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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Cardio-Vasculaire

 

2.3 - Les vaisseaux

2.3.1 - Les vaisseaux sanguins

2.3.1.2 - La microcirculation est la partie du système circulatoire concernée par les échanges gazeux et liquidiens extracellulaires [2]

 

Les capillaires
  • Les capillaires naissent des métartérioles mais aussi parfois des artérioles directement ; véritable lieu des échanges, ils forment un réseau fortement anastomosé et leur abondance dépend des besoins fonctionnels des tissus.
  • Leur diamètre varie de 3 à 10 μm et leur paroi est très fine : un endothélium avec sa lame basale et quelques fines fibres de collagène.
  • L’endothélium est constitué de cellules endothéliales comportant des dispositifs de jonction complexes jouant un rôle de barrière important (en particulier lors de la diapédèse).




  • Leurs dispositifs de jonction sont les suivants :
    • Des jonctions étanches de type occludens sont les plus proches de la lumière. Leur importance dépend et varie selon leur localisation (SNC+++), en fonction du rôle local de la perméabilité vasculaire.
    • Des jonctions d’ancrage de type adhaerens avec par une cadhérine transmembranaire spécifique : la VE-cadhérine (Vascular Endothelium Cadherin).
    • Des jonctions communicantes.
    • Sans appartenir à ces dispositifs, d’autres molécules d’adhérence interviennent comme les PECAM 1 qui sont des glycoprotéines de la superfamille des Ig que l’on situe en position intercellulaire endothéliale (mais que l’on retrouve aussi à la surface des plaquettes et des leucocytes).


  • On reconnaît trois types de capillaires :
    • Les capillaires continus possèdent par définition des cellules endothéliales jointives reposant sur une lame basale également continue.
      Les capillaires continus sont courants par exemple au niveau des muscles, du tube digestif et des poumons. Ils sont parfois entourés de péricytes possédant dans leur cytoplasme des protéines contractiles impliquant une fonction de contractilité.




      Certaines localisations ont des particularités :
      • Dans le système nerveux central, l’endothélium des capillaires caractérise la « barrière hémato-encéphalique » par 3 points essentiels : importance des dispositifs de jonction (et en particulier de type zonula occludens), rareté des vésicules de pinocytose et présence de transporteurs membranaires pouvant agir dans les deux sens ; rappelons que les pieds des astrocytes (qui sont associés aux capillaires) interviennent dans la maintenance de la barrière. Les péricytes sont enfin nombreux.

      • Les organes lymphoïdes et de la moelle hématopoiétique où la lame basale est discontinue.
    • Les capillaires fenêtrés se distinguent des précédents par la présence de très nombreuses perforations dans la paroi endothéliale (pores de 70 nm) avec dans certaines localisations une obturation par un diaphragme (tube digestif ou glandes endocrines par exemple) ; ils reposent sur une lame basale continue. On les observe dans les tissus où les échanges moléculaires sont importants (intestin, rein, plexus choroïdes, glandes endocrines) : les techniques de marquage ont montré que les fenestrations permettent le passage rapide des macromolécules.


    • Les capillaires discontinus sont aussi appelés sinusoïdes : de diamètre grand et irrégulier ils possèdent de véritables orifices trans-cytoplasmiques (1 à 3 μm) ; leur membrane basale est discontinue, voire absente (foie).
      Ils ralentissent le courant sanguin et autorisent le passage facile d’éléments figurés du sang ; on les rencontre dans la rate, le foie, la moelle osseuse.



Deux cas particuliers : les réseaux admirables et les systèmes portes, et le tissu érectile
Les réseaux admirables et les systèmes portes
Un réseau admirable est un réseau capillaire compris entre deux vaisseaux de même nature.
Le système porte est un système comportant un vaisseau (artère ou veine) compris entre deux réseaux capillaires dont un est admirable ; il comprend donc un réseau capillaire de type habituel (artério-veineux) associé à un réseau capillaire uniquement artériel ou veineux. Le cas du rein est plus classique : le vaisseau du système porte est une artère (« système porte à haute pression ») et son premier réseau glomérulaire est admirable. Sinon, il peut s’agir d’un vaisseau veineux (« système porte à basse pression ») comme pour le cas de la circulation entéro-hépatique (intestin : premier réseau ; veine porte ; foie : second réseau admirable). Le système porte de l’adéno-hypophyse est du même type.





Le tissu érectile
Les nombreux capillaires comportent une lumière très irrégulière, sinueuse (« sinus vasculaires »), dilatée ou collabée (suivant le remplissage sanguin) et ont une paroi identique aux capillaires continus.
Ils sont irrigués par des artères à paroi épaisse et des artéioles ; ces artères, comportant volontiers des dispositifs de bloc, sont très sinueuses au repos et nommés ainsi artères « hélicines » ; entre ces vaisseaux s’insèrent des travées de tissu conjonctif et des cellules musculaires lisses.
La turgescence ou l’érection se produit lorsque les artères hélicines et leurs artérioles sont dilatées par la commande parasympathique nerveuse avec pour conséquence le remplissage des capillaires qui, par compression empêche le retour veineux qui s’effectue normalement par drainage de type anatomique périphérique. S’y associent la fermeture par « dispositifs de bloc » situés sur les veines et la participation des muscles du périnée.






Histophysiologie endothéliale capillaire
Un rôle de barrière à perméabilité sélective ;
les échanges avec la lumière peuvent se faire de nombreuses façons ;
  • par diffusion passive cytoplasmique (gaz, ions…)
  • par transport intracellulaire par pinocytose (protéines, lipides)
  • par transporteurs membranaires (SNC)
  • par l’espace intercellulaire pour le passage des cellules migratrices (diapédèse).


Un rôle initiateur de l’angiogénèse ;
  • Ce rôle d’élaboration de nouveaux vaisseaux sanguins assure l’aspect majeur de la « plasticité » de la microcirculation, en étant capable d’adapter la morphologie du lit capillaire aux besoins physiologiques. Le lit capillaire n’est donc pas « statique » mais en remodelage permanent en fonction de nos situations physiologiques ou histopathologiques au cours de la vie.
  • Certains facteurs induisent la prolifération spécifique des cellules endothéliales ; le chef de file est le VEGF (Vascular Endothelial Growth Factor). Le VEGF reconnaît des récepteurs distribués à la surface des cellules endothéliales et sa fixation sur son récepteur entraîne une cascade de signaux intracellulaires qui conduit à la division de la cellule ; l’hypoxie est un puissant inducteur de la synthèse de VEGF sur les sites productifs (les macrophages sont une des sources cellulaires de VEGF). Un autre facteur est le FGF (Fibroblast Growth Factor) qui agit aussi bien sur les cellules endothéliales que sur les cellules musculaires lisses. Actuellement, plusieurs essais cliniques chez l’homme sont en cours d’évaluation en thérapie génique par injection intravasculaire dans les sites altérés de VEGF ou de FGF1.
  • Par contre, d’autres facteurs répriment l’angiogénèse, comme l’angiostatine (fragment à partir du plasminogène), alors que certains provoquent l’induction d’apoptose, comme l’endostatine (fragment du collagène XVIII).
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2.1 - Objectifs pédagogiques
2.2 - Le cœur
2.3 - Les vaisseaux
2.4 - Dessins pour la séance d’enseignement dirigé
2.3.1 - Les vaisseaux sanguins
2.3.2 - Les vaisseaux lymphatiques
2.3.1.1 - L’arbre artériel conduit le sang du cœur vers les réseaux capillaires
2.3.1.2 - La microcirculation
2.3.1.3 - Le retour veineux