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Gynécologie

Sommaire

1 - Examen gynécologique

2 - Sexualité

3 - Leucorrhées

4 - Salpingites

5 - Ulcérations génitales

6 - MST

7 - Contraception

8 - IVG

9 - Stérilité du couple

10 - Assistance Médicale à la Procréation

11 - Hémorragie génitale chez la femme

12 - Algies pelviennes

13 - Aménorrhées primaires

14 - Aménorrhée secondaire

15 - Ménopause

16 - Prolapsus I.U.E

17 - Tuméfaction pelvienne

18 - Fibrome

19 - Kyste Ovarien

20 - Dépistage des cancers

21 - Pathologie bénigne du col utérin

22 - Cancer du col

23 - Cancer de l’endomètre

24 - Cancer de l’ovaire

25 - Pathologie benigne du sein

26 - Prise en charge des victimes d’abus sexuel


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 5 - Ulcérations génitales

 

 

Objectifs :

  • Devant des ulcérations génitales, argumenter les hypothèses diagnostiques et justifier les examens complémentaires pertinents.

5.1 Introduction

C’est la perte d’intégrité des muqueuses (ou de la peau génitale) laissant à découvert le derme et s’accompagnant presque toujours d’adénopathies satellites.

Elles doivent essentiellement faire discuter trois diagnostic : l’herpès, la syphilis, le cancer.

5.2 CAT devant une ulcération génitale

5.2.1 L’interrogatoire

  • Evaluer le comportement sexuel du patient,
  • Préciser le mode de survenue, les circonstances déclenchantes, la notion de récidive, l’existence d’une automédication générale ou locale,
  • Déterminer le délai séparant la date du rapport et les premiers symptômes,
  • Evaluer l’état général du patient,
  • Antécédents (MST, terrain).

5.2.2 L’examen physique

  • Définir les caractéristiques de l’ulcération génitale,
  • Rechercher des adénopathies satellites ou générales,
  • Faire un examen génital complet, anal et buccal.

5.2.3 Les examens complémentaires

Ils doivent être guidés par le contexte clinique, l’interrogatoire et l’examen clinique soigneux.

De façon systématique on réalisera :

  • Un examen direct au microscope à fond noir,
  • Une culture cellulaire pour recherche d’herpes,
  • Une sérologie HIV, TPHA et VDRL qui seront refaites à 3 mois,
  • Puis des examens complémentaires orientés.

5.3 Quelles sont les étiologies des ulcérations génitales ?

5.3.1 Infectieuses

Plus de la moitié des ulcérations sont d’origine infectieuse.

  • L’herpès génital est la cause la plus fréquente dans nos pays industrialisés.
    Ulcérations superficielles souvent multiples, parfois groupées en bouquet, parfois précédées de vésicules à base inflammatoire ou œdématiée, non indurées.
    Image herpesperianal.jpg  Image ulcerhvulv.jpg 
    herpes vésiculaire péri anal ulcération herpétique vulvaire

  • La syphilis
    Image chasyphil.jpg
    Ulcération unique, superficielle, non douloureuse, de 5 à 15 mm de diamètre, à fond propre, à limite nette et à base indurée. Adénopathie inguinale satellite.
    chancre syphilitique

  • Zona et varicelle vulvaires
    Image zonavulv.jpg


    Même aspect que l’herpès, mais survenant dans un contexte différent.
    Les lésions vésiculaire suivent les trajets nerveuses de façon caractéristiques.
  • Une érosion candidosique (candida albicans) associée à une vulvovaginite
    Image vulvovag.jpg


    • Vulvovaginite intense, leucorrhées blanches, épaisses, adhérentes,
    • Brûlures intenses.
  • Dans le contexte de séjour en zones tropicales :
    Image lymphogra.jpg 
    lymphogranulomatose


    • Le chancre mou (haemophilus ducreyi), avec une ulcération unique ou multiple, douloureuse, étendue, creusante, sale, surinfectée,
    • La lymphogrannulomatose vénérienne (Chlamydia trachomatis de sérotype L1, L2 ou L3) ou maladie de Nicolas et Favre,
    • Le granulome inguinal (calymmatobacterium granulomatis) ou Donovanose,
    • Le chancre scabieux.

5.3.2 Dermatologique

Image eczvulv.jpg

  • L’eczéma vulvaire
  • Les maladies bulleuses
  • L’aphtose :
    Image aphtose.jpg


    Elle se manifeste par des poussées douloureuses à rythme capricieux. Les aphtes se présentent comme des ulcérations ovalaires de 2 à 10 mm de diamètre, caractérisées par un fondjaunâtre, des bords taillés à pic et cernés d’un liseré rouge vif. Ces ulcérations peuvent apparaître simultanément au niveau buccal (aphtose bipolaire) ; penser dans ces cas d’aphtose bipolaire à la maladie de Behcet (+ iritis à hypopion).

5.3.2.1 Les cancers invasifs

Image Kulc.jpg

Ils représentent 3 à 5 % des cancers génitaux et surviennent 10 ans après la ménopause. Dans plus de 50 %, ils se développent sur des états de dystrophie vulvaire préexistants, dont le prurit reste le symptôme révélateur.

La forme ulcérée d’emblée est à base indurée à limite externe irrégulière, survenant le plus souvent sur une zone de leucoplasie, dans un contexte clinique de chronicité et doit toujours entraîner un examen histologique.

5.4 Points essentiels

  • Toute ulcération génitale doit faire évoquer une cause infectieuse et réaliser un bilan de M.S.T. complet,
  • De façon systématique, on réalisera un examen direct au microscope à fond noir, une culture cellulaire pour recherche d’herpes, une sérologie HIV, TPHA et VDRL qui seront refaites à 3 mois,
  • Les ulcérations herpétiques et de la varicelle sont assez proches sur le plan clinique avec des vésicules en bouquet sur un fond inflammatoire,
  • L’ulcération syphilitique est très spécifique : unique, superficielle, non douloureuse, de 5 à 15 mm de diamètre, à fond propre, à limite nette et à base indurée avec une adénopathie inguinale satellite,
  • Les ulcérations génitales jouent un rôle important dans la transmission et dans l’acquisition de l’infection par le V.I.H.

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5.1 - Introduction
5.2 - CAT devant une ulcération génitale
5.3 - Quelles sont les étiologies des ulcérations génitales ?
5.4 - Points essentiels
5.2.1 - L’interrogatoire
5.2.2 - L’examen physique
5.2.3 - Les examens complémentaires
5.3.1 - Infectieuses
5.3.2 - Dermatologique
5.3.2.1 - Les cancers invasifs