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Diabétologie

Table des matières

1 - Diabète : épidémiologie, diagnostic, étiologie

2 - Physiopathologie du diabète de type 1

3 - Physiopathologie du diabète de type 2

4 - Diabète et grossesse

5 - Suivi du patient diabétique de type 2 (ANAES)

6 - Complications du diabète (type 1 et 2)

7 - Acidose lactique

8 - Acidocétose diabétique

9 - Coma hyper-osmolaire

10 - Rétinopathie diabétique

11 - Etude du D.C.C.T : Diabetes Control and Complications Trial Research Group

12 - Etude de l’U.K.P.D.S : United Kingdom Prospective Diabetes Study

13 - Traitement du diabète de type I

14 - Traitement du diabète de type 2

15 - Hypoglycémie


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Chapitre 11 - Etude du D.C.C.T : Diabetes Control and Complications Trial Research Group

 

 

(N. Engl. J. Med. 1993 ; 329 : 977 - 986)

Objectifs
Montrer la possibilité de diminuer la fréquence des complications microangiopathiques et neurologiques du diabète de type 1 en maintenant la glycémie à un niveau proche de la normale.
Plan expérimental
Etude prospective randomisée sur 6 ans, incluant 1 441 patients.
Patients
1 441 patients sur 29 centres aux Etats-Unis, recrutés pendant 6 ans avec un suivi moyen de 6.5 ans, présentant les critères classiques majeurs de diabète de type 1, diabétiques depuis au moins un an, ayant une moyenne d’âge de 26 ans. Deux cohortes sont définies parmi ces patients : une cohorte est indemne de toute complication, donc suivie en prévention primaire ; une cohorte avec présence de complications débutante suivie en prévention secondaire d’aggravation.
Intervention
Un groupe traité par insulinothérapie dite « conventionnelle », consistant en 1 ou 2 injections quotidiennes d’insuline sans adaptation des doses. Un groupe traité par insulinothérapie dite intensive, consistant en 3 à 4 injections quotidiennes ou la mise en place d’une pompe à insuline, avec autocontrôle glycémique quatre fois par jour et adaptation des doses d’insuline visant à obtenir une glycémie inférieure à 1.20 g/l à jeun et inférieure à 1.80 g/l en post prandial.
Critères du jugement
Fond d’œil tous les 6 mois avec cotation de la rétinopathie sur une échelle de 25 points. Microalbuminurie annuelle, recherche clinique d’une neuropathie, évaluation clinique de la macroangiopathie, incidence des hypoglycémies sévères.
Principaux résultats
  • 99 % des patients sont restés jusqu’au bout dans l’étude. La différence d’équilibre glycémique entre les 2 groupes est significative et stable pendant toute la durée de l’étude : 2 % d’HbA1C de différence, P < 0.001. L’insulinothérapie « intensive » réduit de manière significative le risque d’apparition d’une rétinopathie (incidence diminuée de 50 % sur 6 ans), ou d’aggravation de la rétinopathie (risque de progression diminué de 50 % sur 6 ans). « L’insulinothérapie intensive » diminue le risque d’apparition ou d’aggravation de la microalbuminurie de 30 à 40 %. De même le risque d’apparition d’une neuropathie diminue de 70 % sur 5 ans. Les résultats ont conduit à l’arrêt prématuré de l’étude.
  • Le risque de complications macroangiopathiques était faible compte-tenu de l’âge moyen bas des patients et l’absence de facteurs de risque cardio-vasculaire associés. Celui-ci ne diffère pas significativement d’un groupe à l’autre.
  • Le nombre d’hypoglycémies sévères est plus important dans le groupe traité de manière intensive mais sans séquelles neurologiques ni coma mortel.
Conclusion
Obtenir une moyenne glycémique proche de la normale permet de retarder l’apparition ou de ralentir la progression de la rétinopathie, de la néphropathie et de la neuropathie dans le diabète de type 1.

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