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1.1 - Matériel et méthodes de l’histologie médicale
1.1.4 La production des images est liée à la mise en œuvre de moyens optiques, le plus souvent en rapport avec un microscope
Il faut produire une image de la préparation devenue observable, afin de pouvoir la regarder. La production des images est liée à la mise en œuvre de moyens optiques (loupes, microscopes) qui augmentent le pouvoir séparateur de l’œil humain (0,2 mm environ) et permettent d’analyser des structures très petites. 1.1.4.1 Les microscopes diffèrent par la nature de leur source lumineuse
Le microscope optique (ou photonique), le plus courant, utilise la lumière visible. La lumière peut être remplacée par une autre source lumineuse : rayons ultraviolets (microscope à fluorescence), faisceau d’électrons (microscope électronique à transmission ou à balayage) ou source laser (microscope confocal à balayage laser).
 Le pouvoir séparateur du microscope va de 0,2 μm pour le MO à 0,2 nm pour le ME. L’observation microscopique requiert une bonne connaissance de l’échelle des grandeurs : le diamètre d’un globule rouge (environ 7,5 μm) et l’épaisseur d’une membrane plasmique (environ 7 nm) sont des références courantes. Associée à l’observation au microscope, la photographie et le cinéma permettent de conserver les images. La vidéo permet actuellement d’exploiter au mieux l’information visuelle : l’image peut ainsi être observée, communiquée, mesurée, archivée, éditée. Les signaux, captés par un détecteur, peuvent être transmis à un système informatique pour être analysés, amplifiés et/ou numérisés. La numérisation des images permet leur stockage, leur archivage et leur transmission à distance par ordinateur.
 1.1.4.2 La cytométrie en flux permet d’exploiter des images sans les regarder
Elle s’applique à l’analyse de cellules en suspension (naturellement, comme les cellules sanguines ou dissociées à partir de tissus). Les cellules mises en suspension dans un flux liquidien passent rapidement une à une devant un faisceau laser. Le cytomètre en flux permet de mesurer la taille des cellules, leur granularité ou l’intensité d’un marquage cellulaire par un fluorochrome. Cette technique est aussi utilisée pour quantifier l’ADN (par exemple pour l’étude du cycle cellulaire, ou la détection d’anomalies dans une population de cellules tumorales). Elle permet également de détecter, de séparer et de collecter des populations cellulaires spécifiques après marquage. 1.1.5 L’interprétation des images vise à leur donner du sens
Il ne suffit pas d’observer les images produites par les microscopes, encore faut-il les interpréter. L’interprétation donne une signification aux images observées, détecte la présence d’une structure, d’une molécule, d’une fonction chimique et permet de les localiser dans la cellule, le tissu, l’organe ou l’organisme. L’interprétation est basée sur des processus de reconnaissance de formes, de contrastes, de couleurs, souvent combinés de façon peu dissociable dans des processus de reconnaissance plus globale de « formules », de « patrons ». Parmi les difficultés d’interprétation, les plus élémentaires tiennent aux incidences de coupe et aux artéfacts. 1.1.5.1 Les incidences de coupe
Les images observées sont situées dans un plan ; elles font partie d’un monde imaginaire à deux dimensions, à partir duquel il faut restituer le monde réél à trois dimensions. Dans certains cas, on oriente le bloc par rapport au plan de coupe, mais le plus souvent les structures sont coupées selon une incidence due au hasard.
1.1.5.2 Les artéfacts
Il faut se méfier des artéfacts, images artificielles créées par la technique. Dans une préparation histologique de routine, il peut exister des artéfacts de prélèvement (pinces, ciseaux, coagulation, gelures), de fixation (dessèchement, retard de fixation, fixateur trop ou trop peu concentré), d’inclusion (vides artificiels dus à la rétraction des cellules ou des tissus), de coupe (stries de rasoir, coupes trop épaisses ou trop minces), de collage (décollements, plis et replis de la coupe), de montage (bulles d’air entre la lame et la lamelle), de coloration (empâtements, dépôts, taches de colorant).
1.1.5.3 Les déformations des images
Dues à des imperfections des moyens optiques d’observation, comme les aberrations de sphéricité ou les aberrations chromatiques, les déformations des images peuvent être rapprochées des artéfacts. 1.1.5.4 La mauvaise préservation des tissus
La mauvaise préservation des tissus est fréquente en histologie humaine, qu’il s’agisse de prélèvements biopsiques ou per-opératoires (retard de fixation, tissus situés à proximité de zones pathologiques) ou surtout de prélèvements post-mortem (autopsies tardives). |