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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 9 - Cancers du col utérin

 

9.4 - Anatomopathologie

9.4.4 - Carcinome épidermoïde invasif du col utérin

 

9.4.4.6 Histoire naturelle du cancer du col de l’utérus

La plupart des cancers naissent au niveau de la zone de jonction. Les cancers du col utérin progressent vers le bas (col et vagin) vers le haut (endocol et corps utérin) et latéralement vers les paramètres.

La propagation se fait aussi par voie sanguine et lymphatique. L’atteinte des organes de voisinage (vessie et rectum) se fait plus tardivement.

Dès le stade invasif, le cancer du col peut présenter une extension vers les aires ganglionnaire, elle se fait de façon descendante et ascendante à partir des ganglions iliaques externes, obturateurs puis hypogatriques et la chaîne iliaque primitive et lombo-aortique. Le risque d’atteinte ganglionnaire est d’autant plus importante que le stade de la maladie est élevé.

9.4.4.7 Circonstances de diagnostic

Les lésions non invasives sont elles-mêmes asymptomatiques. Il s’agit d’une découverte des frottis de dépistage.

Les lésions invasives elles peuvent être également découvertes par des frottis et des biopsies de lésions dysplasiques suspectes. Le symptôme révélateur habituel est la métrorragie provoquée. Rarement la tumeur est révélée par un syndrome algique.

Les lésions tumorales ont macroscopiquement un aspect bourgeonnant, ulcéré, infiltré et induré.

Il est nécessaire de faire un examen sous anesthésie générale. Une mesure de la lésion doit être faite, et il faut effectuer des biopsies à la pince déposées immédiatement dans du liquide de Bouin. Les biopsies peuvent être guidées par la colposcopie (épreuve à l’acide acétique et test de Schiller au Lugol). Le test de Shiller décèle une plage blanchâtre, à contours nets, non centré par le col au sein de la coloration brun acajou normale

On effectue ensuite :

  • TV : analyse des culs de sac et du vagin
  • TR : recherche d’une infiltration des paramètres +++ et éventuellement du rectum.
  • cystoscopie : observation de la vessie à la recherche d’un envahissement
  • une rectoscopie peut être effectuée en cas de crainte d’un envahissement du rectum (envahissement très rare).

9.4.4.8 Examens complémentaires

Bilan biologique de base (fonctions hématologiques, hépatique, et rénale)

UIV : indispensable pour rechercher une dilatation des voies urinaires hautes.

Scanner : peu intéressant pour l’étude des paramètres, intérêt pour les ganglions, la recherche de métastases hépatiques et pulmonaires.

IRM : étudie relativement bien la zone tumorale et permet une bonne mesure de la taille tumorale.

Autres : radio pulmonaire, échographie hépatique...

9.4.4.9 Modalités d’extension du cancer du col utérin

Extension par contiguïté
haut : utérus
bas : vagin
avant : vessie
arrière : rectum (rarement)
latéral : paramètre
Extension lymphatique
Iliaque externe, obturateur, hypogastrique, iliaque primitif, lombo-aortique, ganglions de la concavité sacrée.
Envahissement lié à la taille de la T
  • 5 % si T >1 cm
  • 15 % si T entre 1 et 3 cm
  • 30 % si la T entre 3 et 5 cm
  • 50 % si la T > 5 cm.

Envahissement ganglionnaire en fonction du stade :
Stade envahissement ganglionnaire iliaque envahissement ganglionnaire lombo-aortique
Stade I 15 % 6 %
Stade II a 30 % 14 %
Stade II b   22 %
Stade III 60 %  

Extension métastatique
principalement vers le foie et les poumons
Classification (FIGO 1994)
C’est la classification la plus répandue
Stade 0
in situ
Stade I
localisé au col
  • IA : micro-invasif
    IA1 : envahissement minime du stroma > 3 mm de profondeur et < 7 mm de surface
    IA2 : envahissement >= 3 mm en profondeur mais < à 5 mm, < 7 mm en surface
  • IB : lésion dépassant IA2
    IB1 : lésion < 4 cm
    IB2 : lésion > 4 cm
Stade II
extension au delà du col sans atteindre les parois pelviennes, sans extension au 1/3 inférieur du vagin
II A : pas d’atteinte des paramètres
II B : atteinte des paramètres
Stade III
extension à la paroi pelvienne et/ou au 1/3 inférieur du vagin ou responsable d’une hydronéprose ou d’un rein muet
III A : extension au 1/3 inférieur du vagin
III B : extension à la paroi pelvienne ou rein muet
Stade IV
IV A : envahissant la vessie et/ou le rectum et/ou au delà du petit bassin
IV B : métastases à distance
Classification TNM
T1 : tumeur limitée au col
T1A
préclinique, diagnostic microscopique
T1A1 : envahissement minime du stroma < 3 mm de profondeur et < 7 mm de surface
T1A2 : envahissement >= 3 mm en profondeur mais < à 5 mm, < 7 mm en surface
T1B
lésion dépassant T1A2
1B1 : lésion < 4 cm
IB2 : lésion > 4 cm

T2 : extension au delà du col sans atteindre les parois pelviennes, sans extension au 1/3 inférieur du vagin
T2A
pas d’atteinte des paramètres
T2B
atteinte des paramètres

T3 : extension à la paroi pelvienne et/ou au 1/3 inférieur du vagin ou responsable d’une hydronéprose ou d’un rein muet
T3A
extension au 1/3 inférieur du vagin
T3B
extension à la paroi pelvienne ou rein muet

T4 : envahissant la vessie et/ou le rectum et/ou au delà du petit bassin
N0 : pas de ganglions
N1 : métastase(s) ganglionnaire(s)
M0 : pas de métastases
M1 : métastases à distance

9.4.4.10  Facteurs pronostiques

Classification FIGO (ou TNM)

Statut ganglionnaire

N- : survie à 5 ans : 80 à 90 %

N+ : survie à 5 ans : 45 à 60 %

Retentissement sur les voies urinaires hautes et en particulier en cas de rein muet

Stérilisation après curiethérapie première en l’absence de stérilisation la survie passe de 85 à 70 %.

Différenciation : la survie est moins bonne pour les tumeurs les plus indifférenciées.

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9.1 - Anatomie
9.2 - Epidémiologie
9.3 - Facteurs de risque de cancer du col
9.4 - Anatomopathologie
9.4.1 - Rappel histologique
9.4.2 - Les prélèvements étudiés au laboratoire d’anatomie pathologique
9.4.3 - Lésions précancéreuses du col utérin
9.4.4 - Carcinome épidermoïde invasif du col utérin
9.4.4.1 - Dépistage
9.4.4.2 - Technique de dépistage
9.4.4.3 - Classification de Papanicolaou
9.4.4.4 - Evolution des CIN
9.4.4.5 - Traitements des CIN
9.4.4.6 - Histoire naturelle du cancer du col de l’utérus
9.4.4.7 - Circonstances de diagnostic
9.4.4.8 - Examens complémentaires
9.4.4.9 - Modalités d’extension du cancer du col utérin
9.4.4.10 - Facteurs pronostiques
9.4.4.11 - Traitements chirurgicaux
9.4.4.12 - Radiothérapie externe
9.4.4.13 - Curiethérapie
9.4.4.14 - Place de la chimiothérapie
9.4.4.15 - Complications
9.4.4.16 - Indications thérapeutiques
9.4.4.17 - Résultats
9.4.4.18 - Rechutes
9.4.4.19 - Surveillance
9.4.4.20 - Résumé
9.4.4.21 - 10 points essentiels du cancer du col de l’utérus