| |
7.21 Comment adapter le choix contraceptif en fonction de certaines situations ?
7.21.1 En fonction de la période de la vie génitale
- Adolescente
- La contraception hormonale est la méthode de choix, le préservatif est surtout utile à prévenir le risque MST.
Pilule minidosée, remboursée (Trinordiol®, Minidril®) ou adaptée à une acné fréquente à cet âge (Holgyeme®, Diane 35®). - Après 35 – 40 ans
- Tenir compte de l’insuffisance lutéale physiologique, du tabagisme, du poids, du terrain cardiovasculaire et mammaire.
- les macroprogestatifs discontinus (cf contraception progestative) 20 jours sur 28 ont leur place.
- Le DIU au progestatif pour celles, fréquentes, qui ont des ménorragies.
- La pilule garde une place notable en l’absence de facteur de risque.
- Postpartum : c.f. cours « Suites de couches »
- La prescription est relativement codifiée :
- Avant 2 mois : méthode naturelle ou spermicide, microprogestatif à partir du 10e j ou pilule minidosée à partir du 21ème j,
- Après 2 mois : toute méthode est possible si l’allaitement est arrêté, sinon DIU ou pilule minidosée,
- Post-abortum
- La fertilité est rétablie dès le 1er cycle s’il s’agissait d’une grossesse < 13 semaines.
La contraception pourra être démarré immédiatement. - Sportive de haut niveau
- Existence de troubles du cycle fréquents pouvant aller jusqu’à l’aménorrhée avec hypo-œstrogénie et risques de déminéralisation osseuse.
Contraception œstro-progestative logique pour compenser le déficit hormonal. Pilule « non stop » pour éviter la survenue d’une hémorragie de privation qui peut être gênante lors des compétitions, ce qui est facile à faire avec les monophasiques.
7.21.2 En fonction de l’association à certaines thérapeutiques
- Produits diminuant l’efficacité des œstroprogestatifs (++)
- Inducteurs enzymatiques du métabolisme hépatocytaire des stéroïdes contraceptifs :
- Rifampicine,
- Barbituriques anticonvulsivants (phénytoïnes, phénobarbital, primidone, carbamazèpine).
- Millepertuis (utilisé dans les petites dépressions).
Ces prescriptions doivent inciter à revoir le mode de contraception du fait d’un taux d’échec non négligeable avec la pilule. - Inhibiteurs de la réabsorption intestinale des œstroprogestatifs :
- Cholestyramine,
- Antibiotiques oraux : ampicilline, néomycine, tétracyclines surtout.
L’ensemble de ces effets est fonction de la biodisponibilité des œstroprogestatifs (facteur personnel) et de la durée du traitement intercurrent. En pratique, ceci est de peu de conséquences.
- Produits dont la toxicité hépatique ou l’efficacité est augmentée par les œstro-progestatifs :
- Association TAO-estroprogestatifs est contre-indiquée,
- Les œstroprogestatifs augmentent :
- La toxicité hépatique des IMAO, des antidépresseurs tricycliques et de l’alphaméthyldopa,
- La demi-vie plasmatique du nitrazépam, du diazépam, du chlordiazépoxide.
7.21.3 En fonction de certaines pathologies
- Insuffisance rénale
- Microprogestatifs en continus,
- Lutéran10® : 1 comprimé du 5e au 25e j du cycle.
- Problèmes dermatologiques
- Séborrhée, acné, alopécie androgénique sont améliorées ± rapidement par l’acétate de cyprotérone (Holgyème®, Diane®),
- L’érythème noueux, la sclérodermie sont des contre-indications à la contraception hormonale,
- Lupus : Lutéran10® : 1 comprimé du 5e au 25e j du cycle.
Androcur® : 1 comprimé 20 jours sur 28
- Ophtalmologie
- Avant de prescrire une contraception orale, il faut prescrire une consultation ophtalmologique dans 5 cas :
- diabète,
- myopie importante,
- glaucome,
- migraine ophtalmique,
- monophtalmie.
Consultation urgente en cas de survenue sous œstro-progestatifs de :
- Diplopie,
- Hémianopsie,
- Altération du champ visuel,
- Amaurose,
- Baisse de l’acuité visuelle.
- ORL
- Arrêt urgent des œstro-progestatifs en cas de baisse brutale de l’acuité auditive.
- Diabète
- Le stérilet est possible s’il n’y a pas d’antécédent infectieux gynécologique.
- La pilule n’est possible qu’en cas de diabète insulino-dépendant bien équilibré, sans complication oculaire.
- Il existe une place à la stérilisation dès que le nombre de grossesse souhaité a été obtenu.
- Mastopathies bénignes
- Méfiance avec la pilule estroprogestative (risque mal évalué)
- Les micropilules augmentent la dysovulation et le risque de mastodynie.
- Utilisation possible des :
- Macroprogestatifs discontinus,
- DIU
- Dystrophie ovarienne
- Contre-indication des microprogestatifs continus (faible action antigonadotrope).
Quand signes d’hyperandrogénie absents ou peu importants : minidosées à 30 gama voire normodosées Quand signes d’hyperandrogénie présents : Androcur* 50 mg/j, 20 jours par mois + dose percutanée de 17 bêta-estradiol 20 jours par mois.
7.22 Points essentiels
- Il n’y a pas de contraception idéale ; à chaque femme, à chaque couple sa contraception.
- Il y a des contre-indications à la pilule dont le dépistage repose plus sur l’interrogatoire que sur les bilans.
- Les accidents thrombo-emboliques veineux sont le principal préjudice de la pilule, quel qu’en soit le dosage et dès le premier mois d’exposition : interrogatoire et respect des contre-indications en diminuent le risque.
- L’association âge supérieur à 35 ans, pilule et tabac constitue un mélange détonnant. Entre tabac et pilule, il faudra choisir.
- Le stérilet a un risque de grossesse non négligeable parfois extra-utérine et quelques inconvénients, ménorragies en particulier. Il doit être évité chez les nulligestes du fait des risques infectieux.
La contraception est le seul moyen préventif de l’IVG ; quand elle a été oubliée, il reste la pilule du lendemain, c’est une urgence. |