Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Histologie : les tissus

Sites à visiter

Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Les relations intercellulaires

 

2.4 - Les molécules de signalisation et leurs récepteurs

 

De nombreux types cellulaires sécrètent des molécules de signalisation, de nature biochimique variée, qui agissent à plus ou moins longue distance.

2.4.1 Les molécules de signalisation sont de nature biochimique variée

Les molécules de signalisation peuvent être hydrophobes, comme les stéroïdes traversant les membranes pour activer leur récepteur intracytoplasmique, ou hydrophiles comme les neurotransmetteurs et la plupart des hormones, activant alors des récepteurs à la surface membranaire. La plupart des protéines constitutives des récepteurs membranaires, après liaison avec leur ligand génèrent un signal transmembranaire : soit en activant une enzyme liée à la membrane (adénylate cyclase) modifiant alors un médiateur intracellulaire (AMP cyclique), soit en modifiant la perméabilité de canaux ioniques tels que les canaux calciques.

Les molécules de signalisation les plus répandues entrent dans les catégories suivantes.

2.4.1.1 Les anticorps

Voir chapitre 6.

2.4.1.2 Les neurotransmetteurs et neuromodulateurs

Voir chapitre 7.

Les neurotransmetteurs sont, les uns, excitateurs, comme l’acétylcholine, les acides aminés excitateurs (glutamate ou aspartate), des purines (ATP, adénosine), les amines biogènes (sérotonine, histamine et catécholamines : noradrénaline, adrénaline, dopamine) ; les autres, inhibiteurs, comme les acides aminés inhibiteurs (GABA ou glycine).

Les neuromodulateurs sont des neuropeptides opioïdes (ou endorphines) - agonistes endogènes naturels des récepteurs aux opiacés - et des neuropeptides non-opioïdes (ocytocine, vasopressine, somatostatine, neuropeptide Y, etc).

2.4.1.3 Les hormones et neurohormones

Voir chapitre 3.

Consulter le cours d’introduction à l’endocrinologie sur le site de l’Université de Montpellier 2 « Sciences et Techniques du Languedoc ».

2.4.1.4 Le réseau des cytokines

Les cytokines constituent un ensemble hétérogène de médiateurs protéiques dont certains sont appelés interleukines (IL, initialement reconnus comme médiateurs agissant entre les leucocytes), lymphokines (médiateurs produits par les lymphocytes), interférons, facteurs stimulant les colonies (CSF), facteurs de croissance, etc... Les cytokines sont produites par de nombreux types cellulaires en réponse à un signal activateur. Les cytokines agissent sur des cellules cibles en se fixant sur des récepteurs spécifiques, exprimés en général en très faible densité sur différents types cellulaires, expliquant les multiples activités biologiques des cytokines. Selon la localisation de la cellule cible par rapport à la cellule sécrétrice, les cytokines peuvent avoir une action autocrine, paracrine ou endocrine. Les récepteurs membranaires aux cytokines sont classés en plusieurs groupes. Ils induisent des signaux spécifiques à chaque cytokine et des signaux communs aux différents stimuli.

  • Les cytokines inflammatoires : interleukines (IL-1, IL-6, IL-8, IL-10), Tumor Necrosis Factor (TNF),
  • Les chémokines (ou cytokines chémotactiques) - dont une quarantaine sont individualisées aujourd’hui - qui ont la capacité d’attirer dans les tissus, lors du processus inflammatoire et de la réponse de l’hôte à une infection, les leucocytes, pourvus de récepteurs aux chémokines.
  • Les cytokines anti-virales : interférons (IFN) alpha, béta et gamma.
  • La superfamille des TGF-béta (Transforming Growth Factor-béta) incluant les Bone Morphogenetic Proteins (BMP).
  • Les facteurs de croissance (ou Growth Factors) sont extrêmement nombreux : CSFs (Colony-Stimulating-Factors ou facteurs de croissance hématopoïétiques, comme l’érythropoïétine, la thrombopoïétine, l’interleukine-3, le G-CSF, le M-CSF, le GM-CSF), EGF (Epidermal Growth Factors), FGFs (Fibroblast Growth Factors), IGFs (Insulin-like Growth Factors), PDGF (Platelet-Derived Growth Factor), VEGF (Vascular Endothelium Growth Factor), la famille des neurotrophines (dont le NGF ou Nerve Growth Factor), etc.

2.4.1.5 Les eicosanoïdes

Les prostaglandines, les thromboxanes, les prostacyclines, les leukotriènes et les lipoxines font partie de la famille des eicosanoïdes. Ce groupe de médiateurs locaux issus des phospholipides membranaires dérivent de précurseurs (comme l’acide arachidonique) formés après attaque enzymatique de phospholipides membranaires par une phospholipase.

2.4.2 Les modalités de diffusion des différentes molécules de signalisation sont également très diverses

La signalisation s’effectue par des molécules diffusibles qui gagnent une cible plus ou moins éloignée de la cellule qui les a produites.

2.4.2.1 Neurocrinie

La transmission de l’information est ici ponctuelle au niveau d’une synapse ; la diffusion de l’information est extrêmement réduite. Elle concerne les neurotransmetteurs.

2.4.2.2 Autocrinie/Paracrinie

Dans l’autocrinie, les molécules de signalisation modifient l’activité de la cellule qui les a produites ou des cellules voisines de même type, réalisant ainsi une régulation en feed-back (ou rétro-action). Dans la paracrinie, les molécules sont sécrétées localement et modulent l’activité de cellules adjacentes au sein du même tissu (par exemple, le TNF produit par les macrophages activés dans la moelle osseuse stimule la synthèse d’ADN par les ostéoblastes voisins). En fait, on parle de plus en plus d’autocrinie/paracrinie parce que les deux mécanismes sont le plus souvent associés et étroitement intriqués.

2.4.2.3 Endocrinie

Déversées dans le sang par les glandes endocrines, les hormones vont agir à distance de leur lieu de sécrétion sur leurs cellules-cibles pourvues des récepteurs appropriés.


2.4.3 En réalité, le monde des molécules de signalisation est beaucoup plus complexe

Dans l’organisme, il n’est plus possible de maintenir de façon stricte la distinction traditionnelle entre les hormones sécrétées dans le sang par les glandes endocrines, les neurotransmetteurs sécrétés par les neurones ponctuellement au niveau des synapses du système nerveux et les cytokines sécrétées loco-régionalement par de nombreuses variétés de cellules, notamment immunitaires.

Les interactions sont la règle. Les mêmes molécules de signalisation peuvent être sécrétées par le système nerveux, les glandes endocrines et les cellules immunitaires et, selon les cas agir, par voie endocrine, neurocrine ou auto-paracrine. La connaissance de la présence et de la nature des récepteurs spécifiques portés par les différentes cellules de l’organisme est fondamentale pour apprécier l’action des différentes molécules de signalisation. A aucun moment, il ne faut oublier que l’action physiologique d’une molécule de signalisation dépend entièrement de sa liaison avec son récepteur.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
2.1 - La matrice extra-cellulaire (MEC)
2.2 - Les molécules d’adhérence
2.3 - Les systèmes de jonction
2.4 - Les molécules de signalisation et leurs récepteurs
2.4.1 - Les molécules de signalisation sont de nature biochimique variée
2.4.2 - Les modalités de diffusion des différentes molécules de signalisation sont également très diverses
2.4.3 - En réalité, le monde des molécules de signalisation est beaucoup plus complexe
2.4.1.1 - Les anticorps
2.4.1.2 - Les neurotransmetteurs et neuromodulateurs
2.4.1.3 - Les hormones et neurohormones
2.4.1.4 - Le réseau des cytokines
2.4.1.5 - Les eicosanoïdes
2.4.2.1 - Neurocrinie
2.4.2.2 - Autocrinie/Paracrinie
2.4.2.3 - Endocrinie