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Histologie : les tissus

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Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les épithéliums

 

3.3 - Les épithéliums glandulaires

 

Comme les épithéliums de revêtement, les épithéliums glandulaires sont faits de cellules épithéliales étroitement juxtaposées et jointives. Mais leurs cellules se caractérisent par 2 points essentiels : 1) elles sont spécialisées dans la sécrétion et 2) sauf exceptions, elles sont groupées en amas de forme et de volume variés.

3.3.1 La sécrétion est un phénomène cellulaire très général

Le concept de sécrétion renvoie à l’idée qu’une cellule exporte hors de son cytoplasme des molécules qu’elle a synthétisées. Il existe 2 voies intra-cellulaires de sécrétion : la voie constitutive et la voie régulée.

3.3.1.1 La voie de sécrétion constitutive est commune à toutes les cellules de l’organisme

Elle est caractérisée par un flux constant de vésicules de transport qui partent de la face trans du réseau de Golgi et gagnent la membrane plasmique avec laquelle elles fusionnent par exocytose. La membrane de ces vésicules de transport s’incorpore à la membrane plasmique dont elles assurent le renouvellement en lui apportant de nouveaux constituants protéiques et lipidiques, tandis que le contenu vésiculaire fait de protéines solubles (protéoglycanes et glycoprotéines de la MEC, enzymes et/ou molécules de signalisation, notamment cytokines et facteurs de croissance) est déversé de façon continue dans l’espace extra-cellulaire.

3.3.1.2 La voie de sécrétion régulée est propre aux cellules sécrétrices

On donne le nom de cellules sécrétrices aux cellules spécialisées dans l’activité sécrétoire. Elles peuvent appartenir aux différentes familles tissulaires : cellules des tissus conjonctifs et/ou populations cellulaires libres, cellules musculaires (cellules myo-endocrines, cellules myo-épithélioïdes), cellules du tissu nerveux (neurones), cellules épithéliales.

On appelle cellules glandulaires, les cellules sécrétrices de nature épithéliale. Ces cellules glandulaires peuvent être isolées dans un épithélium de revêtement (cellules muqueuses caliciformes, cellules neuroendocrines), ou groupées en amas plus ou moins volumineux qui portent le nom de glandes où les cellules sont étroitement juxtaposées et jointives, formant des épithéliums glandulaires.

Alors que la sécrétion constitutive est continue, la sécrétion régulée est déclenchée par un signal. Sauf exceptions (comme par exemple les cellules sécrétrices de stéroïdes), le produit de sécrétion est stocké dans des vésicules de sécrétion issues du Golgi. Le signal, en général une hormone ou un neurotransmetteur, qui s’associe à son récepteur au niveau de la cellule sécrétrice, déclenche une cascade d’événements intracellulaires dont une augmentation du Ca++ cytosolique qui entraîne la libération du produit de sécrétion, le plus souvent par exocytose.


3.3.1.3 Les mécanismes moléculaires de l’exocytose sont ubiquitaires

Initialement élucidés dans les cellules nerveuses au niveau des synapses, les mécanismes moléculaires de l’exocytose semblent communs aux différentes cellules sécrétrices. La fusion des vésicules de sécrétion avec la membrane est basée sur une interaction entre des protéines d’ancrage à la membrane et des facteurs moléculaires solubles facilitant la fusion, correspondant à des familles de protéines conservées au cours de l’évolution.

Les facteurs moléculaires solubles correspondent au NSF (N-ethylmaleimide-sensitive factor) et aux SNAPs (soluble NSF attachment proteins). Au cours de la fusion vésiculaire, les SNAPs interagissent avec les SNAREs (SNAP receptors) : les v-SNAREs sont présentes sur la membrane de toutes les vésicules et les t-SNAREs sur la membrane cytoplasmique où survient la fusion. Les v-SNAREs correspondent aux isoformes de la synaptobrévine et les t-SNAREs à la syntaxine et à la famille des protéines SNAP25 (25 kDa synaptosome-associated protein). L’assemblage du complexe SNAREs permet la fusion de la membrane de la vésicule de sécrétion avec la membrane plasmique et le produit de sécrétion est déversé dans le milieu extra-cellulaire. Le signal déclenchant l’exocytose varie selon les cellules et peut dépendre du calcium intracellulaire, du GTP ou de l’AMPc.


3.3.2 Les glandes sont des groupements organisés de cellules glandulaires

3.3.2.1 Pendant l’histogénèse, les épithéliums glandulaires se forment à partir des épithéliums de revêtement


Ainsi, par exemple, les glandes sudoripares, sébacées et mammaires se forment à partir de l’ectoderme de surface ; les glandes digestives se différencient à partir de l’épithélium d’origine endodermique de l’intestin primitif ; les corticosurrénales naissent de l’épithélium cœlomique d’origine mésodermique.

3.3.2.2 Dans les glandes, les cellules glandulaires sont étroitement associées à du tissu conjonctif richement vascularisé

Les glandes peuvent constituer des organes identifiables à l’échelle macroscopique (comme l’hypophyse, la thyroïde, les parotides, les glandes mammaires, le pancréas, le foie, etc.) ou identifiables seulement à l’échelle microscopique dans la paroi d’organes creux (glandes œsophagiennes, gastriques, intestinales, trachéales, etc.).

3.3.2.3 Les 3 grandes variétés de glandes

Lorsque le produit de sécrétion est destiné à sortir de l’organisme, on parle de glandes exocrines (ou glandes à sécrétion externe) ; s’il est destiné à rester à l’intérieur de l’organisme, on parle de glandes endocrines (ou glandes à sécrétion interne).


Les glandes amphicrines sont à la fois exocrines et endocrines, qu’elles soient composées d’un seul type cellulaire exerçant les deux fonctions (comme la cellule hépatique dans le foie) ou qu’elles contiennent des cellules exocrines et des cellules endocrines (comme le pancréas, avec les acinus séreux exocrines et les cellules endocrines des îlots de Langerhans).


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3.1 - La cellule épithéliale
3.2 - Les épithéliums de revêtement
3.3 - Les épithéliums glandulaires
3.3.1 - La sécrétion est un phénomène cellulaire très général
3.3.2 - Les glandes sont des groupements organisés de cellules glandulaires
3.3.3 - Les glandes exocrines déversent leur produit de sécrétion dans le milieu extérieur
3.3.4 - Les glandes endocrines déversent dans le sang des hormones qui agissent à distance sur les récepteurs spécifiques des organes-cibles
3.3.1.1 - La voie de sécrétion constitutive est commune à toutes les cellules de l’organisme
3.3.1.2 - La voie de sécrétion régulée est propre aux cellules sécrétrices
3.3.1.3 - Les mécanismes moléculaires de l’exocytose sont ubiquitaires
3.3.2.1 - Pendant l’histogénèse, les épithéliums glandulaires se forment à partir des épithéliums de revêtement
3.3.2.2 - Dans les glandes, les cellules glandulaires sont étroitement associées à du tissu conjonctif richement vascularisé
3.3.2.3 - Les 3 grandes variétés de glandes