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Diabétologie

Table des matières

1 - Diabète : épidémiologie, diagnostic, étiologie

2 - Physiopathologie du diabète de type 1

3 - Physiopathologie du diabète de type 2

4 - Diabète et grossesse

5 - Suivi du patient diabétique de type 2 (ANAES)

6 - Complications du diabète (type 1 et 2)

7 - Acidose lactique

8 - Acidocétose diabétique

9 - Coma hyper-osmolaire

10 - Rétinopathie diabétique

11 - Etude du D.C.C.T : Diabetes Control and Complications Trial Research Group

12 - Etude de l’U.K.P.D.S : United Kingdom Prospective Diabetes Study

13 - Traitement du diabète de type I

14 - Traitement du diabète de type 2

15 - Hypoglycémie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 2 - Physiopathologie du diabète de type 1

 

 

Question d’internat n° 330

Le diabète de type 1 est dû à une destruction auto-immune des cellules insulino-sécrétrices dites cellules B. L’hyperglycémie apparaît lorsqu’il ne reste plus que 10 à 20 % de cellules B fonctionnelles. Le processus auto-immun responsable d’une « insulite » pancréatique se déroule sur de nombreuses années (5 à 10 ans voire plus, avant l’apparition du diabète). Cette réaction auto-immune survient sur un terrain de susceptibilité génétique à la suite de facteurs déclenchants et peut être dépistée avant l’apparition de l’hyperglycémie par des dosages sanguins d’auto-anticorps.

2.1 Le terrain génétique de susceptibilité

Il s’agit d’une susceptibilité plurigénique avec au moins 10 gènes en cause :

  • Le 1er et le principal se situe sur le chromosome 6 au niveau des gènes ou du système HLA de classe II avec un risque relatif de 3 à 5, lorsqu’il existe un antigène HLA DR3 ou DR4. Le risque relatif atteint 20 à 40 lorsque les deux antigènes DR3 et DR4 sont associés, ce qui veut dire que l’association DR3-DR4 est fréquente dans la population diabétique alors qu’elle est exceptionnelle dans la population non-diabétique. Ainsi, le risque pour des frères et sœurs peut être précisé en fonction de l’identité HLA avec le diabétique. Le risque est de 15 % lorsque les frères ou sœurs présentent les deux haplotypes HLA en commun avec le diabétique. Il n’est que de 7 % lorsqu’ils n’ont qu’un seul haplotype en commun et il est inférieur à 1 % lorsque les deux haplotypes sont différents.
  • Le 2ème gène repéré se situe dans la région du gène de l’insuline mais d’autres régions du génome sont impliquées. Leur étude permettra peut-être d’améliorer le dépistage du risque génétique. Mais elle devrait surtout permettre de mieux comprendre la physiopathologie de la maladie.

Il est important de connaître le risque de survenue d’un diabète insulino-dépendant dans la fratrie d’un enfant diabétique ou lorsque l’un des deux parents est diabétique pour pouvoir répondre aux questions des patients. Le risque pour une mère diabétique insulino-dépendante d’avoir un enfant diabétique est environ 2 % alors que le risque est de 4 à 5 % lorsque c’est le père qui est diabétique insulino-dépendant. Les différents risques sont résumés dans le tableau ci-dessous :

Risque de survenue d’un diabète insulinodépendant :
 
population générale 0.2 %
personnes DR3 DR4 (1 % de la population générale) 7 %
enfant de mère DID 2-3 %
enfant de père DID 4-5 %
frère ou sœur d’un DID 5 %
frère ou sœur d’un DID, HLA différent < 1 %
frère ou sœur d’un DID, HLA identique 15 %
frère ou sœur d’un DID, HLA semi-identique 7 %
jumeau homozygote d’un DID 30-40 %

2.2 Les facteurs déclenchants

Des facteurs d’environnement sont probablement à l’origine du déclenchement du processus auto-immunitaire. Ils pourraient expliquer « le gradiant nord-sud » du DID : en effet, un enfant finlandais a 7 à 8 fois plus de risque de développer un diabète insulino-dépendant qu’un enfant français. Ceci est en faveur de l’existence de facteurs environnementaux bien que les facteurs génétiques puissent également rendre compte de ce gradiant.

Le rôle des virus dans la pathogénie du diabète de type 1 est suspecté mais non démontré. En faveur de cette hypothèse, la haute prévalence du diabète de type 1 (environ 20 %) en cas de rubéole congénitale ou la présence du virus coxsackie B4 isolé dans le pancréas d’enfant décédé lors d’une acido-cétose inaugurale. Certains virus pourraient présenter un antigène commun avec des protéines de cellule B (virus coxsakie ou cytomégalovirus).

L’infection virale pourrait être responsable de la sécrétion de cytokines, en particulier d’interféron γ, favorisant par différents mécanismes le développement de la réaction auto-immune au niveau pancréatique.

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2.1 - Le terrain génétique de susceptibilité
2.2 - Les facteurs déclenchants
2.3 - Déroulement de la réaction auto-immune
2.4 - Intérêt de la recherche des anticorps pancréatiques
2.5 - Diabète de type 1