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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 7 - Les organes des sens

 

7.2 - L’œil

 

Pour atteindre la rétine visuelle, un faisceau de rayons lumineux doit traverser les milieux transparents de l’œil (successivement : cornée, humeur aqueuse, cristallin et corps vitré). L’ajustement de la formation de l’image sur la rétine est réalisé par le jeu du diaphragme irien (dont l’ouverture dépend du flux lumineux) et du cristallin (dont la courbure dépend de la distance de l’objet : accommodation). L’ensemble du globe oculaire est limité par une coque de tissu conjonctif fibreux, dense, opaque et vascularisé : la sclérotique, ouverte en avant au niveau de la cornée, avec laquelle elle se continue, et prolongée en arrière par la dure-mère du nerf optique.

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7.2.1 Les 3 tuniques de l’œil

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7.2.1.1 La sclérotique

La sclérotique est une coque de tissu conjonctif fibreux, dense, opaque et vascularisé, ouverte en avant au niveau de la cornée, avec laquelle elle se continue, et prolongée en arrière par la dure-mère du nerf optique.

7.2.1.2 La choroïde

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La choroïde est une mince couche de tissu conjonctif lâche contenant de nombreux vaisseaux sanguins et des nerfs ainsi que des mélanocytes qui lui donnent sa couleur caractéristique. De la superficie vers la profondeur, on distingue 3 couches :

La couche des vaisseaux,
qui contient de très nombreuses artères et veines tributaires du système des vaisseaux ciliaires.
La couche choriocapillaire
caractérisée par la présence d’un important réseau capillaire dépendant des vaisseaux de la couche précédente.
La membrane de Brüch,
qui correspond à une mince couche de microfibrilles collagènes et élastiques recouverte d’un côté par la membrane basale des capillaires de la couche choriocapillaire et de l’autre par la membrane basale de l’épithélium pigmentaire de la rétine.

7.2.1.3 La rétine

Voir section 7.2.3.

7.2.2 Les milieux transparents de l’œil

7.2.2.1 La cornée

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Structure
La cornée est une lame de tissu conjonctif dense, orienté, transparente et avasculaire, revêtue sur chacune de ses faces par un épithélium. La cornée ne contient pas de vaisseaux sanguins. Sa nutrition est assurée par imbibition à partir de l’humeur aqueuse.
L’épithélium antérieur,
pavimenteux stratifié non kératinisé, repose par sa face basale sur une membrane basale distincte de la membrane de Bowman. Sa surface apicale, tapissée de microplis retient un film aqueux de larmes humidifiant en permanence la cornée.
L’épithélium postérieur
(souvent appelé endothélium), pavimenteux simple, repose sur une membrane basale épaissie qui n’est autre que la membrane de Descemet.
Le stroma,
collagène (sa demi-vie dans la cornée est de 100 jours), dense, occupe 90 % de la cornée entre les 2 épithéliums. Il est limité en avant par la membrane de Bowman et en arrière par la membrane de Descemet.
Innervation
L’innervation sensitive de la cornée (par le nerf trijumeau, V) est très riche au niveau du stroma (sauf dans sa partie postérieure) et l’épithélium antérieur est pourvu de très nombreuses terminaisons nerveuses libres, d’où la sensibilité extrême de la cornée (réflexe cornéen).
Transparence
Plusieurs facteurs rendent compte de la transparence de la cornée :
  • la régularité et la finesse de l’épithélium antérieur, non kératinisé,
  • l’absence de vaisseaux sanguins et lymphatiques (après une plaie de la cornée, le développement d’une vascularisation est un mécanisme de défense qui a comme effet négatif majeur d’être responsable d’altérations de la transparence de la cornée),
  • l’organisation du stroma cornéen et, en particulier, de ses microfibrilles de collagène. Les microfibrilles de collagène sont en effet groupées en lamelles empilées parallèlement, entre lesquelles se disposent les fibroblastes du stroma, ou kératocytes, qui, par leurs prolongements pourvus de jonctions, forment un réseau cellulaire. A l’intérieur d’une lamelle, les microfibrilles de collagène sont toutes parallèles entre elles et s’étendent sur toute la longueur de la cornée ; elles sont disposées très régulièrement, à égale distance l’une de l’autre. D’une lamelle à l’autre, l’orientation des microfibrilles est différente. Les microfibrilles ont toutes le même diamètre, inférieur à la moitié de la longueur d’onde de la lumière et leur indice de réfraction est identique à celui de la substance fondamentale, conditions essentielles au maintien de la transparence de la cornée.

Les cicatrices cornéennes sont consécutives à des lésions traumatiques, caustiques, immunologiques, infectieuses ou autres de la cornée. Ce sont des cicatrices du tissu conjonctif cornéen (taies) qui donnent à la cornée une teinte blanche (leucome) et qui réalisent l’altération type de la transparence cornéenne. Elles modifient le rapport des diverses couches, le parallélisme de la base de l’épithélium antérieur et de l’épithélium postérieur, surtout elles modifient profondément la structure du conjonctif stromal. Microscopiquement, la régularité des faisceaux de microfibrilles de collagène est altérée et les microfibrilles sont irrégulières dans leur diamètre et dans leur répartition. Ces altérations morphologiques expliquent l’opacité de la cicatrice cornéenne.
Renouvellement des cellules épithéliales
Le renouvellement des cellules épithéliales de la cornée est très rapide dans l’épithélium antérieur de la cornée : son renouvellement total (par mitoses des cellules des couches basales) se fait en 7 jours (alors que celui de l’épiderme a lieu en 19 à 35 jours). De ce fait, la réparation d’abrasions superficielles de la cornée limitées à l’épithélium est très rapide : une érosion de 2 millimètres carrés peut être recouverte en 24 heures, la surface totale d’une cornée en 4 à 7 jours.
Au contraire, le renouvellement des cellules de l’épithélium postérieur de la cornée procède avec une extrême lenteur dans les conditions normales.

7.2.2.2 L’humeur aqueuse

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L’humeur aqueuse est sécrétée par les procès ciliaires qui constituent la partie profonde des corps ciliaires. Ce sont des franges formées d’un axe conjonctif riche en vaisseaux et revêtu d’un épithélium cubique bistratifié. Cet épithélium (ou rétine ciliaire) est le prolongement vers l’avant de la rétine visuelle. Sa couche externe a la même structure que l’épithélium pigmentaire de cette dernière. Après avoir gagné la chambre antérieure de l’œil qu’elle remplit, l’humeur aqueuse est résorbée au niveau de l’angle irido-cornéen par le canal de Schlemm qui se jette dans les veines choroïdiennes.


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La raison principale de la bonne tolérance habituelle des greffes de cornée n’est pas l’absence d’antigénicité du greffon, mais sans doute l’isolement du greffon dans un stroma avasculaire baigné par l’humeur aqueuse de l’hôte, dont on sait qu’elle n’est pas une voie de passage importante pour des cellules immunologiquement compétentes ou pour des anticorps cytotoxiques.

7.2.2.3 Le cristallin

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Le cristallin est un massif épithélial transparent, non vascularisé. Ses cellules se caractérisent principalement par trois points : 1) elles ont la forme de longs prismes hexagonaux tassés les uns contre les autres et à grand axe grossièrement antéro-postérieur ; 2) leur noyau a en général disparu ; 3) leur cytoplasme contient des protéines spécifiques (ou cristallines) synthétisées sur place pendant la différenciation et se présentant en microscopie électronique sous forme de nombreux microfilaments. Le cristallin est relié par le ligament suspenseur du cristallin au corps ciliaire. Celui-ci, par le jeu de la contraction des muscles ciliaires contenus dans son stroma conjonctif et innervés par le parasympathique, peut ainsi modifier la forme du cristallin et permettre l’accommodation à la distance.

La transparence du cristallin repose également sur son absence de vascularisation, mais contrairement à la cornée, il est dépourvu de matrice extra-cellulaire et constitue un massif épithélial plein dont les cellules expriment intensément une protéine particulière : la cristalline.

7.2.2.4 Le corps vitré

Le corps vitré est un milieu liquide transparent, fait d’eau, de glycosaminoglycanes et de collagène. En microscopie électronique, il apparaît constitué de fins filaments répartis au sein d’une matrice extra-cellulaire amorphe.

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7.1 - L’olfaction
7.2 - L’œil
7.3 - L’oreille
7.4 - Le goût
7.2.1 - Les 3 tuniques de l’œil
7.2.2 - Les milieux transparents de l’œil
7.2.3 - La rétine
7.2.4 - Les annexes du globe oculaire
7.2.1.1 - La sclérotique
7.2.1.2 - La choroïde
7.2.1.3 - La rétine
7.2.2.1 - La cornée
7.2.2.2 - L’humeur aqueuse
7.2.2.3 - Le cristallin
7.2.2.4 - Le corps vitré