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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 1 - Généralités cliniques

 

 

Auteur : F. Baillet

1.1 Fréquence du cancer

1.1.1 Epidémiologie descriptive

1.1.1.1 Taux de mortalité

Le cancer est responsable de 26 % des décès en France, 31 % chez l’homme, 21 % chez la femme. Il est la 1ère cause de décès chez l’homme (maladies cardiovasculaires 29 %) et la 2ème chez la femme après les maladies cardiovasculaires (38 %). Il est la 1ère cause de décès chez la femme entre 20 et 60 ans. Ces pourcentages de décès sont connus en France parce que la déclaration des causes de décès est obligatoire.

En 1993, il y a eu 137 848 décès déclarés par cancer en France (84 202 chez l’homme et 53 746 chez la femme).

1.1.1.2 Taux de morbidité ou taux d’incidence

La fréquence des cancers est moins bien connue que la mortalité par cancer parce qu’il n’y a pas de déclaration obligatoire de cette maladie. Globalement en 2002, il y a environ 250 000 nouveaux cancers par an et 150 000 décès. L’estimation est faite à partir des taux de décès, des statistiques disponibles (Sécurité Sociale, registres des cancers dans certains départements).

Les taux de mortalité et de morbidité sont exprimés plus précisément en taux brut (qui est le taux pour 100 000 habitants) et en taux standardisé qui tient compte en plus de la répartition des âges (pour permettre des comparaisons car la fréquence des cancers varie avec l’âge et les répartitions selon les âges varient selon les pays et les régions).

La fréquence des cancers augmente régulièrement en France en même temps qu’augmente l’âge moyen de la population. De plus la fréquence augmente par la découverte de petits cancers à un stade très précoce grâce aux moyens de détection actuels, en particulier des épithéliomas in situ du sein et des micros cancers de la prostate. Ces cancers surtout lorsqu’ils surviennent chez des sujets âgés, n’étaient pas comptabilisés autrefois car très souvent ils n’ont pas le temps de se développer suffisamment pour entraîner des signes cliniques et le décès des malades. A cause de ce fait, et à cause des progrès des traitements, le nombre de cancers augmente actuellement plus vite que les décès par cancer

1.1.2 Epidémiologie analytique

Elle cherche à retrouver les causes ou les facteurs favorisant l’apparition des cancers en mettant en relation la fréquence de certains cancers avec certaines habitudes alimentaires, intoxications (alcool, tabac), activités professionnelles (cancers professionnels...), certains comportements, modes de vie.

Elle s’appuie en particulier sur les différences de fréquence de certains cancers dans le temps et dans l’espace en recherchant les causes apparentes.

Elle s’appuie sur des enquêtes rétrospectives ou prospectives auprès de certaines populations permettant de définir des populations à risque d’avoir tel ou tel cancer.

Exemples typiques

  1. Les enquêtes rétrospectives dans les cancers des cavités aériennes de la face ont débouché sur les travailleurs du bois avec reconnaissance d’une maladie professionnelle indemnisable et mise au point de méthodes préventives efficaces contre les particules de bois, en particulier celles dont les dimensions se sont révélées les plus dangereuses.
  2. Les enquêtes rétrospectives dans les cancers du cavum en Chine ont permis de trouver 3 co-facteurs, à savoir l’infection par le virus d’Epstein-Barr, les infections pharyngées à répétition, l’alimentation riche en poisson séché.
  3. Les enquêtes prospectives réalisées chez des fumeurs ont bien confirmé la relation du tabac avec le cancer bronchique, et ont permis en plus de découvrir la relation du tabac avec le cancer de la vessie.

1.1.3 Variations dans le temps et dans I’espace

1.1.3.1 Dans le temps

Globalement la fréquence des cancers augmente avec l’espérance de vie de la population considérée. En France le taux standardisé d’incidence était de 300 (pour 100 000 habitants) dans la période 1978-1982 et il était, 15 ans plus tard, de 350. On a enregistré 80000 décès par cancer en 1954 et 135 000 40 ans plus tard, et ceci malgré une diminution de la mortalité grâce à l’amélioration du diagnostic et du traitement. L’augmentation des décès est due à l’important accroissement de la population de plus de 50 ans dans la période considérée.

En France, lors des 30 dernières années, les cancers des bronches, de la prostate et du sein ont augmenté de fréquence alors que diminuaient les cancers de l’estomac et du col de l’utérus. Par contre, les décès par cancer du sein ont peu augmenté, principalement parce que le diagnostic est devenu plus précoce et parce que le traitement est devenu plus efficace. Les cancers du col de l’utérus sont non seulement devenus moins fréquents, mais en plus, la mortalité a diminué de façon importante à cause des diagnostics précoces par dépistage. Les cancers bronchiques ont augmenté de fréquence chez les fumeurs en même temps que la consommation de tabac augmentait alors que la fréquence des cancers bronchiques chez les non-fumeurs est restée stable.

Aux USA, les décès par cancer bronchique chez la femme ont augmenté de façon importante de sorte qu’ils ont dépassé les décès par cancer du sein à partir de 1990. Avec un décalage dans le temps, une évolution du même type s’observe en France mais les décès par cancer bronchique restent encore loin des décès par cancer du sein.

En France, comme ailleurs, le cancer de l’estomac a diminué de fréquence. On attribue cette évolution à la diminution de la prise d’aliments salés et fumés grâce à la généralisation de remploi du réfrigérateur.

1.1.3.2 Dans l’espace

Dans les pays développés, si la fréquence globale des cancers est du même ordre dans chaque pays il peut y avoir des différences importantes concernant les localisations. Par exemple, sur la période 78-82, on a estimé le taux standardisé d’incidence des différents cancers en France et on les a comparé à ceux du Royaume-Uni. On a obtenu ainsi chez les hommes (pour 100 000 habitants) un taux pour les cancers ORL de 47,6 en France et de 9,2 au R.U., et pour les cancers bronchiques 45,4 en France et 72 au R.U. les mêmes localisations chez les femmes ont donné pour les cancers ORL 4,1 en France et 3,1 au R.U, et pour les cancers bronchiques 3,7 en France et 19 au R.U. (à l’époque l’alcoolisme était plus important chez les hommes en France et le tabagisme chez les hommes et chez les femmes au R.U).

Au Japon, le cancer de l’estomac est le plus fréquent et sa fréquence diminue chez les Japonais de la Côte Ouest des USA avec les modifications des habitudes alimentaires.

Dans les pays en voie de développement les cancers sont beaucoup moins fréquents car la proportion des 50 ans et plus est faible. Par exemple pour un cancer en Inde il y en a 4 aux USA. Par contre leur gravité est en général plus grande car le diagnostic est habituellement tardif et les moyens thérapeutiques insuffisants.

1.1.4 Des points essentiels sur le plan épidémiologique

Le cancer est d’abord lié à l’âge. Il est exceptionnel avant 35 ans (il est cependant la 2ème cause de mortalité chez l’enfant et chez le jeune adulte après les morts violentes). Sa fréquence augmente régulièrement ensuite. Cette augmentation à partir de 35 ans fait apparemment du cancer une maladie du vieillissement alors qu’avant 35 ans les cancers sont de types « embryonnaires » ou proches des cancers expérimentaux en particulier de cause virale.

Pour beaucoup de cancers au delà de 35 ans, il y a comme une « usure » de tel ou tel organe exposé à une cause « d’irritation » pendant des années. C’est le cas pour les 2 principales causes connues par les statistiques : l’alcool et le tabac qui sont responsables d’environ 25 % des cancers observés (bronches, ORL, vessie). Par ailleurs, à ce sujet, il faut indiquer que la persistance de l’intoxication alcoolotabagique grève les résultats des traitements.

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1.1 - Fréquence du cancer
1.2 - Diagnostic
1.3 - Le TNM
1.4 - Les principes de traitements
1.5 - Le pronostic
1.6 - La surveillance
1.7 - Les marqueurs
1.8 - Les résultats
1.9 - Les essais randomisés
1.1.1 - Epidémiologie descriptive
1.1.2 - Epidémiologie analytique
1.1.3 - Variations dans le temps et dans I’espace
1.1.4 - Des points essentiels sur le plan épidémiologique
1.1.1.1 - Taux de mortalité
1.1.1.2 - Taux de morbidité ou taux d’incidence
1.1.3.1 - Dans le temps
1.1.3.2 - Dans l’espace