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Histologie : organes, systèmes et appareils

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Table des matières

Avant-Propos

1 - L’appareil digestif

2 - Cardio-Vasculaire

3 - L’appareil hypothalamo-hypophysaire

4 - Les glandes endocrines périphériques

5 - La peau et les phanères

6 - Le sein

7 - Les organes des sens

8 - L’appareil urinaire

Références bibliographiques


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 1 - L’appareil digestif

 

1.4 - Le foie et les voies biliaires

1.4.1 - Le foie

1.4.1.2 - Histologie fonctionnelle

 

La régénération hépatique
Le foie est un organe doué d’une fantastique capacité à régénérer
Ainsi, si on réalise une hépatectomie (ablation) de 70 % de la masse hépatique chez le rat, il existe une récupération intégrale en 7 à 10 jours.
Sur un foie au repos, on observe très peu de mitose spontanée dans les hépatocytes (environ 1 mitose pour 20 000 cellules).
Après hépatectomie, chaque hépatocyte peut se diviser 1 à 2 fois permettant ainsi la récupération de la masse hépatique.
On a pu réaliser jusqu’à 12 hépatectomies itératives et observer une régénération sans aucun problème. Un seul hépatocyte peut donc se diviser de façon itérative pour former 50 foies complets. Ces chiffres montrent la fantastique capacité de régénération du foie.
La pratique de transplantation hépatique illustre parfaitement l’adaptation du foie à son environnement. Ainsi, le foie d’un gros chien transplanté chez un petit chien diminue de taille pour se conformer à son nouvel environnement. Il en est de même chez l’homme où des transplantations de foie de babouin se sont suivies d’une adaptation de la taille du viscère transplanté. Ceci montre l’existence de mécanismes de régulation de la croissance hépatique pour que la taille de ce viscère s’adapte parfaitement à son hôte.

Les mécanismes de la régénération hépatique sur un foie sain
Dans ce cas, la régénération se fait à partir des hépatocytes restant qui se divisent de façon itérative. Les hépatocytes quiescents sont en phase G0.
Le TNF α (Tumor Necrosis Factor alpha) et l’IL6, sécrétés par les cellules non hépocytaires, permettent de faire entrer l’hépatocyte dans le cycle cellulaire.
Il existe au moins 70 gènes différents qui sont activés rapidement après l’hépatectomie. Ces gènes constituent les immediate early genes dont les protéines correspondantes sont très variées (facteurs de transcription, tyrosine phosphatase, protéines sécrétées, protéines cellulaires.…).
Il est bien sûr hors de propos de présenter tous ces gènes. Nous parlerons de deux facteurs de transcription : NFκB et STAT3.
  • NFκB (pour Nuclear Factor for the κ chain of B cells) est activé 30 minutes après l’hépatectomie et ceci pendant 4 à 5 heures.
  • STAT3 est activé 1 à 2 heures après l’hépatectomie et ceci pendant 4 à 6 heures.

La deuxième étape consiste en l’activation de gènes dits delayed early genes qui codent pour des facteurs anti-apoptotiques (comme par exemple, le facteur βcl-XL), puis agissent des gènes qui contrôlent le cycle cellulaire (p53, mdm2, p21, cycline, cdk). Enfin, des facteurs de croissance prennent le relais (HGF ou Hepatocyte Growth Factor qui est synthétisé par le poumon, la rate et la cellule de Ito et qui a une action paracrine ou endocrine) et TGFβ (qui a une action autocrine). Ces facteurs de croissance ne peuvent agir que si la cellule hépatique est recrutée par l’hépatectomie sinon ils sont inefficaces. Ces facteurs jouent un donc un rôle de contrôle exogène sur la régénération du foie, ce qui permet l’adaptation de la taille du foie à son nouvel environnement.
La dernière étape est l’arrêt de la prolifération assurée par le TGFβ1.
Les mécanismes de la régénération hépatique sur un foie malade
Dans ce cas, les hépatocytes ne peuvent répondre correctement et il y a recrutement de la cellule ovale qui est considérée comme une cellule souche hépatique. Elle est située dans le canal de Hering entre la travée d’hépatocytes et le canalicule biliaire.
La fonction biliaire du foie
La bile, sécrétée continuellement, est un fluide complexe, iso-osmotique au plasma, composé d’eau, d’électrolytes, d’acides biliaires, de cholestérol, de phospholipides et de bilirubine. La bile est essentielle à l’excrétion de nombreux déchets endogènes tels que la bilirubine, de médicaments et de toxiques ainsi que des IgA. La bile, par les sels biliaires, est également essentielle à l’absorption lipidique intestinale et joue un rôle clef dans le contrôle de la balance du cholestérol. Les hépatocytes élaborent une bile riche en composés organiques enrichie secondairement en eau et bicarbonates par l’épithélium des voies excrétobiliaires. Les sels biliaires, tauro et glycuroconjugués de nombreux acides biliaires, synthétisés par les hépatocytes à partir du cholestérol, sont réabsorbés par l’iléon, recaptés par les hépatocytes et de nouveau sécrétés dans la bile (cycle entérohépatique).
Dans le cytoplasme hépatocytaire, certains organites sont particulièrement impliqués dans la biligénèse : microfilaments d’actine organisés en un réseau péricanaliculaire responsables de vagues péristaltiques propulsant la bile, lysosomes déchargeant leur contenu dans le canalicule, complexes golgiens et vésicules impliquées dans le transport vers les pôles biliaires.
L’exemple du métabolisme de la bilirubine illustre bien la fonction biliaire de l’hépatocyte.
La bilirubine est un composé provenant principalement du catabolisme de l’hémoglobine pouvant avoir un rôle toxique en particulier vis à vis du système nerveux. La bilirubine non conjuguée circule liée à l’albumine et sa clairance est quasi entièrement réalisée par les hépatocytes. Elles est tout d’abord captée par différents transporteurs membranaires, puis transférée dans le cytoplasme hépatocytaire se liant alors à des protéines cytosoliques, principalement la ligandine, capable de lier également les stéroïdes ou des xénobiotiques. La bilirubine est ensuite conjuguée dans le réticulum endosplasmique à différents sucres principalement des diglucuronides par l’UDP-glucuronyl transférase. Les conjugués sont ensuite transportés vers le pôle biliaire soit par diffusion intracytosolique soit par des vésicules d’origine golgienne. Au pôle biliaire, les transporteurs de type MRP sont responsables de l’excrétion.
Les acides ou sel biliaires (acide glycocholique et taurocholique), dont le rôle est de permettre l’absorption des lipides au niveau de l’intestin, sont exclusivement synthétisés par les hépatocytes. Par l’intermédiaire de la circulation entérohépatique, les sels biliaires sont en permanence recyclés entre le foie et l’intestin. Recaptés par les faces vasculaires (ou faces basolatérales) des hépatocytes par l’intermédiaire d’un transporteur Na+ dépendant ou NTCP (Na+ taurocholate cotransporter), transportés à l’intérieur de la cellule, associés au glutathion par l’intermédiaire de glutathion S transférases, ils sont ensuite sécrétés au pôle biliaire par les différents transporteurs précédemment décrits.
D’autres constituants sont sécrétés au niveau du pôle biliaire : bicarbonates, lipides, IgA, glutathion ainsi que des cations organiques.

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1.1 - La cavité buccale et pharyngienne
1.2 - Le tube digestif
1.3 - Le pancréas
1.4 - Le foie et les voies biliaires
1.4.1 - Le foie
1.4.2 - Les voies biliaires
1.4.1.1 - Histologie descriptive du foie
1.4.1.2 - Histologie fonctionnelle