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Histologie : les tissus

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Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 1 - Matériel et méthodes de l’histologie médicale. Le concept de tissu

 

1.1 - Matériel et méthodes de l’histologie médicale

 

Toute activité histologique a en commun l’action de voir (observer) et d’interpréter ce qui est vu. Dans toute démarche d’ordre histologique, 4 étapes se succèdent : 1) le choix du matériel à étudier, 2) la technique permettant de visualiser les structures ou les phénomènes que l’on veut étudier, 3) la production d’images de ces structures ou de ces phénomènes, par des moyens optiques, 4) l’interprétation de ces images.

L’histologie moléculaire a pour but de visualiser in situ - dans les tissus, les cellules, leurs organites ou la matrice extra-cellulaire (MEC) - des molécules (en particulier les gènes, leurs ARN-messagers et les protéines pour lesquelles ils codent), en déterminant leur situation et leur configuration. L’histologie moléculaire permet donc de décrire la morphologie cellulaire et tissulaire en termes d’architecture et d’interactions moléculaires.

1.1.1 Le choix du matériel et les modalités de prélèvement

Les méthodes utilisées en histologie varient selon le matériel (échantillons ou specimens) à étudier et les objectifs de l’examen (diagnostic histopathologique chez l’homme ou chez l’animal, ou protocole de recherche).

1.1.1.1 L’observation peut porter sur des préparations où les cellules restent entières

  • Des cellules vivantes peuvent être observées entre lame et lamelle afin d’évaluer certaines de leurs fonctions (par exemple, mobilité des spermatozoïdes, mesure de la fréquence du battement des cellules ciliées, chimiotactisme des granulocytes neutrophiles). L’examen microscopique est parfois effectué après adjonction de colorants vitaux qui permettent d’évaluer la viabilité cellulaire (bleu trypan, nigrosine qui pénètrent dans les cellules mortes), ou de mettre en évidence des structures (rouge neutre visualisant les vacuoles de pinocytose).
  • Les cultures cellulaires permettent de maintenir des cellules en survie et de les étudier in vitro. Elles peuvent être réalisées à partir de fragments d’organe ou de cellules dissociées par action enzymatique, cultivées en suspension ou sur un support auquel elles adhèrent. Ces techniques sont largement utilisées en recherche mais aussi en diagnostic : ainsi, par exemple, les caryotypes sont habituellement réalisés sur des cultures de lymphocytes sanguins ou de cellules du liquide amniotique.


  • Des cellules entières fixées peuvent être examinées sur des frottis (étalement de cellules sur une lame de verre) pour l’étude des cellules sanguines et de celles de différents liquides de l’organisme (comme, par exemple, le liquide cérébrospinal, du liquide articulaire, du liquide d’épanchement pleural, du liquide d’ascite) ou sur des empreintes (cellules provenant d’un fragment d’organe - un ganglion lymphatique par exemple - apposées sur une lame). Ces techniques peuvent être utilisées pour rechercher des cellules tumorales, comme c’est le cas pour les frottis cervico-vaginaux de dépistage des cancers du col de l’utérus.

1.1.1.2 Le plus souvent, le matériel est fixé, inclus, coupé et coloré

Les cellules, associées dans des tissus, sont coupées afin de pouvoir les observer au microscope. Il s’agit d’observer au microscope optique (MO) ou électronique (ME) des cellules, tissus, organes ou fragments d’organe, voire des organismes entiers (embryons de souris par exemple) qu’une préparation technique plus ou moins compliquée aura rendues suffisamment minces et transparents pour être observés et suffisamment contrastés pour y reconnaître les divers éléments constitutifs. On peut distinguer l’étude des cellules isolées (« cytologie ») et celles des coupes de tissus ou d’organes (« histologie »).

Les examens histologiques sont en règle réalisés après traitement du matériel par des agents physiques ou chimiques (fixateurs) qui tuent les cellules mais visent à préserver au maximum leurs caractéristiques morphologiques et biochimiques.

  • Le matériel est prélevé de différentes façons. Le matériel histologique peut être obtenu par biopsie (directe comme pour la peau, le muscle ou avec endoscopie pour les organes des appareils respiratoire, digestif, urinaire), par ponction à l’aiguille (comme pour les liquides pleural, péritonéal, articulaire, pour les ganglions, les seins, la moelle osseuse). Le matériel histologique peut aussi provenir d’une pièce opératoire, d’une autopsie ou de la dissection d’organe en expérimentation animale.
  • La microdissection permet d’intervenir sur un seul type cellulaire. L’utilisation de systèmes de microdissection utilisant un faisceau laser permet de recueillir des cellules dont les protéines, les ARN et l’ADN sont intacts et susceptibles d’être analysés à l’échelle d’une population cellulaire pure (par exemple constitution de banque d’ADN complémentaires, étude de l’expression des gènes).

1.1.1.3 Avant le prélèvement, des protocoles expérimentaux plus ou moins sophistiqués sont parfois mis en œuvre

On peut utiliser des procédés classiques comme les excisions, les greffes, les traçages cellulaires. On peut également faire appel à des manipulations génétiques.

Les organismes les plus utilisés pour des manipulations génétiques sont les plantes, le ver nématode Caenorhabditis Elegans, la mouche Drosophile et la souris. Les deux méthodes les plus employées pour analyser la fonction d’un gène in vivo sont : 1) la surexpression de ce gène (souris transgéniques créées par injection directe du gène d’intérêt dans un œuf fécondé), 2) l’invalidation de ce gène (souris « knockout »).

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1.1 - Matériel et méthodes de l’histologie médicale
1.2 - Le concept de tissu
1.1.1 - Le choix du matériel et les modalités de prélèvement
1.1.2 - Les techniques de MO et de ME sont utilisées en routine pour visualiser les structures
1.1.3 - Les techniques spéciales de détection in situ
1.1.4 - La production des images est liée à la mise en œuvre de moyens optiques, le plus souvent en rapport avec un microscope
1.1.5 - L’interprétation des images vise à leur donner du sens
1.1.1.1 - L’observation peut porter sur des préparations où les cellules restent entières
1.1.1.2 - Le plus souvent, le matériel est fixé, inclus, coupé et coloré
1.1.1.3 - Avant le prélèvement, des protocoles expérimentaux plus ou moins sophistiqués sont parfois mis en œuvre