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Table des matières 1 - Diabète : épidémiologie, diagnostic, étiologie 2 - Physiopathologie
du diabète de type 1 3 - Physiopathologie du diabète de type 2 4 - Diabète et grossesse 5 - Suivi du patient diabétique de type 2 (ANAES) 6 - Complications du diabète (type 1 et 2) 7 - Acidose lactique 8 - Acidocétose diabétique 9 - Coma hyper-osmolaire 10 - Rétinopathie diabétique 11 - Etude du D.C.C.T :
Diabetes Control and Complications Trial Research Group 12 - Etude de l'U.K.P.D.S : United Kingdom Prospective
Diabetes Study 13 - Traitement du diabète de type I 14 - Traitement
du diabète de type 2 15 - Hypoglycémie
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traduction HTML V2.3 V. Morice
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Chapitre 4 - Diabète
et grossesse (y compris diabète gestationnel) : Diagnostic, Complications,
Principes du traitement
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4.2 - Diabète gestationnel
4.2.1 Définition
Le diabète
gestationnel est défini comme une intolérance au glucose de sévérité
variable survenant ou diagnostiquée pour la première fois pendant la
grossesse, quelque soit le terme de cette grossesse, quelque soit le traitement nécessaire
et l'évolution après l'accouchement. Le diagnostic est généralement
fait entre la 24 et 28ème SA (6ème mois). La fréquence
du diabète gestationnel est très variable à travers le monde
et est estimée en France 4 à 6 % des grossesses. Les facteurs de
risque de diabète gestationnel sont : l'âge maternel (> 30
ou 35 ans), le surpoids maternel avant la grossesse (BMI > 25 kg/m2),
la prise de poids excessive pendant la grossesse, l'origine ethnique (origine indienne
et asiatique, notamment chinoise ; le risque chez les races noires et hispaniques
est plus controversé), les antécédents familiaux de diabète,
les antécédents de diabète gestationnel ou de macrosomie, les
antécédents d'hypertension artérielle. 4.2.2 Complications du diabète
gestationnel
- Immédiates : il s'agit le plus souvent d'une hyperglycémie
développée au 2ème trimestre de la grossesse. L'organogenèse
est donc déjà effectuée. Il n'existe donc pas de malformation
foetale. Le risque est donc lié à l'hyperinsulinisme foetal (cf. diabète
de type 1 et 2 au 2ème trimestre), avec pour risque principal,
la macrosomie. La macrosomie est définie soit par un poids de naissance supérieur
à 4 kg, soit par un poids de naissance supérieur au 90ème percentile
(sur la courbe de Leroy-Lefort qui tient compte du terme). Il semble cependant qu'il
faudrait également tenir compte de la taille de l'enfant à la naissance
dans l'estimation de la macrosomie.
- A long terme : le risque de diabète
de type 2 chez la mère est de 20 à 50 % des cas
en fonction du BMI des femmes pré-grossesse. Pour l'enfant, le risque est
une obésité d'une part et un diabète de type 2 d'autre
part.
4.2.3 Diagnostic et dépistage du diabète gestationnel
Il n'y a pas de
test diagnostic parfaitement validé pour le diabète gestationnel. Différents
tests diagnostiques sont en fait proposés à travers le monde, et c'est
la seule situation où l'HGPO a encore sa place. Ces différents tests
sont soit le test de O'Sullivan (mesure de la glycémie 1 heure après
l'ingestion de 50 g de glucose per os, suivie d'une hyperglycémie provoquée
par voie orale avec 100 g de glucose si cette glycémie est supérieure
à 1,30 g/l) pour certains, ou encore une hyperglycémie provoquée
par voie orale avec 75 g de glucose per os pour d'autres. Les seuils proposés
dans ces différents tests sont probablement trop élevés. Cependant,
pour tout le monde, une glycémie à jeun supérieure ou égale
à 1 g/l et/ou post-prandiale supérieure à 1,40 g/l,
est anormale et doit déboucher sur une prise en charge thérapeutique
à base de diététique et/ou d'insulinothérapie. Il n'y
a pas non plus consensus sur le dépistage du diabète gestationnel.
Cependant, il paraît logique de ne pas dépister les femmes de moins
de 25 ans, ayant un poids normal avant la grossesse, sans antécédent
familial de diabète. Il paraît par contre légitime de dépister
toutes les femmes qui ont un facteur de risque de macrosomie. Le dépistage
s'effectue entre 26 et 28 semaines d'aménorrhée.
| Facteurs
de risque de macrosomie |
| (en dehors de la glycémie) |
- BMI avant la grossesse > 25 kg/m2
- Age > 35 ans
- Prise
de poids excessive pendant la grossesse
- Parité élevée
- Antécédent
familial marqué de diabète de type 2
- Antécédent de
diabète gestationnel
- Antécédent de macrosomie
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4.2.4 Surveillance de
la grossesse
- Diététique : la plupart des diabètes gestationnels
sont traités par régime seul. La base de ce régime est le fractionnement.
L'apport calorique va de 2 000 à 1 500 kcal/j selon le poids de la patiente
soit environ 20 à 30 kcal/kg avec un apport glucidique de 250 à
180 g/24h en privilégiant les glucides à index glycémique
bas (légumineuses et pâtes). Le régime est fait de 3 repas
et de 3 collations.
- Insulinothérapie : en l'absence de facteur de
risque de macrosomie (cf. tableau de facteurs de risque de macrosomie) ou de problème
obstétrical (HTA gravidique notamment) et après 2 semaines de
régime fractionné, l'insulinothérapie est instituée si
la glycémie à jeun
1,05 g/l et/ou la glycémie
90 minutes après le repas 1,40 g/l. S'il existe un ou plusieurs
facteurs de risque, l'insulinothérapie est instituée si la glycémie
à jeun est 0,9 g/l
et/ou la glycémie postprandiale 1,20 g/l malgré la diététique.
Le schéma d'insulinothérapie est variable selon le profil glycémique.
Si seules les glycémies postprandiales sont élevées, le schéma
sera composé d'une injection d'insuline rapide avant chaque repas. Si la glycémie
à jeun au réveil est élevée, on pourra effectuer une
insuline semi-lente (NPH) au coucher. Si les glycémies à jeun et après
les repas sont élevées, on fera appel à un mélange NPH/rapide
50/50 le plus souvent. Les femmes sont suivies tous les 15 jours avec prise du
poids, de la pression artérielle, on s'assure de l'absence d'oedèmes
des membres inférieurs, contrôle de la bandelette urinaire avec analyse
des glycémies capillaires (6 auto-contrôles/j avant et 1h30 après
chaque repas) et adaptation des doses d'insuline. - Suivi obstétrical :
lorsque les objectifs glycémiques sont atteints et en l'absence de complications,
la surveillance et l'accouchement ne présentent pas de particularité.
En cas de mauvais équilibre glycémique ou de retentissement foetal
(macrosomie, hypertrophie septale) ou encore s'il existe par ailleurs une hypertension
artérielle, la surveillance doit être rapprochée, estimée
au cas par cas par l'obstétricien.
Le mode d'accouchement est fonction du degré
de macrosomie foetale (en sachant que l'échographie n'a une sensibilité
pour détecter la macrosomie que de 50 %). En l'absence de consensus,
l'attitude suivante est proposée : si le poids foetal est estimé 4 500 grs,
une césarienne de principe est indiquée. Dans les autres cas, un déclenchement
dans la 39ème SA peut être envisagé en cas de macrosomie.
Le choix de la voie d'accouchement dépend de la confrontation foeto-pelvienne. La
surveillance de l'enfant doit être renforcée au minimum les 24 premières
heures après l'accouchement (glycémie toutes les 2 heures). Celle-ci
doit rester supérieure à 0,40 g/l. - L'allaitement doit être
conseillé car il contribue au retour à la normale de la tolérance
au glucose à distance de l'accouchement chez la mère.
Trois à
six mois après l'accouchement, il est nécessaire de contrôler
chez la mère la tolérance au glucose par une glycémie à
jeun.
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