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Gynécologie

Sommaire

1 - Examen gynécologique

2 - Sexualité

3 - Leucorrhées

4 - Salpingites

5 - Ulcérations génitales

6 - MST

7 - Contraception

8 - IVG

9 - Stérilité du couple

10 - Assistance Médicale à la Procréation

11 - Hémorragie génitale chez la femme

12 - Algies pelviennes

13 - Aménorrhées primaires

14 - Aménorrhée secondaire

15 - Ménopause

16 - Prolapsus I.U.E

17 - Tuméfaction pelvienne

18 - Fibrome

19 - Kyste Ovarien

20 - Dépistage des cancers

21 - Pathologie bénigne du col utérin

22 - Cancer du col

23 - Cancer de l’endomètre

24 - Cancer de l’ovaire

25 - Pathologie benigne du sein

26 - Prise en charge des victimes d’abus sexuel


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Sexualité

 

 

Objectifs :

  • Identifier les principaux troubles de la sexualité
  • Dépister une affection organique devant un trouble de la sexualité
  • Savoir aborder la QCM de la sexualité au cours d’une consultation.

2.1 Introduction

Fréquence 15 % à 70 %.

Elle est en réalité difficile à apprécier car il est difficile de répondre par oui ou par non à la QCM : êtes vous frigide ? anorgasmique ?

Quelles sont les conditions de la réussite sexuelle féminine ?

  • On peut comparer la faim et la satiété avec l’appétit sexuel et la satisfaction sexuelle orgasmique,
  • Pour qu’il y ait réussite sexuelle féminine il faut :
    • Une intégrité anatomique avec équilibre neurohormonal,
    • Des conditions socioculturelles favorables (milieu d’éducation),
    • Que le vécu individuel de la femme ait été exempt de traumatismes psychiques ou génitaux souvent provoqués par des hommes.
  • En cas de réussite sexuelle, la femme obtiendra la satisfaction sexuelle ou l’orgasme (clitoridien ou vaginal).
  • Le rapport sexuel normal (ou eupareunie) comporte 3 aspects :
    • La libido
    • L’activité sexuelle
    • La satisfaction sexuelle ou orgasme.
    • Si il y a trouble, il y aura :
    • frigidité, hyper sexualité, apareunie,
    • vaginisme, dyspareunie.

2.2 Quels sont les principaux troubles de la sexualité ?

2.2.1 La frigidité ou anaphrodisie

C’est classiquement l’absence de satisfaction sexuelle ou d’orgasme au cours d’un rapport sexuel normal. Selon les statistiques 30 à 80 % des femmes se plaignent de frigidité.

Pour Hélène Michel Wolfröm : « toute femme qui se dit insatisfaite en amour est frigide ». Elle ajoute « la femme la plus normale est frigide à ses heures ».

La frigidité revêt de multiples formes :

  • Anaphrodisie ou insensibilité totale. Elles sont indifférentes au coït, certaines simulent la jouissance comme la marquise de Pompadour, d’autres sont coïtophobe comme l’impératrice Eugénie qui en parlant de l’amour disait « cette saleté »,
  • Absence de plaisir vaginal (critère d’eupareunie retenu par les psychanalystes) alors qu’existe un orgasme clitoridien,
  • Frigidité partielle où il existe une contradiction entre l’intensité du désir et la pauvreté des sensations éprouvées et on a le tableau de :
    • l’amoureuse frigide qui prodigue des trésors de tendresse et ne parvient pas à la plénitude du plaisir,
    • Les inassouvies qui multiplient les tentatives, comme les aventures et restent « fatiguées des hommes mais non rassasiées » Messaline citée par Juvenal,
    • La frigidité peut disparaître dans certaines conditions psychologiques et certaines positions copulatrices.

On distingue :

2.2.1.1 Les frigidités primaires

C’est une femme qui n’a jamais éprouvé d’orgasme et peut même ignorer la possibilité de celui-ci. Cette fridigité est la résultante de toute la vie de la patiente et de la relation qu’elle a avec son partenaire.

L’interrogatoire dirigé par chaque médecin selon sa propre maturité sexuelle fera préciser.

L’histoire des parents et leur description
père décédé, divorcé, beau-père non compréhensif ou entreprenant, anathème jeté par la mère au père pour ses débordements sexuels, parent ayant fait croire à une impureté de la sexualité : « ne te regarde pas, ne te touche pas ».
L’éducation sexuelle
Les conditions de son éducation sexuelle ou son absence. Vagin découvert lors des premières règles : « cette malédiction mensuelle ».
L’existence de plaisir
pendant l’enfance ou l’adolescence témoigne au médecin d’une sexualité latente d’où la nécessité de rechercher les flirts et les amours d’adolescentes. L’absence de tout souvenir à cette époque est un mauvais élément de pronostic.
Les épisodes traumatisants
Les épisodes traumatisants de l’enfance ou de l’adolescence, viol (ne pas s’attacher à le faire dire à la première consultation), aventure homosexuelle.
Les débuts de la vie amoureuse
la nuit de noce avec un mari trop ardent, pas assez tendre et patient, rapport accepté dans l’inconscience d’une ivresse non voulue, grossesse immédiate, non désirée ; avortement à la suite de la fuite du garçon, profond chagrin d’amour.

Tout ceci amène la femme à se refermer dans sa coquille.

Le mari, le partenaire de la femme frigide a été choisi selon un schéma inconscient forgé par la fillette dans son enfance « ma mère a trop souffert de mon père, je choisis mon mari autrement ».

Le partenaire
il peut faire des fautes tactiques au cours de la courtisation qui peuvent choquer.
Fautes techniques
il peut faire des fautes techniques dans « l’ars amendi »
  • Choc émotionnel de la défloration,
  • Omission des caresses préliminaires. « Il ne me caresse jamais »,
  • Impuissance ou éjaculation précoce du mari ==> nécessité d’éduquer le mari, etc,
  • Le discours du mari peut choquer,
  • La nudité peut être mal acceptée,
  • Certaines techniques font horreur (levrette),
  • Le manque de synchronisation peut être en cause, certaines femmes préfèrent le matin d’autres ne sont disponibles que le soir.
Les conditions sociales
Les conditions sociales de la vie du couple peuvent être en cause :
  • Cohabitation déplaisante de la belle-famille (peur que les plaintes amoureuses ne soient perçues de toute la famille),
  • Exiguïté de l’appartement avec intrusion fréquente des enfants,
  • Infidélité du mari.

2.2.1.2 Les frigidités secondaires

Elles s’installent après une période ou l’orgasme existait, elles sont moins bien acceptées. Elles sont le plus souvent organiques.

2.2.1.3 Le traitement de la frigidité est difficile

Le médecin en fonction de sa relation avec la patiente sera plus ou moins à l’aise pour l’aider en lui donnant quelques rudiments d’éducation sexuelle, en lui démontrant les ressorts sociaux de sa frigidité (si la patiente est très névrotique passer la main à un sexothérapeute ou si besoin à un couple sexothérapeute).

2.2.1.4 Traitement adjuvant

  • Hygiène : suppression du surmenage, vie au grand air,
  • vertu aphrodisiaque des truffes, piments, épices, crustacés, alcool, thé, café à petite dose,
  • Yohimbine® 6cp/jour,
  • œstrogène pour insuffisance ovarienne.

2.2.2 L’hypersexualité ou nymphomanie

C’est l’exagération de la libido.

C’est la fureur utérine accompagnée d’hyperesthésie vulvaire, n’aboutissant pas toujours à l’orgasme.

2.2.3 Le vaginisme

C’est une contraction involontaire et invincible des muscles releveurs de l’anus et adducteurs qui empêche l’écartement des cuisses et rend impossible tout rapport sexuel (le vaginisme est à l’intromission du pénis, ce qu’est le clignement de l’œil à la pénétration du moucheron).

Il existe des vaginismes primaires les plus fréquents, des vaginismes secondaires qui sont presque toujours organiques.

2.2.3.1 Le vaginisme primaire

Il correspond à trois mécanismes :

  1. La peur de l’acte sexuel (70 % des cas) Ces femmes ont une personnalité infantile, elles redoutent la douleur, se croient étroites, elles aiment leur partenaire mais craignent d’être anéanties par la possession.
  2. L’hostilité envers le partenaire (25 %) : ce sont des femmes masculines qui ont choisi un partenaire timide, inexpérimenté, à l’érection parfois défaillante. C’est souvent un névrotique qui aime être dominé par sa femme.
  3. L’aversion pour la sexualité normale (5 %) : il peut s’agir d’une homosexuelle active.

A l’origine de ces vaginismes, il y a :

  • Une éducation sexuelle avec rigorisme religieux, conformisme social, avec culpabilisation des plaisirs du corps,
  • Un traumatisme affectif : viol, inceste,
  • Une tendance homosexuelle latente,
  • Parfois il s’agit d’un problème psychologique entraînant le rejet du partenaire. Le vaginisme symbolise le refus d’une relation vécu comme état d’infériorité avec un homme que l’on méprise.

L’homme partenaire des vaginiques :

  1. C’est un petit névrotique, il est patient, gentil, il est anxieux, il ne tient pas longtemps, il est souvent barbu,
  2. C’est un grand maladroit, peu expérimenté, parfois brutal, qui se heurte à la double barrière de l’hymen et de l’incompréhension ou il se contente d’un rapport externe pendant des années ou il organise sa vie de son coté.

2.2.3.2 Le vaginisme secondaire

Il est généralement lié à une lésion du vagin. La pénétration est devenue impossible à la suite d’un traumatisme.

2.2.3.3 Traitement

Si lésion organique : on fait un traitement spécifique.

Si il n’y a pas de lésion organique : séance de traitement psychosomatique.

Il comprend 2-3 séances avec explication anatomique lui montrant sur des schémas comment est constitué l’appareil génital. Il faut faire prendre conscience à la femme de son appareil génital et l’aider à surmonter son angoisse.

Puis des séances où la femmes explore son corps.

Elle introduit ensuite elle mêmes des bougies de Héggar de calibre croissant avec exercice de contraction et de relâchement. Quand elle est parvenue à un calibre correct elle est invitée à explorer elle même sa cavité vaginale avec son index. On lui demande de pratiquer à domicile des exercices de contractions et relâchement des releveurs sur son doigt.

Les rapports sont autorisés quand la femme est capables d’introduire elle même la bougie n? 3O sans traumatisme.

2.2.4 Les dyspareunies

3 % des couples

Définition : ce sont des douleurs déclenchées par les relations sexuelles.

  • Les facteurs psychiques sont importants. Ce peut être une fridigité douloureuse ou ce sont des douleurs vraiment liées au coït avec retentissement sur la vie sexuelle et son équilibre psycho-affectif.

On distingue 3 types de dyspareunie :

  • Les dyspareunies superficielles ou d’intromission plutôt à composante psychique,
  • Les dyspareunies de présence plutôt à composante organique,
  • Les dyspareunies profondes, balistiques ou de choc plutôt à composante organique.

La dyspareunie est un syndrome de transition dont l’évolution se fait :

  • soit vers la rémission,
  • soit vers l’aggravation en terme de :
    • vaginisme,
    • anorgasmie,
    • frigidité,
    • mésentente conjugale.

On peut consulter sur ce sujet le site web : www.masexualite.ca

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2.1 - Introduction
2.2 - Quels sont les principaux troubles de la sexualité ?
2.3 - Dans quelles situations faut-il rechercher une pathologie organique ?
2.4 - Savoir aborder la question de la sexualité au cours d’une consultation
2.5 - Points essentiels
2.2.1 - La frigidité ou anaphrodisie
2.2.2 - L’hypersexualité ou nymphomanie
2.2.3 - Le vaginisme
2.2.4 - Les dyspareunies
2.2.1.1 - Les frigidités primaires
2.2.1.2 - Les frigidités secondaires
2.2.1.3 - Le traitement de la frigidité est difficile
2.2.1.4 - Traitement adjuvant
2.2.3.1 - Le vaginisme primaire
2.2.3.2 - Le vaginisme secondaire
2.2.3.3 - Traitement