| |
9.4 - Le tissu musculaire strié cardiaque
9.4.1 Le tissu musculaire strié cardiaque (ou tissu myocardique) se caractérise par son aptitude à se contracter rythmiquement et harmonieusement de façon spontanée
Les battements cardiaques et leur rythme sont déterminés par l’activité intrinsèque des cardiomyocytes du nœud sino-auriculaire. En effet, les cardiomyocytes sont spontanément excitables ; leur dépolarisation et repolarisation rythmique est indépendante du système nerveux. Le système nerveux végétatif exerce toutefois une influence sur le rythme des contractions : schématiquement, le parasympathique (acétylcholine) ralentit le cœur alors que le sympathique (noradrénaline) l’accélère. 9.4.2 Les cellules myocardiques diffèrent des cellules musculaires striées squelettiques par plusieurs points fondamentaux
9.4.2.1 L’aspect général est très différent
- Les cellules myocardiques (ou cardiomyocytes), beaucoup moins allongées que les rhabdomyocytes, ont une forme de cylindre dont les extrémités présentent des bifurcations, grâce auxquelles elles entrent en connexion avec les cellules myocardiques adjacentes pour former un réseau tridimensionnel complexe.
- Au lieu des centaines de noyaux sous-sarcolemmiques des rhabdomyocytes, chaque cardiomyocyte possède un noyau, central, unique, allongé dans le sens du grand axe de la cellule.
- Les myofibrilles divergent autour du noyau et laissent, comme dans la cellule musculaire lisse, une région axiale fusiforme dépourvue de matériel contractile et contenant divers organites cytoplasmiques.
- Les mitochondries sont plus nombreuses et les grains de glycogène plus abondants que dans les rhabdomyocytes.
9.4.2.2 La diversité des récepteurs membranaires
La membrane plasmique comporte de nombreux récepteurs (récepteurs de l’acétylcholine, récepteurs alpha-1, béta-2 et surtout béta-1 de l’adrénaline/noradrénaline, récepteurs de l’angiotensine II, canaux calciques voltage-dépendants, canaux calciques ligand-dépendants, etc). 9.4.2.3 L’absence de jonction neuro-musculaire et donc de plaque motrice
9.4.2.4 L’existence de dispositifs de jonction cellule-cellule
Des dispositifs de jonction très particuliers assurent en effet la cohésion des cellules myocardiques de l’ensemble du cœur et permettent d’une part la transmission d’une cellule à l’autre de la tension développée par la contraction des myofibrilles et d’autre part la diffusion rapide de l’excitation d’une cellule à l’autre à travers le cœur. Ces dispositifs de jonction (ou « traits scalariformes » ou « disques intercalaires » ou « stries intercalaires ») visibles en MO aux extrémités de chaque cardiomyocyte sous la forme d’un trait continu globalement transversal mais fait de la succession alternée de segments transversaux et de segments longitudinaux, apparaissent en ME comme constitués de desmosomes, de zonula adhaerens et de jonctions communicantes.
- Les desmosomes sont situés indifféremment au niveau des portions transversales ou longitudinales des traits scalariformes ; les filaments intermédiaires de desmine s’y attachent. Les desmosomes permettent une forte adhésion des cellules entre elles et évitent ainsi que les contractions régulièrement répétées ne les détachent les unes des autres.
- Les zonula adhaerens, situées dans la portion transversale des disques intercalaires, servent également de jonctions d’ancrage cellule-cellule et constituent la zone de liaison entre l’extrémité des filaments d’actine des derniers sarcomères des cellules myocardiques contigües.
- Les jonctions communicantes, situées dans la portion longitudinale des disques intercalaires, forment des voies de faible résistance permettant la transmission intercellulaire directe des signaux contractiles. Chaque cardiomyocyte présente une dizaine environ de disques intercalaires avec ses voisins et de l’ordre d’un millier de jonctions communicantes au total, chaque jonction communicante regroupant de nombreux canaux intercellulaires.
|