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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 5 - La peau et les phanères

 

 

5.4 Les annexes cutanées

5.4.1 Les glandes sudoripares

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Ce sont des glandes exocrines, tubuleuses simples pelotonnées, sécrétant la sueur. Leur portion sécrétrice (épithélium cubique simple) entourée de cellules myo-épithéliales, siège dans le derme profond. Leur canal excréteur (épithélium cubique bistratifié) gagne la surface de l’épiderme par un trajet hélicoïdal. L’innervation des glandes sudoripares est sympathique, segmentaire.

5.4.2 Les follicules pilo-sébacés

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5.4.2.1 Les poils

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Les poils proviennent d’une invagination tubulaire de l’épiderme qui s’enfonce dans le derme. Cette invagination épidermique, constituant la gaine épithéliale du poil, se renfle à son extrémité profonde et constitue là un amas de cellules matricielles coiffant une papille de tissu conjonctif très vascularisé dépendant du derme. Ces cellules matricielles prolifèrent et donnent naissance à des cellules épithéliales qui se kératinisent et dont la progression se fait vers la surface cutanée ; ainsi, la tige du poil se constitue dans l’axe de la gaine épithéliale ; la quantité et la qualité du pigment contenu dans ses cellules rendent compte de la couleur du poil. La gaine épithéliale est entourée par le « sac fibreux du poil », gaine conjonctive formée par le derme et renfermant des vaisseaux et des terminaisons nerveuses sensitives. Selon leur localisation, certains poils portent des noms différents : cheveux, barbe, moustache, sourcils, cils.

La coloration des poils et des cheveux est due à l’incorporation de mélanosomes aux cellules épithéliales destinées à former la kératine des phanères. Elle s’explique à la fois par la quantité de mélanosomes présents et par la qualité du pigment (eumélanine noire ou phémélanine jaune orangée). En fait, il n’existe que trois couleurs des cheveux : noire, marron et jaune. Poils et cheveux sont des formations complexes composées par une partie visible à la surface du tégument: la tige. Celle-ci s’invagine dans le derme au niveau de la racine logée à l’intérieur du follicule pileux (épiderme invaginé). La base du follicule est renflée et forme le bulbe pileux dont la base constitue la papille dermique. Les mélanocytes responsables de la coloration des poils sont situés dans la partie profonde du follicule pileux. On a montré qu’il existe un polymorphisme du récepteur de l’alpha-MSH. Chez les individus roux, le récepteur est tel que sous l’action de l’hormone il ne permet pas la synthèse d’eumélanine mais de phémélanine. Or, cette dernière ne résiste pas aux rayons ultra-violets (et de ce fait n’est pas un bon photoprotecteur). Sous leur action, elle se détruit et donne naissance à des radicaux libres qui vont produire des lésions cellulaires (expliquant la fréquence de survenue de cancers cutanés chez de tels individus surtout s’ils sont exposés de façon chronique au soleil).

Au cours du vieillissement physiologique, les poils et les cheveux ont tendance à blanchir. Il n’y a pas d’explication univoque pour rendre compte de ce phénomène. Plusieurs hypothèses ont été proposées : (1) une diminution du nombre des récepteurs de l’alpha-MSH pourrait rendre les poils moins sensibles à la stimulation de la mélanogénèse, (2) une destruction des mélanocytes par un virus ou (3) une susceptibilité génétique (par exemple : le produit du gène bcl-2 est indispensable pour la survie des mélanocytes).

5.4.2.2 Les glandes sébacées

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Les glandes sébacées, exocrines, alvéolaires simples, holocrines et sécrétant un produit lipidique, le sébum, sont annexées aux poils. Leur portion sécrétrice est formée d’un ou de plusieurs alvéoles dilatés en sacs dont la paroi est faite d’une couche de cellules cubiques. En dedans, se trouvent des cellules polyédriques, plus volumineuses, progressivement chargées de gouttelettes lipidiques et dont le noyau se pycnose et finit par disparaître. La cellule est entièrement éliminée avec son contenu. Le canal excréteur, unique et très court, débouche au niveau de la gaine épithéliale du poil.

5.4.2.3 Le muscle arrecteur du poil

Le muscle arrecteur du poil est un petit muscle lisse à innervation sympathique segmentaire dont la contraction (sous l’effet du froid, de la peur, etc.) déclenche le redressement du poil (« chair de poule »).

5.4.3 Les ongles

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Faits de cellules épithéliales kératinisées, tassées les unes contre les autres et issues par prolifération tangentielle de la matrice unguéale, les ongles ont une croissance ininterrompue du fait de l’absence de desquamation.

5.4.4 Peau « épaisse » et peau « fine »

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5.4.4.1 Toute la peau, à l’exception de celle de la face palmaire des mains et des doigts et de la face plantaire des pieds et des orteils, est dite « peau fine »

C’est en raison de la faible épaisseur de l’épiderme (l’épaisseur du derme et de l’hypoderme peut, par contre, être plus ou moins grande). Les glandes sudoripares s’y trouvent en nombre faible ou modéré. Elle contient des follicules pilo-sébacés (en plus ou moins grand nombre selon les régions). Sa surface ne présente ni crêtes ni sillons, mais un simple quadrillage de lignes reliant les orifices légèrement déprimés des follicules pilo-sébacés. Certaines régions de la peau dite « fine » se singularisent soit par la densité et/ou le calibre et la longueur des poils (cuir chevelu, sourcils, moustache, barbe, régions génitales externes, etc.), soit par la présence de glandes sébacées non annexées à des poils ainsi que par l’absence de glandes sudoripares (lèvres, gland, face interne du prépuce, petites lèvres, etc.), soit par la présence de glandes sudoripares « apocrines ». Ces dernières diffèrent des glandes sudoripares habituelles (dites « eccrines ») par leur répartition topographique limitée à certaines régions du corps (creux axillaire, pubis, pourtour de l’anus, aréole et mamelon, prépuce et scrotum, petites lèvres, etc.), par la nature de leur produit de sécrétion (plus épais, plus odorant et plus riche en lipides et en pigments que la sueur banale), ainsi que par leur fonctionnement lié aux étapes de la vie génitale. Les glandes cérumineuses du conduit auditif externe représentent une variété particulière de glandes sudoripares apocrines.

5.4.4.2 La peau dite « épaisse » est celle de la face palmaire des mains et des doigts et de la face plantaire des pieds et des orteils

Elle s’oppose point par point aux caractéristiques de la peau dite fine. L’épaisseur de l’épiderme est considérable. Les glandes sudoripares y sont très abondantes. Il ne s’y trouve aucun follicule pilo-sébacé. Enfin, sa surface est le siège de crêtes et de sillons visibles à l’œil nu (empreintes digitales ou « dermatoglyphes ») et déterminés par des élevures du derme (papilles dermiques) soulevant l’épiderme en crêtes séparées par des sillons. Les orifices des canaux des glandes sudoripares débouchent au sommet de ces crêtes. Les dessins formés par ces crêtes et sillons sont caractéristiques de chaque individu et immuables (d’où leur utilisation à des fins d’identité judiciaire). Rappelons aussi que cette peau épaisse contient dans son derme et son hypoderme de nombreuses anastomoses artério-veineuses.

5.5 La sensibilité cutanée

Les informations tactiles sont reçues par la peau au niveau des nombreuses structures intervenant dans cette modalité sensorielle. Le tact est un sens très complexe du point de vue neurophysiologique. En effet, les informations perçues au niveau cutané sont multiples : tact fin (sensibilité épicritique), tact grossier (sensibilité protopathique), sensibilité thermique, sensibilité douloureuse (nociception). On distingue cinq types de structures histologiques assurant la sensibilité cutanée.

Des terminaisons nerveuses libres,
amyéliniques, superficielles, pénétrent à l’intérieur de l’épiderme. Les autres fibres nerveuses sont associées à des récepteurs cutanés (ou corpuscules sensoriels) dont il existe plusieurs formes.
Les corpuscules de Meissner

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sont situés dans les papilles du derme de la peau glabre (ou peau épaisse). La fibre nerveuse myélinisée est entourée de cellules de Schwann disposées en pile d’assiette.
Les corpuscules de Pacini

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sont volumineux, situés dans l’hypoderme. Ils sont encapsulés dans une tunique conjonctive d’origine périneurale. La fibre nerveuse myélinisée est située au centre de lamelles cellulaires concentriques faites de cellules de Schwann.
Les corpuscules de Merkel
sont formés par l’association d’une cellule de Merkel et d’une terminaison nerveuse libre. Les corpuscules de Merkel sont particulièrement nombreux au niveau des disques de Pinkus, petites élevures épidermiques visibles à la loupe, notamment au niveau des lèvres et de la pulpe des doigts.
Les corpuscules de Ruffini
sont situés dans le derme. La fibre nerveuse est entourée de fibres collagènes, puis d’une enveloppe conjonctive en continuité avec le périnèvre. Les trois derniers types de corpuscules sont présents aussi bien dans la peau fine que dans la peau épaisse.

Les fibres nerveuses sensitives ou motrices sont classées selon leur calibre. Celui-ci est directement relié à la vitesse de conduction des fibres.

Les informations tactiles sont recueillies par des mécanorécepteurs dont il existe deux types fonctionnels : les mécanorécepteurs à adaptation lente (corpuscules de Meissner et de Pacini) qui répondent de façon continue tant que persiste la stimulation et les mécanorécepteurs à adaptation rapide (corpuscules de Merkel et de Ruffini) qui ne répondent qu’au début (et peut-être à la fin) de la stimulation. Les mécanismes moléculaires rendant compte de la sensibilité mécanique sont encore inconnus, mais il est clair que la structure réceptrice est la fibre nerveuse quel que soit le type morphologique de récepteur ; le reste du corpuscule constitue un système d’amplification du signal.

Les informations douloureuses cutanées sont reçues par des récepteurs appelés nociceptifs qui correspondent morphologiquement à des terminaisons nerveuses libres de fibres de petit calibre. Il existe au moins trois types de récepteurs nociceptifs : les uns répondent à des étirements d’intensité importante produits par des objets pointus, d’autres à des températures supérieures à 45°C, d’autres enfin à tous les types de stimulus douloureux (mécanique, chimique et thermique).

Le chaud et le froid sont perçus par des récepteurs différents correspondent à des terminaisons nerveuses libres. La réponse physiologique optimale des récepteurs au froid se situe pour des températures de 30 à 10°C. Les récepteurs au chaud fonctionnent pour des températures inférieures à 45°C. Au-delà, la sensation thermique est véhiculée par la seule nociception.

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5.1 - L’épiderme
5.2 - Le derme
5.3 - L’hypoderme
5.4 - Les annexes cutanées
5.5 - La sensibilité cutanée
5.6 - Réparation d’une plaie cutanée
5.7 - Pousse et repousse des poils et des ongles
5.4.1 - Les glandes sudoripares
5.4.2 - Les follicules pilo-sébacés
5.4.3 - Les ongles
5.4.4 - Peau « épaisse » et peau « fine »
5.4.2.1 - Les poils
5.4.2.2 - Les glandes sébacées
5.4.2.3 - Le muscle arrecteur du poil
5.4.4.1 - La peau fine
5.4.4.2 - La peau épaisse