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Hématologie

Sommaire

1 - Agranulocytose médicamenteuse : conduite à tenir

2 - Dysmyélopoïèse

3 - Leucémie aiguë

4 - Leucémies lymphoïdes chroniques

5 - Lymphomes malins

6 - Maladie de Vaquez

7 - Myélome multiple des os

8 - Anémie par carence martiale

9 - Orientation diagnostique devant une adénopathie superficielle

10 - Orientation diagnostique devant une anémie

11 - Orientation diagnostique devant une éosinophilie

12 - Hémogramme : indications et interprétation

13 - Orientation diagnostique devant un purpura chez l’enfant et l’adulte

14 - Orientation diagnostique devant une splénomégalie

15 - Orientation diagnostique devant un syndrome mononucléosique

16 - Orientation diagnostique devant une thrombopénie

17 - Prescription et surveillance d’un traitement antithrombotique

18 - Accidents des anticoagulants

19 - Orientation diagnostique devant un trouble de l’hémostase et de la coagulation

20 - Transfusion sanguine et produits dérivés du sang : indications, complications. Hémovigilance

21 - Exposition accidentelle au sang (conduite à tenir)


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 16 - Orientation diagnostique devant une thrombopénie

 

 

  • Module 11 item 175
  • Objectif : Devant une thrombopénie, argumenter les principales hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents

16.1 Connaître la fausse thrombopénie à l’EDTA

Une thrombopénie (< 150 giga/l), même profonde, sans purpura, peut être un résultat faux lié à l’agglutination des plaquettes en présence de l’EDTA du tube à numération. En l’absence de signe clinique, il faut donc :

  • Vérifier la cohérence du chiffre des plaquettes sur le frottis (en regardant notamment s’il y a des amas).
  • Contrôler la numération sur citrate (voire au bout du doigt en micro méthode).

16.2 Définir une thrombopénie et préciser les facteurs de risque hémorragique

  1. La thrombopénie est définie si les plaquettes sont < 150 giga/l.
  2. Il n’y a pas de risque hémorragique spontané tant que les plaquettes sont > 50 giga/l sauf thrombopathie associée (type insuffisance rénale ou médicament).
    Le risque hémorragique spontané d’une thrombopénie périphérique existe et est grave (mortalité d’environ 5 %). Il est d’autant plus grand que :
    • Le patient reçoit des anticoagulants ou des antiagrégants intentionnels (aspirine, ticlopidine) ou accessoires (AINS).
    • Il existe un purpura extensif ou muqueux (bulles buccales), surtout s’il prend un aspect en carte de géographie (évocateur d’une CIVD), ou s’accompagne de saignements viscéraux.
    • Il existe des hémorragies au fond d’œil (systématiques sous 20 giga/l).
    • Les plaquettes sont < 20 giga/l.
    • La thrombopénie a une origine centrale.
    • Il y a une CIVD associée (même biologique).
    • Il existe un facteur anatomique de saignement : pathologie sous-jacente potentiellement hémorragique.

    Un geste vulnérant (chirurgie, biopsie) en dessous de 50 giga/l nécessite des précautions particulières.

16.3 Enoncer l’intérêt du myélogramme dans l’exploration d’une thrombopénie

Le myélogramme, en présence d’une thrombopénie, permet d’orienter vers :

  • L’origine centrale (mégacaryocytes absents ou dysmorphiques, voire présence de cellules anormales dans la moelle osseuse),
  • Ou périphérique (moelle riche en mégacaryocytes normaux, pas de cellule anormale dans la moelle osseuse).

16.4 Enoncer les principaux mécanismes des thrombopénies

Les thrombopénies vraies peuvent être :

  • Soit centrales par absence de production : insuffisance médullaire quantitative ou envahissement par des cellules anormales
  • Soit périphériques
    • Soit par destruction (thrombopénies immunes)
    • Soit par consommation (CIVD)
    • Soit par séquestration (hypersplénisme).

16.5 Enoncer les principales étiologies des thrombopénies périphériques

Les principales causes des thrombopénies périphériques sont la destruction, la consommation ou la séquestration.

  1. Destruction : immune, virale ou médicamenteuse :
    • immune : soit la thrombopénie participe à un mécanisme large (anticorps antinucléaires du lupus, facteur rhumatoïde, hépatite chronique active) soit elle est isolée (anticorps antiglycoprotéine plaquettaire dont la prescription relève du spécialiste).
      En situation néo-natale ou post-transfusionnelle, penser à une allo-immunisation.
    • infectieuse : surtout virale HIV, EBV, CMV, hépatite B et C mais aussi si la clinique est compatible rubéole, rougeole
    • médicamenteuse : suspecter tout médicament nouvellement introduit et l’Héparine.
  2. Par séquestration : hypersplénisme des rates congestives.
  3. Consommation : CIVD, infection bactérienne, microangiopathie thrombotique.

16.6 Gestes à éviter devant une thrombopénie

  • Si la thrombopénie est inférieure à 50 giga/l :
    • Injection intramusculaire
    • Biopsies percutanées
    • Toute intervention chirurgicale
  • Si la thrombopénie est inférieure à 20 giga/l :
    • Ponction lombaire
    • Ponction pleurale ou péricardique
    • Sports traumatisants

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16.1 - Connaître la fausse thrombopénie à l’EDTA
16.2 - Définir une thrombopénie et préciser les facteurs de risque hémorragique
16.3 - Intérêt du myélogramme dans lâ???â???énie
16.4 - Principaux mécanismes des thrombopénies
16.5 - Principales étiologies des thrombopénies périphériques
16.6 - Gestes à éviter devant une thrombopénie