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Endocrinologie

Table des matières

1 - Exploration de la glande thyroïde

2 - Les goitres (240)

3 - Nodules thyroïdiens : les cancers (240)

4 - Nodules thyroïdiens : conduite à tenir (240)

5 - Les hyperthyroïdies (245)

6 - Les hypothyroïdies (247)

7 - Hypercalcémies (318)

8 - Exploration des glandes surrénales

9 - Insuffisance surrénale (254)

10 - HTA d’origine endocrinienne : démarche diagnostique, causes (129)

11 - HTA d’origine endocrinienne : syndrome de Cushing (129)

12 - Néoplasies endocriniennes multiples (240, 318, 129, 205)

13 - Aménorrhées : aspects endocriniens (295)

14 - Hirsutismes (295)

15 - La ménopause (55)

16 - Hypogonadisme masculin, impuissance d’origine endocrinienne (338)

17 - Exploration de l’ante hypophyse

18 - Adénomes hypophysaires : diagnostic, complications (219)

19 - Adénomes hypophysaires : acromégalie (219)

20 - Adénomes hypophysaires : adénomes à prolactine (219)

21 - Insuffisance ante hypophysaire (219)

22 - Epidémiologie, clinique et traitement des diabètes (232)

23 - Complications chroniques du diabète sucré (232)

24 - Complications métaboliques aiguës du diabète sucré (232)

25 - Trouble de conscience chez un diabétique : conduite à tenir

26 - Surveillance d’un diabétique (232)

Glossaire


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.7
V. Morice


Chapitre 2 - Les goitres (240)

 

 

Auteur : F. Duron 2001

2.1 Définitions

  • Un goitre est une hypertrophie de la glande thyroïde, quelle qu’en soit la nature.
  • Un goitre « simple » est une hypertrophie du corps thyroïde, de nature bénigne, non inflammatoire, sans dysthyroïdie : les cancers, thyroïdites, hyper et hypothyroïdies sont donc exclus de cette définition, mais ces affections s’accompagnent généralement de goitre (voir les textes sur ces différentes pathologies) et peuvent compliquer un goitre « simple ».

Image goitre_Ethiopie.jpg  Image ange_goitreux_croatie.jpg 
goitre endémique (source : ICCIDD/OMS)
famille éthiopienne ange goitreux en Croatie
Image goitre_face2.jpg  Image goitre_profil2.jpg 
goitre sporadique sus sternal
Image goitre_plongeantRP2.jpg  Image goitre_plongeantTDM.jpg 
Radiographie de thorax de face : goitre plongeant à gauche refoulant la trachée vers la droite goitre plongeant, TDM
Image KEZ_goitre_intrathorax1.jpg  Image goitre_compressifGAD.jpg 
goitre intrathoracique goitre compressif

2.2 Epidémiologie

  • Il s’agit d’une affection extrêmement fréquente et le goitre « simple » est la pathologie endocrinienne la plus répandue dans le monde. Son incidence augmente avec l’âge et à partir de la puberté, il existe une forte prépondérance féminine.
  • Selon la prévalence du goitre dans la population, on parle de :
    • Goitre endémique, lorsque plus de 10 % de la population âgée de 6 à 12 ans est atteinte. De nombreux pays sont touchés, surtout les régions montagneuses : Himalaya, Cordillière des Andes, Afrique centrale, mais aussi l’Europe (97 millions de goitreux en 1992 : Europe de l’Est, centrale et du Sud et dans notre pays, Alpes, Pyrénées, Centre. En France, une enquête nationale réalisée dans les écoles en 1986 a rapporté une prévalence globale de 16,7 % avec d’importantes disparités selon les régions.
    • Goitre sporadique : par définition, moins de 10 % de la population considérée est atteinte, surtout de sexe féminin. Ces goitres ont un caractère familial très fréquent.

2.3 Classification

2.3.1 Clinique

L’OMS, en 1974, a proposé la classification clinique suivante, approximative mais utile pour les enquêtes épidémiologiques :

  • Stade 0-A : pas de goitre
  • Stade 0-B : goitre uniquement palpable, non visible le cou en hyperextension
  • Stade I : goitre palpable et visible seulement en hyperextension
  • Stade II : goitre visible le cou en position normale
  • Stade III : très gros goitre visible à distance.

2.3.2 Anatomopathologique

La formation d’un goitre peut parcourir plusieurs stades ou en rester à l’un d’entre eux. Par ordre théorique d’apparition :

  1. Goitre diffus, de structure homogène, pouvant être réversible
    • parenchymateux, surtout rencontré chez l’enfant : multiplication des vésicules contenant peu ou pas de colloïde.
    • colloïde, avec vésicules de grande dimension remplies de colloïde.
  2. Goitre nodulaire, constitué après plusieurs années d’évolution, non réversible
    • goitre nodulaire hyperplasique, avec multiples micro-nodules (moins de 1cm)
    • goitre nodulaire parenchymateux, avec nodules allant de quelques mm à plusieurs cm par prolifération des cellules vésiculaires, entourés d’une capsule fibreuse.
    • goitre nodulaire colloïde : multiples nodules non encapsulés, mal limités.

    Ces goitres nodulaires sont le siège de remaniements secondaires :
    • hémorragies,
    • nécrose avec aspects pseudo kystiques
    • macro-calcifications dont la présence témoigne du caractère ancien du goitre

2.4 Etiologie, physiopathologie

2.4.1 Goitrogénèse

Toute situation réalisant une entrave au fonctionnement normal de la thyroïde peut entraîner une hypertrophie compensatrice de la glande :

  • La stimulation par la TSH est le premier facteur invoqué. Néanmoins, il n’existe pas toujours de corrélation entre le taux de TSH et le volume de la glande, et des goitres peuvent continuer à progresser malgré l’administration d’hormones thyroïdiennes qui freinent la TSH.
  • D’autres facteurs de croissance sont donc possiblement impliqués : EGF ; IGF 1 ; interleukine 1 ; anticorps stimulant le récepteur de la TSH (TGI : Thyroid Growth Immunoglobulins, dont l’existence est actuellement contestée) ; mutations du R-TSH, possibles, non démontrées à l’heure actuelle.
  • Enfin, la tendance naturelle de la thyroïde normale est d’évoluer vers la dystrophie : au sein d’un même follicule thyroïdien, certaines cellules ont un pouvoir de replication plus important que d’autres. Si ces cellules ont un équipement important en enzymes elles vont produire des nodules « chauds », sinon des nodules « froids »

2.4.2 Facteurs goitrogènes

  1. Carence iodée
    C’est la première cause de goitre endémique. Dans les zones de grande endémie goitreuse, l’iodurie des 24 h est effondrée et la supplémentation en iode diminue l’incidence du goitre. Dans les régions où elle est > 100 μg/24h, la prévalence du goitre est faible.
  2. Substances goitrogènes alimentaires
    Dues à des thiocyanates, qui inhibent la captation de l’iode, son organification et le couplage des iodothyrosines :
    • végétaux du genre brassicae : choux, navet, rutabaga, crucifères nourrissant les vaches (épidémies de goitres en Finlande dues au lait)
    • manioc, soja, millet, sorgho (qui nourrissent les populations exposées de plus à une grande carence iodée)
    • lentilles, oignons, ail
    • eau de boisson, pouvant contenir des substances polluantes antithyroïdiennes : résorcinol, phtalatates, disulfides organiques.
  3. Médicaments
    • antithyroïdiens de synthèse,
    • lithium,
    • (OP’DDD, Résorcine, PAS)
  4. Troubles incomplets de l’hormonosynthèse par déficit enzymatique
  5. Facteurs génétiques
    • concordance entre vrais jumeaux : 40 %
    • par troubles de l’hormonosynthèse dus à des mutations génomiques (pendrine, NIS, thyroglobuline) qui n’entraînent pas toujours une insuffisance thyroïdienne associée.
  6. Physiologiques
    Un goitre est fréquent dans des périodes où le besoin en synthèse d’hormones thyroïdiennes est augmenté :
    • puberté
    • grossesse, allaitement (ceci explique peut-être en partie la prépondérance féminine de l’affection).

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2.1 - Définitions
2.2 - Epidémiologie
2.3 - Classification
2.4 - Etiologie, physiopathologie
2.5 - Exploration d’un goitre
2.6 - Complications
2.7 - Traitement
2.3.1 - Clinique
2.3.2 - Anatomopathologique
2.4.1 - Goitrogénèse
2.4.2 - Facteurs goitrogènes