifié, est fait de 3 types de cellules : des cellules réceptrices neuro-sensorielles, des cellules basales et des cellules de soutien. En fait, comme pour les bourgeons du goût, il existe un renouvellement continu de ces cellules. Les cellules neuro-sensorielles sont fusiformes et présentent deux prolongements : un dirigé vers la cavité des fosses nasales et portant des cils sur lesquels se trouvent les récepteurs aux substances odorantes, le second (ou axone) se dirige vers le bulbe olfactif à travers la lame criblée de l’ethmoïde.

7.1.1.2 Le chorion

Image NAS2V.JPG

Le chorion, fait de tissu conjonctif, contient :

  • des filets nerveux amyéliniques constitués par les axones des cellules réceptrices neurosensorielles groupés par paquets dans des invaginations de la membrane des cellules de Schwann qui les accompagnent. Ces filets nerveux gagnent la région profonde du chorion et traversent la lame criblée de l’ethmoïde pour rejoindre le bulbe olfactif (constituant alors collectivement le « nerf olfactif »),
  • des terminaisons nerveuses sensitives du nerf nasal interne, branche du trijumeau,
  • de nombreux vaisseaux sanguins,
  • de volumineuses glandes exocrines, tubulo-acineuses, muqueuses.

7.1.2 Les voies olfactives

Les voies olfactives se distinguent des autres voies sensorielles par l’absence de cellule sensorielle proprement dite et par l’absence de relais diencéphalique.

L’axone de la cellule réceptrice neuro-sensorielle fait synapse avec une cellule mitrale du bulbe olfactif. Cette synapse se fait au niveau de la couche glomérulaire du bulbe dans une zone précise (le glomérule) où les axones sensoriels connectent les dendrites issues d’une seule cellule mitrale ou d’une cellule à panache. Ces dernières envoient des axones vers les centres nerveux de l’olfaction situés dans le rhinencéphale. On décrit de plus deux types d’interneurones : les cellules périglomérulaires modulant la transmission au niveau du glomérule et les cellules granulaires reliant deux cellules mitrales. Il existe au moins deux types de cellules granulaires : des cellules glutamatergiques activatrices et des cellules GABAergiques inhibitrices.

7.1.3 La reconnaissance des molécules odoriférantes

Pour ce faire, il existe environ 1000 gènes codant pour des récepteurs olfactifs. Ces récepteurs sont des protéines à 7 domaines trans-membranaires couplées à des protéines G. Au cours de l’évolution phylogénétique, il existe une complexification du répertoire génétique des récepteurs aux odeurs. En effet, chez le poisson chat, on décrit moins de 80 gènes codant pour de tels récepteurs, alors qu’il en existe environ mille chez le rat. L’analyse de l’expression de ces récepteurs a montré qu’une cellule neuro-sensorielle n’exprime qu’un seul type de récepteur. Chez les mammifères, on peut séparer l’épithélium olfactif en 4 grandes régions distinctes. Toutes les cellules neuro-sensorielles exprimant le même récepteur sont localisées dans une même région. Mais, dans cette région, la répartition des cellules réceptrices se fait au hasard si bien que l’épithélium olfactif est organisé comme une mosaïque de cellules exprimant différents récepteurs. Tous les axones d’un même glomérule proviennent de cellules neuro-sensorielles exprimant le même récepteur. Ainsi, une cellule mitrale reçoit des afférences provenant de cellules exprimant toutes le même récepteur. La projection des neurones sensoriels sur les cellules mitrales est un exemple de ségrégation spatiale des messages permettant le tri des informations. L’enregistrement d’une seule cellule mitrale montre qu’elle répond à des stimulus différents provoqués par des molécules de conformation similaire.

Le signal olfactif est généré par des substances chimiques volatiles présentes dans l’environnement ou apportées par l’alimentation. Ces substances se lient à un récepteur spécifique. Ce récepteur est une molécule transmembranaire à activité de canal ionique qui possède au moins trois zones fonctionnelles : une hélice alpha C-terminale qui détermine la sélectivité pour l’agoniste, un domaine amino-terminal qui rend compte de l’efficacité de l’agoniste et le domaine H-5 qui explique la sélectivité ionique du canal. Les récepteurs aux odeurs sont des canaux calcium qui, lors de leur activation, permettent une entrée de calcium intra-cellulaire. L’augmentation de calcium dans le cytoplasme active un canal chlore calcium-dépendant d’où l’apparition d’un courant chlore qui serait le véritable courant de transduction du signal. De plus, l’activation du récepteur agit sur deux systèmes de seconds messagers : l’AMP cyclique et l’inositol triphosphate (IP3). A leur tour, ces messagers agissent sur de nombreux canaux membranaires et sont donc responsables de la transduction du signal.

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7.1 - L’olfaction
7.2 - L’œil
7.3 - L’oreille
7.4 - Le goût
7.1.1 - La muqueuse olfactive
7.1.2 - Les voies olfactives
7.1.3 - La reconnaissance des molécules odoriférantes
7.1.1.1 - L’épithélium olfactif
7.1.1.2 - Le chorion