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Table des matières 1 - Diabète : épidémiologie, diagnostic, étiologie 2 - Physiopathologie du diabète de type 1 3 - Physiopathologie du diabète de type 2 4 - Diabète et grossesse 5 - Suivi du patient diabétique de type 2 (ANAES) 6 - Complications du diabète (type 1 et 2) 7 - Acidose lactique 8 - Acidocétose diabétique 9 - Coma hyper-osmolaire 10 - Rétinopathie diabétique 11 - Etude du D.C.C.T : Diabetes Control and Complications Trial Research Group 12 - Etude de l’U.K.P.D.S : United Kingdom Prospective Diabetes Study 13 - Traitement du diabète de type I 14 - Traitement du diabète de type 2 15 - Hypoglycémie
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traduction HTML V2.7 V. Morice
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Chapitre 4 - Diabète et grossesse (y compris diabète gestationnel) : Diagnostic, Complications, Principes du traitement | | |
Question d’internat n° 165 4.1 Diabète de type I et de type II
Les risques principaux sont d’une part les malformations liées à l’hyperglycémie lors des 1ère semaines de grossesse (qui sont responsables de la moitié de la mortalité néonatale) et d’autre part, les complications néonatales liées à l’hyperinsulinisme fœtal développé à partir du 2ème trimestre (macrosomie avec traumatisme néonatal, hypoglycémie...). La règle est donc d’une part d’obtenir un équilibre glycémique parfait à la fois au moment de la conception (ce qui sous-entend une programmation des grossesses), pendant la grossesse, mais aussi pendant l’accouchement, et d’autre part, un suivi mixte diabétologique et obstétrical rapproché. Grâce à ces progrès dans la prise en charge des grossesses diabétiques, le pourcentage de mortalité périnatale est proche de celui des autres grossesses (1 % environ). 4.1.1 Les complications
- 1er trimestre : organogénèse : risque = malformations
Une prise en charge après 8 SA multiplie le risque de malformation de 5 à 6 fois par rapport à une prise en charge avant la conception. Elles sont :- non spécifiques du diabète (sauf le syndrome de régression caudale, exceptionnel).
- le plus souvent, malformations cardiaques :
- persistance du canal artériel
- communication interventriculaire
- coarctation aortique
- malformations neurologiques :
- spina-bifida
- hydrocéphalie
- anencéphalie
- malformations rénales.
Conséquences de ces malformations :- fausses couches spontanées
- mortalité néonatale.
- 2ème trimestre : développement fœtal :
Hyperglycémie + excès d’acides aminés et d’acides gras libres ⇓ hyperinsulinisme fœtal ⇓ hyperanabolisme fœtal ⇒- macrosomie (développée aux dépends des tissus insulino-sensibles avec augmentation du périmètre abdominal alors que le diamètre bipariétal et la longueur fémorale restent normaux)
- hypoxie tissulaire (d’où production excessive d’érythropoïétine, d’où polyglobulie et hyperbilirubinémie)
- retard de la maturation pulmonaire (lié directement à l’hyperinsulinémie)
- hypertrophie cardiaque septale
- Accouchement :
- Traumatisme fœtal secondaire à la macrosomie
- Hypoglycémie sévère du nouveau-né (enfant hyperinsulinique dont les enzymes de la glycogénolyse sont inhibées)
- Hypocalcémie (carence brutale des apports maternels chez ces enfants en hyperanabolisme)
- Hyperbilirubinémie/polyglobulie (secondaire à l’hypoxie)
- Détresse respiratoire transitoire par retard de résorption du liquide amniotique
- Maladie des membres à hyalines.
4.1.2 Facteurs de mauvais pronostic lors d’une grossesse chez une femme diabétique
- insuffisance rénale préexistante à la grossesse : la mortalité fœtale in-utéro est alors de 50 %
- aggravation pendant la grossesse de l’hypertension artérielle, de la protéinurie, de l’insuffisance rénale
- insuffisance coronarienne : risque de mortalité maternelle de 50 %, donc grossesse très fortement déconseillée, voire indication d’une interruption thérapeutique de grossesse.
- pyélonéphrite aiguë
- acidocétose diabétique ⇒ mortalité fœtale in-utéro de 50 %
- cétose simple prolongée : rôle néfaste sur le développement du système nerveux.
- pré-éclampsie : fréquente chez les diabétiques de type 1 ayant une microangiopathie et chez les diabétiques de type 2 obèses.
NB : hypertension artérielle et grossesse : se définit par une pression artérielle systolique ≥ 140 mmHg ou une pression diastolique ≥ 90 mmHg à 2 reprises (tension artérielle prise au repos en décubitus latéral gauche ou assis). L’hypertension artérielle est souvent secondaire à une insuffisance placentaire, d’où nécessité d’améliorer les débits sanguins placentaires. Traitement : Objectifs : diminution progressive de la pression artérielle en évitant de descendre en-dessous de 13/8. - repos
- contre-indication des régimes désodés, des diurétiques et des inhibiteurs de l’enzyme de conversion
- anti-hypertenseurs centraux (ALDOMET*, CATAPRESSAN*)
- vasodilatateurs (NEPRESSOL*, MINIPRESS*, ALPRESS*) et bêtabloquants
- si microangiopathie diabétique et/ou anomalie de signal au doppler utérin lors de la 2ème échographie, traitement par ASPIRINE 100 mg/j (à discuter avec l’obstétricien), interruption de l’ASPIRINE à 34 SA (en prévision de l’accouchement).
4.1.3 Prise en charge de la grossesse chez une femme diabétique (diabète de type 1 et 2)
Prise en charge glycémique : - Grossesse programmée (ce qui sous-entend une contraception orale fiable avant la grossesse)
- arrêt des sulfamides (risque tératogène) et des biguanides
- insulinothérapie avec pour objectif la normoglycémie : HbA1c normale, glycémie à jeun inférieure ou égale à 0,9 et post prandiale inférieure ou égale à 1,20 g/l pour le diabète de type 2, et pour le type 1 moyenne glycémique entre 0,6 et 1,60 g/l. Ces objectifs seront les mêmes pendant toute la grossesse. Schéma d’insuline « type » : semi-lente matin et soir (NPH) et insuline rapide aux 3 repas. Pour le diabète de type 1, ce schéma peut être aussi remplacé par une semi-lente le matin et au coucher et 3 rapide aux repas, ou 3 rapide aux repas et 1 insuline lente au coucher. Pour le diabète de type 2, ce schéma peut être remplacé par 3 rapide matin, midi et soir et 1 semi-lente le soir ou un mélange matin et soir + insuline rapide le midi.
l n’y a donc pas de schéma « tout fait » mais le bon schéma est celui qui permet d’obtenir les objectifs glycémiques. - nécessité afin d’obtenir ces objectifs d’un auto-contrôle glycémique avant et 90 minutes après le repas et au coucher, afin de pouvoir faire un correctif thérapeutique immédiat (collation si inférieure à 0,60 g/l, ajout d’insuline rapide si supérieure à 1,60 g/l).
- consultation diabétologique tous les 15 jours (cf. tableau « Surveillance d’une femme diabétique lors d’une grossesse (diabète type 1 et 2) »).
| Surveillance d’une femme diabétique lors d’une grossesse (diabète type 1 et 2) |
| Diabétologue |
Obstétricien |
| Déroulement de la grossesse |
| Début de la grossesse |
Consultation tous les 15 jours :- Poids, TA
- Bandelette urinaire
- Fructosamine / 15 jours
- HbA1c, uricémie / 2 mois
- FO vers 26-28 SA (1x/mois si rétinopathie)
- ASPEGIC 100 mg : 11ème à 34ème SA si rétinopathie et si HTA.
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- Echographie 20-22 SA → morphologie
- Echographie 32 SA → paramètres analysés à l’échographie :
- biométrie
- structure placentaire
- liquide amniotique
- Doppler artère utérine si microangiopathie, HTA ou retard de croissance intra-utérin
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| Avant la grossesse |
- Recherche de foyer infectieux (stomato++)
- Bilan complet du diabète, notamment :
- FO voire angiographie
- créatinine, μalbuminurie
- HbA1C : HbA1C < 7 % → grossesse possible
- Mise à l’insuline si diabète de type 2 et arrêt des anti-diabétiques oraux
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- Sérodiagnostic toxoplasmose, rubéole, syphilis, VIH
- groupe Rh, RAI
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| Accouchement |
- Insulinothérapie I.V. + G10 %, surveillance glycémique/1h, objectifs glycémiques 0,6 à 1 g/l
- Prévention hypoglycémie et hypocalcémie néonatales avec surveillance glycémie capillaire pendant 48 h
Après accouchement :- diabète type 1 : besoin en Insuline diminué 50 %, reprendre le même traitement que celui antérieur à la grossesse en diminuant un peu les doses.
- diabète de type 2 : si allaitement, poursuivre l’insuline ; si pas allaitement, reprise des A.D.O.
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- Césarienne non systématique ; césarienne si :
- bassin étroit
- utérus pluricicatriciel
- grossesse gémellaire
- macrosomie
- souffrance fœtale
- Accouchement programmé le plus souvent :
- hospitalisation à 32 SA si équilibre glycémique imparfait ou problème obstétrical,
- sinon hospitalisation à 36-38 SA → déclenchement dès que conditions locales le permettent.
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| FO |
Echographie 11-12 SA → terme |
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