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Hématologie

Sommaire

1 - Agranulocytose médicamenteuse : conduite à tenir

2 - Dysmyélopoïèse

3 - Leucémie aiguë

4 - Leucémies lymphoïdes chroniques

5 - Lymphomes malins

6 - Maladie de Vaquez

7 - Myélome multiple des os

8 - Anémie par carence martiale

9 - Orientation diagnostique devant une adénopathie superficielle

10 - Orientation diagnostique devant une anémie

11 - Orientation diagnostique devant une éosinophilie

12 - Hémogramme : indications et interprétation

13 - Orientation diagnostique devant un purpura chez l’enfant et l’adulte

14 - Orientation diagnostique devant une splénomégalie

15 - Orientation diagnostique devant un syndrome mononucléosique

16 - Orientation diagnostique devant une thrombopénie

17 - Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique

18 - Accidents des anticoagulants

19 - Orientation diagnostique devant un trouble de l’hémostase et de la coagulation

20 - Transfusion sanguine et produits dérivés du sang : indications, complications. Hémovigilance

21 - Exposition accidentelle au sang (conduite à tenir)


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 20 - Transfusion sanguine et produits dérivés du sang : indications, complications. Hémovigilance

 

 

20.5 Les analyses en immuno-hématologie érythrocytaires en vue d’une transfusion de produits sanguins labiles

Le caractère immunogène du polymorphisme érythrocytaire est un obstacle à la transfusion et nécessite le respect des compatibilités immunologiques. La prévention du risque immunologique repose sur :

  • La connaissance des caractéristiques immunologiques des produits sanguins labiles et du statut immuno-hématologique du patient au moment de la transfusion.
  • L’adéquation des caractéristiques immunologiques du produit sanguin avec celles du receveur.
  • Le maintien de cette adéquation à chaque étape du processus transfusionnel.

20.5.1 Comment définir le statut immuno-hématologique du patient ?

  1. Par la prescription des analyses visant à détecter les anticorps présents chez le patient afin d’éviter le conflit immunologique :
    La détermination du groupe sanguin ABO repose sur deux épreuves complémentaires. Une épreuve globulaire consistant à rechercher les antigènes A et B sur la membrane érythrocytaire. Une épreuve plasmatique consistant à rechercher les anticorps anti-A et anti-B correspondant aux antigènes globulaires absents. Cette analyse est indissociable de la détermination de l’antigène RH1 (D). Deux déterminations sur deux prélèvements différents sont nécessaires pour la validité du groupage. La détermination du phénotype RH-KEL1 et des antigènes RH2(C), RH3(E), RH4(c), RH5(e) est obligatoirement faite sur chaque prélèvement.
    La recherche d’anticorps anti-érythrocytaires : à l’aide de gammes d’hématies-tests d’origine humaine, réglementairement définies, on dépiste puis identifie, sur du sérum ou du plasma, les anticorps dirigés contre les antigènes érythrocytaires autres que A et B. Cette recherche d’anticorps anti-érythrocytaires comporte deux étapes :
    • Un dépistage au terme duquel le laboratoire pourra répondre « dépistage positif » ou « dépistage négatif » d’anticorps anti-érythrocytaires. En cas de dépistage positif, l’identification de l’anticorps est obligatoire
    • Une identification consistant à déterminer la spécificité du ou des anticorps présents.

    L’épreuve directe de compatibilité au laboratoire (dont l’indication est restreinte) est une analyse complémentaire de la RAI qui consiste à tester l’échantillon du receveur vis-à-vis des hématies de la tubulure du produit sanguin à transfuser. En absence de réactivité, l’unité est déclarée compatible.
  2. Par la prescription des analyses visant à définir les antigènes présents, afin d’éviter l’allo-imunisation chez certains patients :
    • Le phénotypage RH-KEL1 comprend l’étude des antigènes RH2, 3, 4 et 5 et KEL1.
    • Le phénotypage étendu consiste à rechercher un ou plusieurs antigènes érythrocytaires autres que ceux qui sont définis par le groupage ABO-RhD et par le phénotypage RH-KEL1. Les principaux systèmes concernés sont les systèmes Duffy, Kidd, MNSs.

20.5.2 Quand prescrire ces analyses ?

  • Groupage ABO-RH1 (Rhésus D) : avant toute transfusion potentielle en l’absence d’un document déjà validé.
  • Recherche d’anticorps anti-érythrocytes : dans les 72 heures qui précèdent une transfusion.
  • Epreuve directe de compatibilité : dès l’apparition d’un anticorps anti-érythrocytaire
  • Phénotypage RH-KEL1 : jeune fille ou femme avant la ménopause, patients devant recevoir des transfusions itératives, patients à greffer, patients présentant un anticorps irrégulier.
  • Phénotypage élargi : patients devant recevoir des transfusions itératives, patients à transplanter, patients présentant un anticorps irrégulier dans un des systèmes concernés.

20.5.3 Prescrire les analyses en vue de détecter une allo-immunisation post-transfusionnelle

Ce point repose sur la prescription d’une RAI trois mois après le dernier épisode transfusionnel (deux fois par an pour les transfusions itératives) conformément aux dispositions réglementaires.

20.6 Enoncer les gestes qui s’imposent devant une transfusion mal tolérée

Les signes possibles traduisant la mauvaise tolérance d’une transfusion sont : hyperthermie avec ou sans frissons, agitation, sensation de chaleur, douleurs lombaires ou surtout thoraciques, hypotension voire collapsus, plus rarement hypertension, nausées ou vomissements, diarrhée, bouffées de chaleur, dyspnée, pâleur, sensation de prurit ou d’urticaire, saignements (en particulier aux points d’injection), tachycardie.

L’observation d’un ou plusieurs de ces signes impose :

  • L’arrêt immédiat de la transfusion, l’appel du médecin de proximité,
  • Le maintien d’une voie d’abord pour la perfusion d’un soluté ;
  • Un examen clinique incluant la prise de la température, de la pression artérielle, la mesure de la fréquence cardiaque, l’examen des urines ;
  • La saisie de l’unité en cours de transfusion, des tubes de sang disponibles et des contrôles effectués ;
  • La mise en place des mesures thérapeutiques immédiates (réanimation) ;
  • La transmission des unités de sang au laboratoire de bactériologie en cas de suspicion d’accident par contamination bactérienne, au laboratoire d’immuno-hématologie en cas de suspicion d’accident immuno-hémolytique (accompagnées de prélèvements du malade), en informant les correspondants de l’établissement de soins et de l’établissement de transfusion qui pourront coordonner ces actions et en diligenter d’autres en fonction des observations cliniques.
  • L’ensemble des observations fera l’objet d’une déclaration dans les 48 heures au réseau d’hémovigilance (Fiche d’incident transfusionnel : FIT).

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20.1 - Produits sanguins labiles et médicaments dérivés du sang utilisés en thérapeutique
20.2 - Indications des transfusions de produits sanguins labiles
20.3 - Gestes avant la mise en Å???
20.4 - Aspects médicaux légaux du donneur au receveur
20.5 - Les analyses en immuno-hématologie érythrocytaires en vue d’une transfusion de produits sanguins labiles
20.6 - Les gestes devant une transfusion mal tolérée
20.7 - Principaux accidents immunologiques de la transfusion sanguine
20.8 - Accidents non immunologiques de la transfusion sanguine
20.9 - Principales maladies transmissibles par la transfusion
20.10 - Conditions dâ???â???
20.11 - Les gestes après une transfusion
20.12 - Les groupes sanguins erythrocytaires utiles Ã???ître
20.5.1 - Comment définir le statut immuno-hématologique du patient ?
20.5.2 - Quand prescrire ces analyses ?
20.5.3 - Prescrire les analyses en vue de détecter une allo-immunisation post-transfusionnelle