Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Endocrinologie

Table des matières

1 - Exploration de la glande thyroïde

2 - Les goitres (240)

3 - Nodules thyroïdiens : les cancers (240)

4 - Nodules thyroïdiens : conduite à tenir (240)

5 - Les hyperthyroïdies (245)

6 - Les hypothyroïdies (247)

7 - Hypercalcémies (318)

8 - Exploration des glandes surrénales

9 - Insuffisance surrénale (254)

10 - HTA d’origine endocrinienne : démarche diagnostique, causes (129)

11 - HTA d’origine endocrinienne : syndrome de Cushing (129)

12 - Néoplasies endocriniennes multiples (240, 318, 129, 205)

13 - Aménorrhées : aspects endocriniens (295)

14 - Hirsutismes (295)

15 - La ménopause (55)

16 - Hypogonadisme masculin, impuissance d’origine endocrinienne (338)

17 - Exploration de l’ante hypophyse

18 - Adénomes hypophysaires : diagnostic, complications (219)

19 - Adénomes hypophysaires : acromégalie (219)

20 - Adénomes hypophysaires : adénomes à prolactine (219)

21 - Insuffisance ante hypophysaire (219)

22 - Epidémiologie, clinique et traitement des diabètes (232)

23 - Complications chroniques du diabète sucré (232)

24 - Complications métaboliques aiguës du diabète sucré (232)

25 - Trouble de conscience chez un diabétique : conduite à tenir

26 - Surveillance d’un diabétique (232)

Glossaire


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 20 - Adénomes hypophysaires : adénomes à prolactine (219)

 

 

Auteurs : S. Christin, E. Bruckert 2005

20.1 Rappel physiologique

La prolactine est une hormone polypeptidique de 198 acides aminés synthétisée et sécrétée par les cellules lactotropes de l’antéhypophyse.

20.1.1 Rôle de la prolactine

Dans l’espèce humaine, la prolactine s’élève pendant la grossesse et participe au développement de la glande mammaire. Les estrogènes qui représentent la principale hormone stimulant le développement mammaire pendant la grossesse bloquent les effets de la prolactine sur la lactation. Après l’accouchement, la chute des estrogènes et de la progestérone permet l’initiation de la lactation. La prolactine ne semble pas jouer de rôle physiologique dans l’espèce humaine en dehors de la grossesse et du postpartum.

20.1.2 Contrôle de la sécrétion de Prolactine

  • Contrôle inhibiteur. Le contrôle hypothalamique de la sécrétion de Prolactine est principalement un contrôle de type inhibiteur. La dopamine inhibe la libération de Prolactine. Les drogues inhibant les récepteurs dopaminergiques ou provoquant une déplétion hypothalamique en dopamine induisent ainsi une hyperprolactinémie.
  • Contrôle stimulant la libération de la Prolactine. Le TRH (Thyreotropin Releasing Hormone) est un puissant stimulateur de la sécrétion de Prolactine. Beaucoup d’autres hormones induisent une libération de la Prolactine : le VIP, les sérotoninergiques, les estrogènes.

20.1.3 Mesure des taux circulants de la prolactine

Les valeurs physiologiques de la prolactine mesurées par dosage radioimmunologique (RIA) sont inférieures à 15-20 ng/ml chez l’homme et chez la femme. Les principaux facteurs physiologiques induisant une hyperprolactinémie sont : la grossesse, l’allaitement, la stimulation du mammelon en dehors de la grossesse, l’exercice, le stress, l’âge néonatal ou le sommeil. Il existe un rythme nycthéméral de la prolactine. Le taux s’élève 60 à 90 minutes après l’endormissement. Son pic est obtenu en général entre 4 et 7 heures du matin. La prolactine faisant partie des hormones induites par le stress, deux prélèvements doivent être pratiqués avant d’affirmer une hyperprolactinémie lorsque la valeur est inférieure à 100 ng/ml.

20.2 Diagnostic positif

Les signes d’appel sont :

  • liés aux conséquences de l’hyperprolactinémie
  • ou liés à l’étiologie

Le diagnostic d’hyperprolactinémie étant fait par le dosage de prolactine.

20.2.1 Conséquences de l’hyperprolactinémie

  1. Galactorrhée, spontanée ou seulement provoquée, fréquente chez la femme (présente chez 60 à 90 % des patientes porteuses d’un adénome à prolactine), très rare chez l’homme.
  2. Signes d’hypogonadisme.
    L’hyperprolactinémie induit un hypogonadisme hypogonadotrope par altération de la pulsatilité de la GnRH d’origine hypothalamique.
    • Chez l’enfant, l’hyperprolactinémie se manifeste par un impubérisme.
    • Chez la femme, l’hyperprolactinémie entraîne par une spanioménorrhée avec anovulation, au maximum aménorrhée secondaire, une infertilité. Dans certains cas, il existe des signes d’hypoestrogénie importante avec ostéoporose. L’incidence des troubles du cycle menstruel est de 60 à 90 % des femmes présentant une hyperprolactinémie.
    • Chez l’homme, l’hyperprolactinémie entraîne une impuissance, des troubles de la libido, parfois une gynécomastie. Dans certains cas il existe une oligospermie.

20.2.2 Signes d’appel selon l’étiologie

Les signes de retentissement tumoral constituent surtout le mode de révélation des macroadénomes hypophysaires (tumeurs supérieures à 1 cm). Les altérations des autres lignées anté et posthypophysaires traduisent l’existence d’une pathologie hypothalamo-hypophysaire :

  1. Signes de retentissement tumoral (cf « adénomes hypophysaires »)
    • céphalées
    • compression chiasmatique avec hémianopsie bitemporale, au maximum cécité
    • atteinte des paires crâniennes III, IV, V, VI en cas d’extension vers les sinus caverneu
    • au maximum signes d’hypertension intracrânienne avec nausées vomissements, signes neurologiques
  2. Signes d’altération des autres lignées cellulaires hypophysaires
    • insuffisance corticotrope par destruction des cellules corticotropes antéhypophysaires
    • insuffisance thyréotrope par destruction des cellules thyréotropes antéhypophysaires
    • insuffisance somatotrope par destruction des cellules somatotropes responsable d’une petite taille chez l’enfant
    • diabète insipide par altération des neurones posthypophysaires responsables de la sécrétion d’ADH. Ce signe ne se voit que dans certaines circonstances (cause infiltratives ou complications neurochirurgicales) mais n’est jamais présent dans un adénome hypophysaire non opéré.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
20.1 - Rappel physiologique
20.2 - Diagnostic positif
20.3 - Diagnostic étiologique
20.4 - Traitement des adénomes à prolactine
20.1.1 - Rôle de la prolactine
20.1.2 - Contrôle de la sécrétion de Prolactine
20.1.3 - Mesure des taux circulants de la prolactine
20.2.1 - Conséquences de l’hyperprolactinémie
20.2.2 - Signes d’appel selon l’étiologie