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Histologie : les tissus

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Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 6 - Les populations cellulaires « libres »

 

6.2 - Les cellules immunitaires dans les tissus

 

6.2.3 Les mastocytes participent avec les granulocytes basophiles aux réactions d’hypersensibilité immédiate (réactions allergiques)

Les mastocytes et les granulocytes basophiles possèdent une origine commune à partir des cellules souches hématopoïétiques, mais ont subi une différenciation différente (notamment, expression sur la membrane du mastocyte d’un récepteur c-kit, absent de celle des granulocytes basophiles). Mastocytes et basophiles ont une physiologie commune mais sont morphologiquement différents. Les mastocytes sont des cellules arrondies, à noyau rond central, dont le cytoplasme renferme des granulations métachromatiques en MO et de structure feuilletée et lamellaire en ME. Contrairement aux basophiles, ils ne s’observent que dans les tissus où ils sont souvent groupés autour de petits vaisseaux sanguins, et ne se trouvent pas dans le sang.




Chez des sujets génétiquement prédisposés, dits « atopiques », certains antigènes (allergènes) stimulent la production d’anticorps IgE par les plasmocytes. Ces anticorps IgE se lient de façon non spécifique, par leur fragment Fc, aux récepteurs membranaires des basophiles et des mastocytes. Lors d’un contact ultérieur avec le même allergène, celui-ci se fixe sur le fragment Fab spécifique des IgE liés à la membrane de ces cellules, entraînant la libération dans le milieu extracellulaire du contenu de leurs granulations (héparine, acide hyaluronique et surtout histamine) et la production de cytokines et de leukotriènes. Ces molécules agissent sur des tissus cibles et sont responsables de phénomènes allergiques (comme l’urticaire, le rhume des foins, l’asthme, voire des chocs anaphylactiques graves).

6.2.4 Les lymphocytes sont les cellules effectrices du système immunitaire

6.2.4.1 L’aspect morphologique des lymphocytes est monomorphe

Les lymphocytes se caractérisent par : 1) leur forme, régulière, arrondie ; 2) leur taille, le plus souvent petite (voisine de celle d’un globule rouge) ; toutefois, à côté de ces petits lymphocytes, on distingue des moyens et des grands lymphocytes, de taille plus grande ; 3) leur noyau, sphérique, foncé, sans nucléole visible, occupant la presque totalité du volume de la cellule ; 4) leur cytoplasme, réduit à une mince couronne contenant les organites cellulaires habituels en quantité très restreinte.


6.2.4.2 Les lymphocytes acquièrent leur compétence fonctionnelle au cours de leur passage dans un organe lymphoïde central

Les lymphocytes, issus des lymphoblastes, quittent la moelle osseuse, passent dans la circulation et se dirigent vers un organe lymphoïde dit central, où ils se multiplient et produisent des lymphocytes qui acquièrent leur spécificité immunitaire. Les deux organes lymphoïdes centraux, le thymus et la moelle osseuse produisent des lymphocytes différents sur le plan fonctionnel. Le thymus induit la compétence des lymphocytes T, responsables de l’immunité cellulaire. La moelle osseuse induit la compétence des lymphocytes B, responsables de l’immunité humorale. Chaque lymphocyte devient alors « immunologiquement compétent », et porte sur sa membrane des récepteurs spécifiques, capables de reconnaître un antigène. Les lymphocytes compétents se répartissent via la circulation dans l’organisme : dans les organes lymphoïdes (rate, ganglions) et dans les tissus conjonctifs, tout particulièrement dans le chorion des muqueuses où les lymphocytes sont dispersés ou forment des amas lymphoïdes. Sous l’effet d’une stimulation antigénique, les lymphocytes compétents activés deviennent des cellules effectrices.

6.2.4.3 La maturation fonctionnelle des lymphocytes se traduit par l’apparition d’antigènes membranaires spécifiques

Les étapes de la différenciation lymphocytaire sont marquées par l’apparition d’antigènes membranaires appelés CD pour « cluster de différenciation ». Ces antigènes sont utilisés comme des marqueurs, pouvant être identifiés par immunomarquage avec des anticorps monoclonaux. Certains antigènes sont présents sur tous les lymphocytes (comme CD45), d’autres sont spécifiques de chaque famille lymphocytaire, caractérisant leur maturation fonctionnelle ou l’état d’activation cellulaire.

6.2.4.4 Les lymphocytes B sont responsables de l’immunité humorale

Les lymphocytes B expriment à leur surface des immunoglobulines capables d’interagir directement avec les antigènes. Après stimulation antigénique, ils se transforment en plasmocytes capables de sécréter les immunoglobulines (ou anticorps circulants : IgG, IgA, IgM, IgE).

Les lymphocytes B synthétisent les immunoglobulines (ou anticorps)
Les lymphocytes B (de « Bone marrow », moelle osseuse), différenciés dans la moelle osseuse, sont identifiés par les anticorps anti-CD19 ou CD20. Dans les lymphocytes B matures (ceux du sang et des organes lymphoïdes), les immunoglobulines sont insérées dans la membrane plasmique. Ces immunoglobulines de surface (ou membranaires) sont le récepteur pour l’antigène et constituent le marqueur phénotypique essentiel des lymphocytes B. La grande majorité des lymphocytes B du sang humain portent des Ig M, très peu des Ig G ou des Ig A.

Après stimulation antigénique, les lymphocytes B se différencient en plasmocytes
Les plasmocytes sécrètent de grandes quantités d’anticorps spécifiques. Dans les plasmocytes, l’expression des immunoglobulines de surface disparait, remplacée par des immunoglobulines intracytoplasmiques présentes dans les citernes du réticulum endoplasmique granulaire (majoritairement IgG et IgA).
Les plasmocytes sont morphologiquement faciles à reconnaître : 1) leur forme est ovalaire ; 2) leur noyau arrondi, situé en position excentrique, possède une chromatine disposée en grosses mottes à la périphérie du noyau (donnant un aspect en rayons de roue) ; 3) leur cytoplasme comporte deux zones : une petite zone claire, périnucléaire, contenant les centrioles entourés par un volumineux appareil de Golgi et le reste du cytoplasme, occupé par un réticulum endoplasmique granulaire très développé, avec de nombreux ribosomes libres (responsables de l’intense basophilie du cytoplasme) ; les citernes du réticulum granulaire sont parfois distendues par la sécrétion d’immunoglobulines.
Les plasmocytes sont répartis dans les organes lymphoïdes et hématopoïétiques et dans le tissu conjonctif lâche. A l’état normal, on n’en trouve pas dans le sang ni dans la lymphe.



6.2.4.5 Les lymphocytes T sont impliqués dans l’immunité cellulaire

Les lymphocytes T reconnaissent des antigènes étrangers partiellement dégradés dans les cellules cibles et dont certains de leurs fragments ont ensuite été exposés à la surface cellulaire.

Les lymphocytes T expriment sur leur membrane un récepteur pour les antigènes (TCR pour T-Cell Receptor)
Les lymphocytes T (de « Thymus ») qui acquièrent leur immunocompétence dans le thymus, sont identifiés par les anticorps anti-CD2 et CD3 (marqueurs « pan-T »). Au terme de la maturation intrathymique, les lymphocytes T expriment sur leur membrane un récepteur pour les antigènes, appelé récepteur T (ou TCR) composée de deux chaînes glycoprotéiques (α/β ou γ/δ). Les différents TCR reconnaissent des peptides antigéniques présentés à la surface d’une cellule associés à des molécules du complexe majeur d’histocompatibilité (CMH).
Les molécules HLA de classe I sont portées par presque toutes les cellules nucléées alors que les molécules HLA de classe II sont exprimées sur les cellules présentatrices d’antigènes (CPA). Les CPA sont principalement les macrophages activés, les lymphocytes B, les cellules dendritiques folliculaires des centres germinatifs ganglionnaires (interagissant avec les lymphocytes B), les cellules dendritiques interdigitées (comme les cellules de Langerhans de la peau) présentant les antigènes aux lymphocytes T, les cellules endothéliales.
Le TCR est associé à la surface du lymphocyte T avec le complexe CD3 qui assure la transduction intracellulaire du signal après reconnaissance de l’antigène par le TCR.
L’expression des corécepteurs CD4 ou CD8 permet d’identifier les sous-populations lymphocytaires T (auxiliaires et cytotoxiques)
Après maturation thymique, les lymphocytes expriment soit le CD4, lymphocytes T auxiliaires (T4 ou Th pour « helpers ») qui reconnaissent un antigène associé au CMH de classe II, soit le CD8, lymphocytes T cytotoxiques (ou T8) qui reconnaissent un antigène associé au CMH de classe I. Le CD4 est aussi le récepteur du virus du sida, ce qui permet à ce virus d’infecter les lymphocytes T auxiliaires.
Les protéines transmembranaires CD4 et CD8 sont des récepteurs accessoires (ou costimulateurs) qui se lient à la partie non variable du CMH et stabilise l’interaction TCR/complexes peptide-CMH. L’adhésion cellulaire entre le lymphocyte T et la CPA est encore renforcée par l’association de molécules d’adhérence accessoires présentes sur les deux cellules.

Les antigènes exogènes activent les lymphocytes auxiliaires T4
Les antigènes exogènes (comme les antigènes microbiens), internalisés par endocytose dans les CPA sont fragmentés en peptides dont le plus immunogène est couplé à une molécule CMH-II et présenté à la surface cellulaire. La reconnaissance du complexe peptide exogène-CMH II par les lymphocytes T4, déclenche une prolifération clonale de lymphocytes T4 spécifiques de l’antigène reconnu. Ces lymphocytes auxiliaires ne détruisent pas directement les cellules cibles portant les antigènes exogènes, mais sécrétent des médiateurs locaux (lymphokines, interleukines ou cytokines) qui stimulent d’autres cellules effectrices (macrophages, cellules B activées) dirigée contre le même antigène. Selon les cytokines produites, on distingue deux sous-types de lymphocytes T4 : les cellules Th1 qui stimulent les lymphocytes T cytotoxiques spécifiques, et les cellules Th2 qui stimulent les lymphocytes B, les éosinophiles et les mastocytes.
Les antigènes endogènes activent les lymphocytes cytotoxiques T8
Les antigènes endogènes sont des protéines synthétisées par la cellule elle-même, à partir de son propre génome (antigène cancéreux) ou d’un génome viral (antigène viral). Les lymphocytes T cytotoxiques détruisent directement les cellules cibles. Un fragment de l’antigène endogène, synthétisé par la cellule, est couplé à une molécule CMH-I et présenté à la surface cellulaire. La reconnaissance du complexe peptide endogène-CMH I par les lymphocytes T8 spécifiques de l’antigène, entraîne l’autodestruction de la cellule cible par sécrétion dans l’environnement cellulaire de molécules induisant l’apoptose (comme la perforine, le TNFβ, les sérine protéases, les granzymes).

6.2.4.6 Les lymphocytes NK ne sont ni T ni B

Les lymphocytes NK (« Natural Killers ») sont des lymphocytes de grande taille, contenant dans leur cytoplasme des granulations azurophiles. Ils possèdent une activité cytotoxique spontanée sur des cibles tumorales ou infectées par des virus. Leur mécanisme d’action est différent de celui des lymphocytes cytotoxiques T8. Les lymphocytes NK reconnaissent à la surface des autres cellules un double signal : activateur (glycoconjugué membranaire) et inhibiteur (peptide du « soi ») de la cytotoxicité. Dans les cellules normales, la reconnaissance d’un peptide caractéristique du « soi-normal » inhibe la cytotoxicité. Si une cellule exprime à sa surface un peptide étranger (« non-soi » sur une cellule infectée par un virus ou « soi anormal » sur une cellule tumorale), seul le signal activateur est émis et la cellule cible est lysée par exocytose de composés cytolytiques.


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6.1 - Les éléments figurés du sang
6.2 - Les cellules immunitaires dans les tissus
6.3 - Le tissu lymphoïde
6.2.1 - Les monocytes et les macrophages constituent le système des phagocytes mononucléés
6.2.2 - Les granulocytes interviennent dans les réactions de défense non spécifiques de l’organisme
6.2.3 - Les mastocytes participent avec les granulocytes basophiles aux réactions d’hypersensibilité immédiate (réactions allergiques)
6.2.4 - Les lymphocytes sont les cellules effectrices du système immunitaire
6.2.4.1 - L’aspect morphologique des lymphocytes est monomorphe
6.2.4.2 - Les lymphocytes acquièrent leur compétence fonctionnelle au cours de leur passage dans un organe lymphoïde central
6.2.4.3 - La maturation fonctionnelle des lymphocytes se traduit par l’apparition d’antigènes membranaires spécifiques
6.2.4.4 - Les lymphocytes B sont responsables de l’immunité humorale
6.2.4.5 - Les lymphocytes T sont impliqués dans l’immunité cellulaire
6.2.4.6 - Les lymphocytes NK ne sont ni T ni B