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Gynécologie

Sommaire

1 - Examen gynécologique

2 - Sexualité

3 - Leucorrhées

4 - Salpingites

5 - Ulcérations génitales

6 - MST

7 - Contraception

8 - IVG

9 - Stérilité du couple

10 - Assistance Médicale à la Procréation

11 - Hémorragie génitale chez la femme

12 - Algies pelviennes

13 - Aménorrhées primaires

14 - Aménorrhée secondaire

15 - Ménopause

16 - Prolapsus I.U.E

17 - Tuméfaction pelvienne

18 - Fibrome

19 - Kyste Ovarien

20 - Dépistage des cancers

21 - Pathologie bénigne du col utérin

22 - Cancer du col

23 - Cancer de l’endomètre

24 - Cancer de l’ovaire

25 - Pathologie benigne du sein

26 - Prise en charge des victimes d’abus sexuel


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 10 - Assistance Médicale à la Procréation

 

10.3 - Que faut-il savoir des techniques de FIVETE ?

 

10.3.8 Analyse des résultats

L’expression des résultats et surtout leur interprétation pose des problèmes particuliers en fécondation in vitro. L’habitude est de les exprimer en « pourcentages de réussite par rapport au nombre de tentatives ». Toute la QCM est de savoir ce que l’on entend par « réussite » ou « succès » et par « tentative ».

Les résultats globaux d’une activité de fécondation in vitro n’ont pas grande signification dans la mesure où ils dépendent d’un grand nombre de critères qui peuvent fortement les influencer. Par exemple, tel groupe dont le recrutement est plus orienté vers les problèmes de stérilité masculine aura des résultats globaux plutôt moins bons que ceux d’autres groupes. Si l’équipe choisit de fixer une limite d’âge à 37 ans, les résultats devraient être meilleurs que si des patientes de 40 ans sont admises à faire une tentative. Est-ce dire que cette équipe aura mieux travaillé ? Ou encore, si une équipe choisit de faire une politique de prévention des grossesses multiples en utilisant le plus possible le cycle spontané et en limitant strictement le nombre d’embryons transférés, ses résultats globaux devraient être moins bons.

Il ne faut donc pas interpréter à la lettre les résultats globaux d’une équipe. Ils ne sont qu’une image grossière du travail réalisé. De nombreux autres critères d’évaluation doivent intervenir pour pouvoir porter un jugement valable.

Ceci étant, les résultats globaux permettent de connaître l’importance d’une activité, et à l’échelle d’un pays comme la France ils permettent de se faire une opinion sur ce qu’apporte la technique de fécondation in vitro.

Le fichier national FIVNAT recueille au fur et à mesure les données correspondant aux tentatives de fécondation in vitro. Il permet donc de faire une analyse détaillée des résultats en se basant sur de grands nombres car la plupart des groupes français collaborent à ce fichier. Il faut souligner qu’il s’agit là d’une organisation tout à fait originale pour laquelle les groupes français ont joué un rôle de précurseur et qui commence à être copiée par certains pays étrangers.

Ces résultats sont consultables sur le site Internet : http://perso.wanadoo.fr/fivnat.fr/

A titre informatif, le bilan FIVNAT 2001 qui a regroupé 39 718 tentatives donne les résultats suivants :

  FIV ICSI
Taux de grossesse / ponction 21,6 % 24,4 %
Naissance d’au moins 1 enfant vivant par ponction 17,1 % 21,1 %

Différents paramètres viennent moduler ces chiffres : l’indication qui a conduit le couple en fécondation in vitro, l’âge de la femme, le rang de la tentative…

10.3.9 Aspects psychologiques

Ils ne faut pas les faire disparaître derrière la technique. Un couple qui n’arrive pas à avoir les enfants qu’il désire est un couple en détresse. Avant d’avoir recours à la fécondation in vitro il a déjà derrière lui une longue histoire d’infertilité, depuis le moment de sa découverte (découverte progressive, au fur et à mesure des cycles inféconds) en passant par la phase du bilan diagnostique et celle des premières tentatives thérapeutiques conclues par un échec. Le recours à une technique « artificielle » n’est pas un traumatisme en soi, si elle devait se conclure par un succès. Mais là où les difficultés commencent, c’est lorsque « après tout cela », il n’y a toujours rien : Encore l’échec, et l’espoir qui s’éteint progressivement…

Le profil psychologique parfois particulier des couples stériles n’est pas la cause de la stérilité ni de l’échec du traitement. Il est la résultante du vécu de la stérilité et de l’usure apportée par les espoirs déçus. La technique de la fécondation in vitro, dans la mesure où elle aussi se conclurait par un échec, peut apporter un surcroît de difficultés psychologiques. Elles sont d’autant plus importantes que la fécondation in vitro est une technique « lourde » aussi bien du point de vue de l’investissement « temps » qui est demandé au couple, que du caractère invasif et intrusif des examens et des interventions médicales et biologiques, ainsi que du point de vue de l’espoir qui est généré, cette méthode étant considérée - à tort plus souvent qu’à raison - comme une technique miraculeuse ou un ultime recours. Le couple va devoir une fois de plus assumer ce traumatisme psychologique. Certains ne le peuvent pas, et si l’équilibre du couple est en péril il ne faut pas proposer ce type de traitement.

10.3.10 Aspects éthiques et règlementaires

La fécondation in vitro et son emploi en clinique humaine crée un champ nouveau d’interrogations que l’homme doit se poser à lui-même. La fécondation in vitro est en effet une forme de « création de la vie ». Sa réalisation nécessite un certain nombre d’interventions techniques sur lesquelles il est légitime de s’interroger. Surtout, elle donne accès aux embryons humains, ce qui peut être le point de départ de toute une série d’interventions possibles dont certaines sont sans doute justifiées, mais pas toutes.

La fécondation in vitro n’est une technique acceptable dans ses applications à l’espèce humaine que si sa pratique répond à un certain nombre de règles. Ces règles ont été définies par les professionnels eux-mêmes réunis au sein du GEFF (Groupe pour l’Étude de la Fécondation in vitro en France) dans le « GBP-AMP » (cf début du cours).

D’un point de vue réglementaire, les Lois de bioéthiques du 29 Juillet 1994 encadrent notre pratique en France. Elles sont actuellement en cours de révision. A ce jour, l’A.M.P. est possible :

  • chez des couples hétérosexuels (et pas chez une femme seule),
  • dont les deux membres du couple sont vivants au moment de la tentative,
  • en âge de procréer,
  • mariés ou concubins pouvant faire la preuve d’une vie commune d’au moins 2 ans.

L’équipe médicale doit avoir en son sein un biologiste et un clinicien agréés pour ces techniques. L’agrément est nominal. L’équipe doit rendre un bilan annuel au ministère de la santé.

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10.1 - Que signifie « Assistance médicale à la procréation » ?
10.2 - Que faut-il savoir des techniques d’insémination artificielle ?
10.3 - Que faut-il savoir des techniques de FIVETE ?
10.4 - Points essentiels
10.3.1 - Les principales indications
10.3.2 - Le recueil de gamètes féminins
10.3.3 - Les critères du déclenchement de l’ovulation
10.3.4 - La ponction folliculaire
10.3.5 - La phase biologique
10.3.6 - Transfert embryonnaire
10.3.7 - Complications
10.3.8 - Analyse des résultats
10.3.9 - Aspects psychologiques
10.3.10 - Aspects éthiques et règlementaires