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Hématologie

Sommaire

1 - Agranulocytose médicamenteuse : conduite à tenir

2 - Dysmyélopoïèse

3 - Leucémie aiguë

4 - Leucémies lymphoïdes chroniques

5 - Lymphomes malins

6 - Maladie de Vaquez

7 - Myélome multiple des os

8 - Anémie par carence martiale

9 - Orientation diagnostique devant une adénopathie superficielle

10 - Orientation diagnostique devant une anémie

11 - Orientation diagnostique devant une éosinophilie

12 - Hémogramme : indications et interprétation

13 - Orientation diagnostique devant un purpura chez l’enfant et l’adulte

14 - Orientation diagnostique devant une splénomégalie

15 - Orientation diagnostique devant un syndrome mononucléosique

16 - Orientation diagnostique devant une thrombopénie

17 - Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique

18 - Accidents des anticoagulants

19 - Orientation diagnostique devant un trouble de l’hémostase et de la coagulation

20 - Transfusion sanguine et produits dérivés du sang : indications, complications. Hémovigilance

21 - Exposition accidentelle au sang (conduite à tenir)


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 9 - Orientation diagnostique devant une adénopathie superficielle

 

 

  • Item 291
  • Objectif : Devant une adénopathie superficielle, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents

9.1 Énoncer la conduite diagnostique à tenir en présence d’une adénopathie persistante non expliquée et les conditions d’un prélèvement éventuel

Le caractère persistant et non expliqué d’une adénopathie impose un prélèvement ganglionnaire cytologique et biopsique. Si la ponction est purulente, un prélèvement bactériologique est nécessaire.

Conditions d’un prélèvement :

Le prélèvement cytologique, d’une adénopathie superficielle obtenue après ponction à l’aiguille fine, souvent réalisé dans un premier temps permet une orientation diagnostique.

Le matériel prélevé par biopsie, dans la majorité des cas, est obtenu après biopsie chirurgicale d’un ganglion superficiel, ou par ponction biopsie d’une adénopathie profonde après repérage scanographique et/ou échographique

Le prélèvement doit être réalisé dans un centre de référence où celui-ci pourra être conditionné pour la réalisation de techniques complémentaires.

9.2 Connaître la différence entre ponction et biopsie ganglionnaire, exérèse d’une adénopathie et curage, frottis et appositions ganglionnaires et la valeur d’une analyse extemporanée

9.2.1 La ponction ganglionnaire

La ponction ganglionnaire d’une adénopathie superficielle est pratiquée à l’aide d’une aiguille fine et courte, sans aspirer, permettant d’obtenir suffisamment de suc ganglionnaire pour réaliser des frottis sur lames qui seront séchés à l’air et colorés.

La ponction ganglionnaire permet une analyse cytologique et éventuellement bactériologique en cas de pus. Elle oriente les examens complémentaires en cas de biopsie.

9.2.2 La biopsie ganglionnaire

La biopsie ganglionnaire est un acte chirurgical pratiqué sous anesthésie générale prélevant l’ensemble du ganglion repéré. Cet acte chirurgical doit être distingué du curage ganglionnaire qui est l’ablation d’une chaîne ganglionnaire et qui est non justifié sauf indication carcinologique précise.

Au bloc opératoire, le prélèvement placé sur une compresse stérile non tissée, bien imprégnée de sérum physiologique doit parvenir le plus rapidement possible dans le laboratoire d’Anatomie Pathologique qui se chargera de répartir le prélèvement (cytogénétique, congélation et etc…)

Lorsqu’une pathologie lymphomateuse est suspectée, l’analyse extemporanée n’a pas de valeur diagnostique et n’est pas indiquée.

Des empreintes ou appositions ganglionnaires sont réalisées par le laboratoire à partir d’une section d’un fragment à l’état frais apposé sur des lames.

9.2.3 La biopsie à l’aiguille

Réalisée après repérage scanographique et/ou échographique, le matériel est recueilli sur une lame pour effectuer des empreintes cytologiques, puis placé dans un liquide fixateur. Chaque fois que possible, un des fragments sera posé sur une compresse non tissée humide pour congélation dans l’azote liquide.

9.3 Énumérez les principales causes des adénopathies (ADP) loco-régionales

9.3.1 ADP superficielles

Que les ADP loco-régionales superficielles soient récentes ou chroniques elles sont le reflet d’une atteinte de leur territoire physiologique de drainage lymphatique. Principales causes :

  1. Infections dans territoire de drainage, les ADP étant le plus souvent régressives après traitement :
    • ADP maxillaires, ADP cervicales hautes : foyers ORL, infection dentaire.
    • ADP axillaires, ADP inguinales : plaies, furoncles, panaris, abcès, dermatose chronique, acné surinfectée, lésions de grattage, phlébite, lésions de la verge, du canal anal
  2. Infections sans point de départ évident dans le territoire de drainage
    Toxoplasmose, tuberculose, maladie des griffes du chat.
  3. Pathologie maligne
    Les ADP peuvent être des métastases ganglionnaires locales de cancer. Selon les territoires de drainage :
    Ganglion jugulo-carotidien (cancer ORL, cancer de la thyroïde, cancer de la langue)
    Ganglion sus claviculaire, droit ou gauche (cancer abdominal ou pelvien, cancer du sein)
    Ganglion axillaire : cancer du sein
    Ganglion inguinal : cancer des organes génitaux externes, cancer du canal anal
    Quel que soit le territoire de drainage : Mélanome
    Les ADP peuvent être dues à une atteinte primitive maligne du tissu lymphoïde : maladie de Hodgkin, lymphomes non Hodgkiniens.

9.3.2 ADP profondes

  1. ADP médiastinale
    Découverte fortuite lors d’un examen radiologique standard. Il convient de rechercher avec le plus grand soin l’existence d’autres ADP car il s’agit, a priori, d’une maladie sérieuse.
    Rechercher une sarcoïdose, tuberculose, une pathologie maligne.
  2. ADP intra-abdominale
    L’origine la plus probable est tumorale (lymphome non Hodgkinien, maladie de Hodgkin ou métastase d’une tumeur solide).

9.4 Énumérez les principales causes des polyadénopathies

  1. Le plus souvent d’origine infectieuse :
    • Virale : nombreuses infections virales en particulier MNI, rubéole, VIH
    • Parasitaire : toxoplasmose
    • Bactérienne : syphilis secondaire
  2. Ou d’une polyADP post-médicamenteuse : hydantoïnes
  3. Polyadénopathies d’origine tumorale
    • Leucémie lymphoïde chronique (polyADP symétriques) et pathologies apparentées (Waldenström, etc...))
    • LA
    • Autres maladies malignes (maladie de Hodgkin, LMNH, métastases de cancer)
  4. Maladies dysimmunitaires (LED, Polyarthrite rhumatoïde, sarcoïdose)

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9.1 - CAT devant une adénopathie persistante non expliquée
9.2 - Ponctions et biopsies
9.3 - Causes des adénopathies loco-régionales
9.4 - Causes des polyadénopathies
9.2.1 - La ponction ganglionnaire
9.2.2 - La biopsie ganglionnaire
9.2.3 - La biopsie à l’aiguille
9.3.1 - ADP superficielles
9.3.2 - ADP profondes