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Gynécologie

Sommaire

1 - Examen gynécologique

2 - Sexualité

3 - Leucorrhées

4 - Salpingites

5 - Ulcérations génitales

6 - MST

7 - Contraception

8 - IVG

9 - Stérilité du couple

10 - Assistance Médicale à la Procréation

11 - Hémorragie génitale chez la femme

12 - Algies pelviennes

13 - Aménorrhées primaires

14 - Aménorrhée secondaire

15 - Ménopause

16 - Prolapsus I.U.E

17 - Tuméfaction pelvienne

18 - Fibrome

19 - Kyste Ovarien

20 - Dépistage des cancers

21 - Pathologie bénigne du col utérin

22 - Cancer du col

23 - Cancer de l’endomètre

24 - Cancer de l’ovaire

25 - Pathologie benigne du sein

26 - Prise en charge des victimes d’abus sexuel


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 23 - Cancer de l’endomètre

 

 

Objectifs :

  • Diagnostiquer une tumeur du corps utérin.
  • Expliquer les bases des classifications qui ont une incidence pronostique.
  • Argumenter l’attitude thérapeutique.
  • Planifier le suivi thérapeutique du patient.

23.1 Quels sont les principaux facteurs de risque de cancer de l’endomètre ?

Les principaux facteurs de risque sont  l’hyperœstrogénie et des facteurs génétiques : Syndrome de Lynch 2 : 4 à 11 % des patientes.

Facteurs de risque des cancers de l’endomètre :

FACTEURS DE RISQUE RISQUE RELATIF
Obésité 3 à 10 (production d’estrone par aromatisation de l’androsténédione proportionnelle au poids et à la taille)
Nulliparité 2 à 5
Ménopause tardive / Puberté précoce 2,4
Diabète, hypertension artérielle 2,7
Exposition aux estrogènes seuls 6
Tamoxifène 2,2
Ovaire polykystique ?
Contraception orale 0,5
Tabac < 1

23.2 Dans quelles circonstances, le diagnostic est évoqué ?

Il s’agit essentiellement (95 à 98 % des cas) de métrorragies post-ménopausiques ou péri-ménopausiques, en général spontanées, indolores et peu abondantes. Elles peuvent être atypiques (pertes brunâtres ou noirâtres ou suintements minimes).

Le cancer de l’endomètre doit toujours être évoqué devant la présence de métrorragies post-ménopausiques et celles-ci doivent être systématiquement explorées

Les autres signes cliniques :

  • Leucorrhées voire pyométrie. Les leucorrhées sont souvent négligées après la ménopause et doivent être explorées,
  • Pesanteurs ou douleurs pelviennes,
  • Troubles urinaires,
  • Parfois frottis de dépistage (rare), traduit une extension au col utérin.

23.3 Quelle stratégie diagnostique envisagez-vous en cas de métrorragies post-ménopausiques ?

23.3.1 A l’examen clinique

Interrogatoire :
  • apprécie l’importance des métrorragies, les facteurs favorisant,
  • recherche la notion de THS,
  • recherche des antécédents ou des facteurs de risque (c.f. supra).
Examen général :
  • Souvent pauvre,
  • Comporte l’examen des sein, la recherche d’une hépatomégalie, d’un ganglion de Troisier, de ganglions de l’aine.
Examen gynécologique :
Spéculum :
  • Col le plus souvent normal (Réalisation d’un frottis systématique),
  • On visualise parfois du sang provenant de l’utérus dans ce contexte,
  • Parfois, on réalisera dans le même temps une biopsie d’endomètre à l’aide d’une pipelle de Cornier ou d’une canule de Novack. Cependant, le col est souvent sténosé et il s’agit de prélèvements à l’aveugle. Ils n’ont de valeur que s’ils sont positifs et une biopsie négative ne doit en aucune façon éliminer le diagnostic.
  • L’envahissement tumoral du col peut être visible s’il s’agit d’un cancer de l’endomètre stade II,
  • On vérifiera l’aspect du vagin (recherche d’une métastase vaginale),
  • On appréciera la trophicité du vagin. Un vagin très trophique témoignant d’une hyperœstrogénie,
  • En cas de polype au niveau de l’endocol, il faut savoir évoquer le polype sentinelle et se méfier d’une tumeur intracavitaire.

Toucher vaginal
Le plus souvent normal (gêné par l’atrophie et l’obésité). On peut retrouver un utérus gros et mou. On recherchera une masse annexielle.

23.3.2 Examens complémentaires à visée diagnostique

Le diagnostic du cancer de l’endomètre est histologique

Echographie
  • par voie abdominale et vaginale (voire hystérosonographie avec injection intra-cavitaire de sérum).
  • Mise en évidence d’une muqueuse épaisse (> 5 mm) avec un bourgeon tumoral irrégulier,
  • elle permet de donner une idée sur la pénétration myométriale et recherche une atteinte des ovaires.
Hystéroscopie
Peut être réalisée en ambulatoire.
Le plus souvent complétée par un curetage biopsique étagé. Typiquement, elle montre une formation végétante, saignant au contact, au niveau de la cavité utérine.
Elle permet :
  • de visualiser directement les lésions,
  • d’en évaluer la topographie et en particulier l’extension au canal endocervical,
  • de guider les prélèvements histologiques.
Hystérosalpingographie
Pratiquement abandonnée en raison du développement de l’échographie endovaginale et de l’hystéroscopie.
Elle mettait en évidence des images de lacunes à bords flous, marécageuses, inhomogènes.

Seule la biopsie (l’examen histologique) va assurer le diagnostic positif de cancer de l’endomètre(++++).

NB : Parfois, l’histologie est en faveur d’une hyperplasie atypique qui présente un risque d’évolution vers le cancer de l’endomètre (état précancéreux) et impose l’hystérectomie.

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23.1 - Facteurs de risque
23.2 - Circonstances de diagnostic
23.3 - Stratégie diagnostique en cas de métrorragies post-ménopausiques
23.4 - Stratégie thérapeutique en cas de carcinome de lâ???ètre
23.5 - Facteurs pronostiques des carcinomes endométriaux
23.6 - Surveillance clinique et paraclinique
23.7 - Points essentiels
23.3.1 - A l’examen clinique
23.3.2 - Examens complémentaires à visée diagnostique