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Gynécologie

Sommaire

1 - Examen gynécologique

2 - Sexualité

3 - Leucorrhées

4 - Salpingites

5 - Ulcérations génitales

6 - MST

7 - Contraception

8 - IVG

9 - Stérilité du couple

10 - Assistance Médicale à la Procréation

11 - Hémorragie génitale chez la femme

12 - Algies pelviennes

13 - Aménorrhées primaires

14 - Aménorrhée secondaire

15 - Ménopause

16 - Prolapsus I.U.E

17 - Tuméfaction pelvienne

18 - Fibrome

19 - Kyste Ovarien

20 - Dépistage des cancers

21 - Pathologie bénigne du col utérin

22 - Cancer du col

23 - Cancer de l’endomètre

24 - Cancer de l’ovaire

25 - Pathologie benigne du sein

26 - Prise en charge des victimes d’abus sexuel


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 8 - IVG

 

 

8.4 Complications

Les avortements clandestins d’autrefois ont fait place à des gestes codifiés, précis, dans des structures adéquates. Cela a entraîné la diminution du nombre et de la gravité des complications liées à l’interruption de grossesse.

8.4.1 La mortalité

La mortalité imputée aux IVG clandestines commence à être répertoriée à partir des années 50 mais il n’y a pas d’estimations exactes pour la période précédant la législation sur l’IVG. Dix morts ont été déclarées en France par avortement légal pour la période 1975-1985. L’OMS retient les valeurs de 0,6 à 1,2 décès pour 100 000 avortements légaux avant 13 SA. Le risque létal est principalement en rapport avec le terme de la grossesse et avec l’expérience de l’opérateur. Le risque est double pour les médecins réalisant moins de 50 avortements annuels par comparaison avec ceux qui ont une pratique de 100 à 150 par an.

8.4.2 Complications immédiates

  1. Au cours d’une anesthésie générale le taux de mortalité est de 0,6 pour 100 000 avortements soit 4 fois plus que sous anesthésie locale. La prévention de ce risque se fait en éliminant les pratiques précaires et en mettant en place de liens entre les départements d’anesthésie et les structures de prise en charge de l’IVG.
  2. Hémorragies. Elles surviennent pendant et dans l’heure qui suit l’intervention. Leur fréquence est plus importante si anesthésie générale et augmente avec l’âge gestationnel.
    Les hémorragies dans les suites immédiates de l’IVG, outre la plaie du col, sont dues soit à une atonie utérine, soit à une rétention ovulaire. L’atonie répond parfaitement à une injection d’utérotonique.
  3. Lésions cervicales. Elles sont habituellement bénignes, saignant peu et laissant une cicatrice sans conséquences. Pour un petit nombre, une suture hémostatique est nécessaire. Pour l’IVG du premier trimestre, l’OMS donne un taux de lésions cervicales entre 0,10 et 1,18 %. Elles sont plus fréquentes en cas d’anesthésie générale.
  4. Perforations utérines.
  5. La fausse route correspond à l’effraction du col et de l’isthme lors de la dilatation. Celle-ci nécessite la réalisation de l’IVG sous contrôle échographique, afin de retrouver le trajet cervical normal.
  6. Le malaise vagal est en relation le plus souvent avec la dilatation. Une information précise, un bon accompagnement de la patiente, une prémédication anxiolytique, une préparation cervicale médicamenteuse et l’anesthésie locale diminuent facilement le risque.
  7. L’embolie gazeuse est extrêmement rare lors d’une IVG. Elle est possible s’il y a une erreur dans l’utilisation de la source de vide. La production du vide doit être obtenue par un matériel à dépression réglable.

8.4.3 Complications tardives

  1. Les infections post IVG ont une expression clinique similaire à l’ensemble des infections génitales. Elles peuvent aller d’une simple réaction fébrile à des tableaux plus sévères comme l’endométrite. La précocité du traitement réduit le plus souvent les séquelles
  2. La rétention placentaire complique 0,75 % des IVG. Elle se manifeste par des métrorragies, des pelvialgies et une absence d’involution de l’utérus et s’accompagne d’une élévation du risque infectieux. Une révision utérine sous échographie est proposée.
  3. L’iso-immunisation Rhésus en l’absence de séroprévention serait d’environ 7 %.
  4. Retentissement sur la fertilité. La stérilité post avortement est difficile à apprécier.
  5. La méconnaissance d’une grossesse ectopique et molaire. Même si cette éventualité est extrêmement rare, elle est toujours à redouter. La généralisation de l’échographie et le recours éventuel à l’examen anatomo-pathologique du produit d’aspiration ont considérablement réduit ce risque.
  6. Séquelles psychoaffectives. Le traumatisme psychique subi par la patiente et très variable en fonction de sa personnalité, de son histoire individuelle mais aussi de la prise en charge et du déroulement de l’IVG. De nombreuses femmes éprouvent un sentiment de culpabilité. Il est communément admis que pour les femmes en bonne santé physique et mentale l’IVG n’a que très peu de conséquences psychologiques, mais il n’en va pas de même pour les patientes atteintes d’une pathologie psychiatrique, notamment du registre psychotique. Dans ce cas, une prise en charge psychiatrique préventive est souhaitable.

8.5 Points essentiels

  • La femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander l’interruption de sa grossesse avant la fin de la 12ème semaine de grossesse (14 SA),
  • L’IVG ne peut être pratiquée que par un médecin,
  • L’entretien social pré-IVG est systématiquement proposé et il reste obligatoire pour la mineure non émancipée,
  • Le principe du consentement parental pour la mineure qui demande une IVG est maintenu, mais la loi donne la possibilité au médecin de pratiquer l’IVG sans l’avoir obtenu,
  • La méthode médicamenteuse s’applique de préférence avant 7 SA mais elle peut être utilisée, jusqu’à 9 SA,
  • La méthode chirurgicale avec une anesthésie locale ou générale reste la méthode de choix entre 7 et 14 SA,
  • La visite de contrôle est essentielle (efficacité, contraception, MST).

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8.1 - Introduction
8.2 - Cadre légal
8.3 - Quelles sont les techniques de l’IVG ?
8.4 - Complications
8.5 - Points essentiels
8.4.1 - La mortalité
8.4.2 - Complications immédiates
8.4.3 - Complications tardives