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Histologie : les tissus

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Table des Matières

Avant-Propos

1 - Méthodes de l'Histologie. Concept de tissu

2 - Les relations intercellulaires

3 - Les épithéliums

4 - Les tissus conjonctifs. Les tissus adipeux

5 - Les tissus squelettiques

6 - Les populations cellulaires « libres »

7 - Système nerveux et neurones

8 - Les systèmes nerveux central et périphérique

9 - Les tissus musculaires


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Les relations intercellulaires

 

2.2 - Les molécules d’adhérence

 

Les molécules d’adhérence cellulaire (Cell Adhesion Molecules, CAM) sont des glycoprotéines transmembranaires qui jouent un rôle important : 1) au cours du développement embryonnaire, 2) chez l’adulte normal, pour la maintenance des épithéliums et la réparation tissulaire, 3) dans certains processus pathologiques, comme l’inflammation ou le cancer.

Les molécules d’adhérence assurent 1) la reconnaissance spécifique entre deux cellules ou entre cellules et MEC, 2) la formation de contacts stables entre deux cellules ou entre une cellule et la MEC, 3) la transmission de signaux capables de modifier le comportement de la cellule avec son environnement.

Les partenaires moléculaires d’interactions ainsi que les types cellulaires en jeu peuvent être identiques ou différents.

Les CAM correspondent à 4 superfamilles multigéniques codant pour des glycoprotéines transmembranaires regroupées selon leurs caractéristiques structurales : les intégrines, les cadhérines, les sélectines, les immunoglobulines. D’autres molécules interviennent dans les interactions cellules et MEC, comme les protéines CD 44 qui servent de récepteurs à l’acide hyaluronique.

2.2.1 Les intégrines sont les responsables essentiels des interactions cellule-MEC

Les intégrines sont des hétérodimères composés de deux sous-unités alpha et béta. Elles constituent une superfamille de récepteurs (dont une trentaine de membres fonctionnels sont connus) de diverses molécules de la MEC, en particulier au niveau de la MB. Leurs principaux ligands extra-cellulaires sont les collagènes I et IV, la laminine, la fibronectine, la vitronectine, le fibrinogène. Les intégrines sont liées au cytosquelette et sont une des voies majeures de la transduction des signaux venus de la MEC à destination des cellules épithéliales (régulation de l’expression de leurs gènes). Les intégrines jouent un rôle essentiel dans la régulation de nombreuses fonctions cellulaires : forme, polarité, prolifération, migration, survie, différenciation, etc...

2.2.2 Les cadhérines, calcium-dépendantes, sont responsables d’interactions cellule-cellule

Les cadhérines, principales protéines de l’adhérence intercellulaire sont des glycoprotéines transmembranaires qui jouent un rôle important dans les processus du développement ainsi que dans les processus pathologiques. Les cadhérines sont indispensables à la formation des complexes de jonction. La famille des cadhérines comporte une trentaine de membres identifiés, dont l’expression est spécifique de tissu. Elles sont dénommées par une lettre qui rappelle le tissu où elles sont exprimées de manière préférentielle.

2.2.2.1 Les cadhérines classiques

Elles sont concentrées dans les jonctions adhaerens et sont associées au cytosquelette par les caténines. Le système cadhérine-caténine joue un rôle central dans l’organisation structurale et fonctionnelle des contacts cellule-cellule dans les épithéliums. On distingue la E-cadhérine (épithéliale) ou uvomoruline, impliquée dans la compaction de la morula et dans la génèse et la maintenance des couches de cellules épithéliales, la N-cadhérine (nerveuse), la P-cadhérine (placentaire).

2.2.2.2 Les cadhérines desmosomales

Elles ne sont présentes que dans les desmosomes : il s’agit des desmogléines (dont l’antigène du pemphigus vulgaire) et des desmocollines.

2.2.3 Les sélectines interviennent dans le compartiment vasculaire

Les sélectines sont des récepteurs d’oligosaccharides localisées à la surface des cellules du compartiment vasculaire et qui s’apparentent aux lectines. Cette famille est composée de 3 protéines responsables, à l’intérieur du compartiment vasculaire sanguin, des interactions adhésives entre les leucocytes et l’endothélium vasculaire ainsi qu’entre les leucocytes et les plaquettes : la L-sélectine (présente sur tous les leucocytes circulants), la P-sélectine (présente dans les plaquettes), la E-sélectine (présente dans les cellules endothéliales activées).

2.2.4 Les immunoglobulines interviennent dans les interactions cellule-cellule

Des immunoglobulines sont impliqués dans les interactions entre les cellules immunitaires et leurs partenaires cellulaires (comme les cellules endothéliales ou les cellules présentatrices d’antigènes). Les principales immunoglobulines d’adhérence cellulaire sont la N-CAM (Neural-CAM), la I-CAM (Intercellular-CAM) et la V-CAM (Vascular-CAM). Qu’il s’agisse des molécules d’adhérence ou des anticorps, toutes les molécules de la superfamille des immunoglobulines sont définies par la structure particulière de leur domaine extra-cellulaire (boucles reliées par des ponts disulfures).

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2.1 - La matrice extra-cellulaire (MEC)
2.2 - Les molécules d’adhérence
2.3 - Les systèmes de jonction
2.4 - Les molécules de signalisation et leurs récepteurs
2.2.1 - Les intégrines sont les responsables essentiels des interactions cellule-MEC
2.2.2 - Les cadhérines, calcium-dépendantes, sont responsables d’interactions cellule-cellule
2.2.3 - Les sélectines interviennent dans le compartiment vasculaire
2.2.4 - Les immunoglobulines interviennent dans les interactions cellule-cellule
2.2.2.1 - Les cadhérines classiques
2.2.2.2 - Les cadhérines desmosomales