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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 7 - Les organes des sens

 

7.3 - L’oreille

 

7.3.1 L’oreille externe

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L’oreille externe comprend le pavillon de l’oreille, le conduit auditif externe et le tympan, qui sont revêtus par la peau. Le cérumen résulte de la sécrétion des glandes cérumineuses (variété de glandes sudoripares apocrines) et des glandes sébacées présentes dans le derme de la peau du conduit auditif externe.

7.3.2 L’oreille moyenne

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Les osselets (marteau, enclume et étrier), la face interne du tympan et les parois osseuses de la caisse du tympan ainsi que celles des cavités mastoïdiennes sont revêtues par une muqueuse peu épaisse dont l’épithélium pavimenteux ou cubique simple renferme quelques îlots de cellules ciliées et de cellules glandulaires muqueuses ou séro-muqueuses. Le tympan est donc constitué par un épithélium externe (l’épiderme) et un épithélium interne (celui de la caisse) séparés par une lame fibreuse dans l’épaisseur de laquelle se loge le manche du marteau. La muqueuse de la trompe d’Eustache, dont l’épithélium est de type respiratoire, repose sur une armature cartilagineuse et fibreuse dans sa portion externe et osseuse dans sa portion interne.

7.3.3 L’oreille interne

7.3.3.1 Labyrinthe membraneux et labyrinthe osseux

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Cavité close bordée par un épithélium et contenant l’endolymphe, le labyrinthe membraneux comprend plusieurs parties distinctes mais intercommunicantes : l’utricule, le saccule, les canaux semi-circulaires et les canaux et le sac endolymphatiques d’une part, le canal cochléaire d’autre part. Ultérieurement, l’épithélium pavimenteux ou cubique simple du labyrinthe membraneux subit en certains endroits des différenciations dont les trois principales sont celles qui donneront naissance aux zones réceptrices sensorielles (macules de l’utricule et du saccule, crêtes ampullaires des canaux semi-circulaires, organe de Corti), à la strie vasculaire sécrétant l’endolymphe et au sac endolymphatique le résorbant.

Autour du labyrinthe membraneux, la différenciation du mésenchyme conduit à la formation du labyrinthe osseux, coque osseuse moulant le labyrinthe membraneux dont il reste séparé par les espaces périlymphatiques contenant la périlymphe. Ainsi le vestibule osseux contient le saccule, l’utricule et les canaux semi-circulaires ; l’aqueduc du vestibule contient les canaux et le sac endolymphatiques ; la cochlée contient le canal cochléaire. La cochlée ressemble à une coquille d’escargot. Elle est constituée par un axe osseux conique, la columelle, autour de laquelle s’enroule en deux tours 3/4 de spires un tube osseux ou lame des contours. Ce tube osseux est longitudinalement divisé en deux compartiments par une lame spirale osseuse insérée sur la columelle où siège le ganglion spiral de Corti, et prolongée vers l’extérieur par la membrane basilaire s’insérant sur le ligament spiral. Ces deux compartiments, rampe tympanique en bas et rampe vestibulaire en haut communiquent entre eux par un petit orifice (hélicotrème) situé au sommet de la cochlée.

7.3.3.2 Le canal cochléaire

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Le canal cochléaire s’enroule en spirale entre les deux rampes précédentes. De section grossièrement triangulaire, sa face inférieure différenciée en organe de Corti, repose sur la membrane basilaire qui la sépare de la rampe tympanique, sa face externe différenciée en strie vasculaire s’applique contre la partie supérieure du ligament spiral tandis que sa face supérieure constitue, avec les cellules mésenchymateuses périlymphatiques aplaties qui la recouvrent, la membrane de Reissner qui la sépare de la rampe vestibulaire.

L’organe de Corti est centré par le tunnel de Corti, de section triangulaire, dont la paroi externe et la paroi interne sont respectivement constituées par une rangée de piliers externes et une de piliers internes. Ces piliers sont des cellules de soutien contenant dans leur cytoplasme un volumineux trousseau de filaments intermédiaires. De part et d’autre de ce tunnel, se disposent les rangées de cellules sensorielles soutenues par les cellules de Deiters. En dehors, on trouve trois ou quatre rangées de cellules sensorielles externes et en dedans une rangée de cellules sensorielles internes. Les cellules de Deiters reposent par leur pôle basal sur la membrane basilaire tandis que leur partie supérieure enveloppe la base des cellules sensorielles et les terminaisons nerveuses adjacentes et envoie un long prolongement dont l’extrémité supérieure aplatie (« phalange ») contribue à former avec ses homologues et les phalanges des piliers la « membrane réticulaire » qui enserre et maintient en place le pôle apical des cellules sensorielles. Ensuite, de part et d’autre de ces cellules, deux massifs de cellules de soutien assurent la continuité d’une part, avec l’épithélium recouvrant le bourrelet du ligament spiral et d’autre part, avec l’épithélium recouvrant la bandelette sillonnée. De celle-ci, naît la membrana tectoria (faite d’un matériel protéique fibrillaire voisin de la kératine) qui vient s’appliquer par sa face inférieure sur les stéréocils des cellules sensorielles.

7.3.3.3 Les macules utriculaire et sacculaire

Siégeant l’une dans l’utricule, l’autre dans le saccule, les macules comportent des cellules sensorielles vestibulaires de type I et de type II dispersées au sein d’une couche de cellules de soutien. La membrane otolithique (couche de substance gélatineuse fondamentale contenant des faisceaux de fines fibrilles et dans sa zone superficielle des petites masses de carbonate de calcium, les otolithes) repose par sa face profonde sur les stéréocils apicaux des cellules sensorielles. Des terminaisons nerveuses afférentes (nerf vestibulaire) et efférentes entourent la base des cellules sensorielles. Les macules sont stimulées par la posture de la tête ; en effet, selon la position de la tête, les otolithes, du fait de la pesanteur, appuient plus ou moins sur les stéréocils des cellules sensorielles dont la distorsion stimule les fibres nerveuses vestibulaires afférentes.

7.3.3.4 Les crêtes ampullaires des canaux semi-circulaires

Elles ont une structure proche de celle des macules ; toutefois, leur forme générale est différente et la cupule (analogue de la membrane otolithique des macules) ne contient pas d’otolithes. Les crêtes ampullaires sont stimulées par les mouvements de la tête.

7.3.3.5 Les cellules sensorielles vestibulaires et auditives

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L’ultrastructure des cellules sensorielles, ainsi que les rapports étroits qu’elles affectent avec les terminaisons nerveuses permettent de distinguer trois types cellulaires : cellules sensorielles vestibulaires de type I, cellules sensorielles vestibulaires de type II et cellules sensorielles auditives. Retenons surtout ici leurs points communs essentiels : microvillosités à base étroite au pôle apical, présence d’un cil ou d’un résidu ciliaire sous forme d’un corpuscule basal, contacts avec des terminaisons nerveuses afférentes, entourage intime par des cellules de soutien.

Les cellules réceptrices de l’oreille interne sont organisées selon un même patron : il s’agit de cellules portant une rangée de stéréocils à leur extrémité apicale. Ces stéréocils baignent dans les liquides contenus dans les cavités de l’oreille interne.

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  • Pour l’organe de Corti, deux types de cellules sont décrites : les cellules sensorielles auditives externes et internes. Ces cellules reposent sur la membrane basilaire. Le pôle apical des cellules auditives externes est solidaire d’une membrane protéique fixe, la membrana tectoria. Ainsi, lors de la perception sonore, le tympan vibre entraînant des oscillations de la membrane basilaire transmises par la chaine des osselets. Il s’ensuit un déplacement des cellules sensorielles et de leurs stéréocils maintenus par la membrana tectoria fixe.
  • Dans l’utricule et le saccule, la partie apicale des cellules sensorielles est en contact avec une membrane protéique contenant de petites masses de carbonate de calcium, les otolithes. Ces otolithes sont sensibles à la pesanteur entraînant lors des modifications de la position de la tête des mouvements de la membrane et des stéréocils par rapport aux cellules sensorielles.
  • Enfin, les cellules des crêtes ampullaires sont en rapport à leur pôle apical avec une membrane protéique, la cupule. Celle-ci se déplace par rapport aux cellules sensorielles lors des mouvements de la tête qui produisent un mouvement du liquide des canaux semi-circulaires. En conclusion, pour toutes ces cellules, la réception de l’information sensorielle est secondaire à un mouvement affectant les stéréocils.

Les stéréocils des cellules sensorielles ne sont pas tous de même taille. Ils sont organisés en rangées de stéréocils de même taille et sont disposés sur une même cellule selon une taille croissante. Deux stéréocils voisins sont reliés par un filament protéique, le lien apical (tip link) qui mesure 150 nm. Sa composition protéique exacte est encore inconnue. La zone d’insertion du lien apical sur le stéréocil le plus haut se fait à proximité d’un canal ionique (canal K+ mécano-sensible). Selon le type de mouvement des stéréocils, le lien apical sera plus ou moins tendu. Lorsqu’il est en tension maximale, il entraîne une ouverture du canal ionique normalement fermé. Il s’ensuit un courant cellulaire responsable d’une dépolarisation et d’un potentiel cellulaire. Ceci produit une transmission synaptique à la base de la cellule sensorielle qui entraîne un potentiel d’action dans les fibres nerveuses du nerf VIII.

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7.1 - L’olfaction
7.2 - L’œil
7.3 - L’oreille
7.4 - Le goût
7.3.1 - L’oreille externe
7.3.2 - L’oreille moyenne
7.3.3 - L’oreille interne
7.3.3.1 - Labyrinthe membraneux et labyrinthe osseux
7.3.3.2 - Le canal cochléaire
7.3.3.3 - Les macules utriculaire et sacculaire
7.3.3.4 - Les crêtes ampullaires des canaux semi-circulaires
7.3.3.5 - Les cellules sensorielles vestibulaires et auditives