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Histologie : les tissus

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Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 3 - Les épithéliums

 

3.2 - Les épithéliums de revêtement

 

3.2.1 Les épithéliums de revêtement revêtent l’extérieur du corps et les cavités de l’organisme

Le corps humain est entièrement limité par le revêtement cutané (la peau) qui constitue une interface fondamentale entre l’organisme (« monde intérieur ») et le milieu extérieur (« monde extérieur »). A l’intérieur du corps, existent de nombreuses cavités de plusieurs types : les unes représentent des prolongements du monde extérieur à l’intérieur du corps (par exemple, les voies aériennes, le tube digestif, les voies urinaires et les voies génitales), le revêtement de ces cavités s’appelle une muqueuse ; les autres sont entièrement closes et correspondent soit aux cavités cardio-vasculaires (dont le revêtement s’intitule endocarde pour le cœur et intima pour les vaisseaux), soit aux cavités cœlomiques (cavités pleurales, péritonéale et péricardique) dont le revêtement porte le nom de séreuse.

Tous ces ensembles tissulaires qui bordent la surface externe du corps et ses cavités intérieures ont en commun d’être constitués par un épithélium de revêtement reposant par l’intermédiaire de sa membrane basale sur une couche de tissu conjonctif sous-jacent. A chaque type de localisation s’associe une terminologie différente :

  • l’épithélium de la peau s’appelle l’épiderme et le tissu conjonctif sous-jacent le derme,
  • l’épithélium de l’endocarde du cœur et de l’intima des vaisseaux s’appelle un endothélium et le tissu conjonctif sous-jacent la couche sous-endothéliale,
  • l’épithélium d’une séreuse s’appelle un mésothélium et le tissu conjonctif sous-jacent la couche sous-mésothéliale,
  • les muqueuses sont constituées d’un épithélium de revêtement reposant sur du tissu conjonctif qui prend le nom de chorion.

3.2.2 Les épithéliums de revêtement présentent des différenciations apicales


3.2.2.1 Le plateau strié et la bordure en brosse sont caractéristiques des entérocytes et des cellules du tube contourné proximal du rein

Le plateau strié, situé au pôle apical des entérocytes de l’épithélium intestinal, est constitué par un grand nombre de microvillosités rectilignes de même calibre (0,1 μm), de même longueur (1 à 2 μm), disposées parallèlement de façon très ordonnée. A la face externe de leur membrane plasmique, le feutrage du glycocalyx est bien visible en ME. Ce dispositif augmente considérablement la surface membranaire du pôle apical de la cellule et, de ce fait, joue un rôle considérable dans les phénomènes d’absorption. Les microvillosités du plateau strié contiennent en leur centre un important faisceau de microfilaments parallèles d’actine maintenus ensemble par les protéines de formation du faisceau d’actine, principalement la fimbrine et surtout la villine.


Les termes de plateau strié et de bordure en brosse sont utilisés indifféremment dans la littérature de langue anglaise, mais les auteurs français réservent le terme de bordure en brosse aux arrangements où les microvillosités sont habituellement plus longues et moins régulièrement disposées que dans le plateau strié. La fonction d’absorption est analogue à celle du plateau strié. Les cellules à bordure en brosse les plus typiques sont celles du tube contourné proximal du rein.


3.2.2.2 Les stéréocils correspondent à des microvillosités longues et flexueuses

Dans les stéréocils, les microfilaments centraux ne sont pas organisés. Ainsi, les stéréocils, parallèles à leur base, deviennent très sinueux et entremêlés à leur extrémité distale. Les cellules à stéréocils les plus typiques sont celles du canal épididymaire et du canal déférent.


3.2.2.3 Les cils vibratiles permettent à certains épithéliums de mettre en mouvement les éléments du contenu de la cavité qu’ils bordent

Les cils sont surtout présents au niveau de l’épithélium des voies respiratoires et de l’épithélium de certains segments des voies génitales (trompes utérines chez la femme). L’appareil ciliaire comprend trois éléments : 1) le cil proprement dit, expansion cytoplasmique en doigt de gant limitée par la membrane plasmique de la cellule et contenant 9 paires de microtubules périphériques et une paire de microtubules centraux, entourés d’une gaine ; on décrit de plus, les bras de dynéine (externes et internes) qui portent l’activité ATPasique indispensable au battement ciliaire, les liens de nexine et les ponts radiaires ; 2) le corpuscule basal, qui dérive des centrioles, avec ses 9 triplets de tubules périphériques sans tubules centraux ; 3) la racine ciliaire, reliant la base du corpuscule basal au cytosquelette.

On peut rapprocher des cellules ciliées les cellules sensorielles (olfactives, vestibulaires, auditives, photorécepteurs rétiniens) dont le pôle apical est le siège de dérivés ciliaires plus ou moins sophistiqués qui témoignent de la double valeur originelle du cil (moteur et sensitif).

3.2.2.4 Les sécrétions polarisées des cellules des épithéliums de revêtement sont le plus souvent exocrines

Certaines cellules des épithéliums de revêtement ont une fonction glandulaire exocrines et se caractérisent morphologiquement par la présence de vésicules de sécrétion accumulées à leur pôle apical. Il s’agit habituellement de cellules glandulaires exocrines (muqueuses ou séreuses) isolées (glande unicellulaire) ou groupées (glande intra-épithéliale, épithélium sécrétoire).

On doit également signaler la présence, dans certains épithéliums (du tube digestif, par exemple), de cellules glandulaires endocrines (cellules dites neuroendocrines) (voir plus loin).

3.2.2.5 La membrane plasmique du pôle apical des cellules de l’urothélium est asymétrique

L’urothélium (épithélium des voies urinaires excrétrices, c’est-à-dire des uretères et de la vessie) présente une différenciation très particulière au de la membrane plasmique du pôle apical de ses cellules les plus superficielles. Cette membrane est dite asymétrique car l’épaisseur de son feuillet externe est proche du double de celle de son feuillet interne. Les principales protéines du feuillet externe sont les uroplakines qui ont de 1 à 4 domaines transmembranaires et un domaine extra-cellulaire beaucoup plus important que leur domaine cytoplasmique qui est très réduit. Cette membrane asymétrique autoriserait l’étirement et la stabilisation de la surface cellulaire, probablement grâce à des interactions avec le cytosquelette sous-jacent. Ce dispositif permet ainsi d’éviter la rupture de la membrane pendant la phase de remplissage de la vessie.




3.2.3 Les épithéliums de revêtement ne contiennent aucun capillaire sanguin ou lymphatique

Les épithéliums étant dépourvus de capillaires sanguins, leur nutrition est assurée par les capillaires du tissu conjonctif sur lequel ils reposent ; les échanges se font à travers la MB.

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3.1 - La cellule épithéliale
3.2 - Les épithéliums de revêtement
3.3 - Les épithéliums glandulaires
3.2.1 - Les épithéliums de revêtement revêtent l’extérieur du corps et les cavités de l’organisme
3.2.2 - Les épithéliums de revêtement présentent des différenciations apicales
3.2.3 - Les épithéliums de revêtement ne contiennent aucun capillaire sanguin ou lymphatique
3.2.4 - La classification des épithéliums de revêtement fait appel à trois critères : la forme des cellules, le nombre des couches cellulaires et le type de différenciation des cellules qui le composent
3.2.2.1 - Le plateau strié et la bordure en brosse sont caractéristiques des entérocytes et des cellules du tube contourné proximal du rein
3.2.2.2 - Les stéréocils correspondent à des microvillosités longues et flexueuses
3.2.2.3 - Les cils vibratiles permettent à certains épithéliums de mettre en mouvement les éléments du contenu de la cavité qu’ils bordent
3.2.2.4 - Les sécrétions polarisées des cellules des épithéliums de revêtement sont le plus souvent exocrines
3.2.2.5 - La membrane plasmique du pôle apical des cellules de l’urothélium est asymétrique