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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

 

 

Auteurs : F. Baillet, A. Renard

Le patient cancéreux nécessite une prise en charge psychologique d’autant plus que le cancer est une maladie mettant en jeu, à plus ou moins long terme, le pronostic vital, qu’il s’accompagne le plus souvent de traitements pénibles et que, dans l’imaginaire collectif, son image est déplorable. Cette prise en charge doit s’effectuer tout au long de la maladie par le corps médical et l’équipe soignante. De ces constatations sont nées la psycho-oncologie qui consiste à inscrire le souci du confort moral du patient et de la qualité relationnelle avec lui comme faisant partie intégrante du projet de soins en cancérologie. L’objectif est de prévenir et de réduire autant que possible la souffrance psychologique du patient permettant ainsi d’améliorer sa qualité de vie, son adhérence au traitement, et ses relations familiales ou amicales. La prise en charge psychologique implique de connaître quelques notions spécifiques au patient cancéreux.

7.1 Le cheminement du patient cancéreux

Le patient cancéreux se trouve confronté tout au long de sa maladie à plusieurs étapes traumatisantes. A chaque étape une prise en charge psychologique est nécessaire.

7.1.1 L’annonce du diagnostic

L’annonce d’un cancer est perçue par le patient et son entourage comme un choc traumatique. Annoncer un cancer à un patient entraîne un écroulement de l’illusion de l’immortalité. Le mot cancer est associé dans notre inconscient à la mort, la maladie, la souffrance, la mutilation, l’isolement, l’incurabilité, l’ennemi intérieur. La communication d’un diagnostic de cancer implique donc de tenir compte de la souffrance psychologique qu’elle entraîne. Le malade doit percevoir qu’on est sensible à cet aspect de la question, qu’on est, d’une certaine façon, à ses côtés pour l’aider à surmonter l’épreuve. De la qualité de cette prise en charge dépendra la qualité de la relation médecin malade et la compliance au traitement.

7.1.2 Les traitements

Les traitements cancérologiques sont fréquemment mal vécus en raison des effets secondaires physiques qu’ils impliquent et de la souffrance morale associée.

L’exemple de la chirurgie du cancer du sein permet de comprendre qu’une simple mastectomie est vécue par les femmes comme une perte de la féminité, de la maternité, de la sexualité. Il faudra donc au moment de l’intervention prendre en compte la souffrance physique que cela implique mais aussi la souffrance morale. De même la chimiothérapie est associée par les patients à l’alopécie, le passage à l’état de malade, aux vomissements. C’est pourquoi des effets secondaires disproportionnés au traitement reçu devront faire rechercher une souffrance psychologique (risque de refus de terminer le traitement, de fuite…).

7.1.3 La surveillance

Paradoxalement, après le traitement initial, alors que le malade n’a plus ni tumeur ni traitement, celui-ci peut être victime de troubles anxio-dépressifs importants. Il n’a plus en effet à lutter contre les diverses difficultés quotidiennes rencontrées pendant le traitement, il n’a plus d’équipe s’occupant de lui, il est seul devant un avenir inconnu et plus ou moins menaçant (surveillance nécessaire…) et en général incompris : tout le monde doit être satisfait, soignants et malade, puisque le traitement est fini et qu’il a été efficace…

Ultérieurement les consultations de surveillance sont plus ou moins traumatisantes rappelant au malade qu’il n’est peut-être qu’en sursis (syndrome de Damoclès).

7.1.4 La rechute

L’annonce d’une rechute est une étape traumatisante pour le patient qui se trouve confronté de nouveau à la maladie. L’anxiété et un sentiment de découragement sont fréquents avec une crise de confiance dans la médecine, dans l’équipe soignante (surtout si elle n’a pas clairement parlé de ce risque au début), et bien sûr dans son avenir propre.

7.1.5 La phase palliative

Il s’agit probablement d’un des moments les plus difficiles de la relation médecin malade. Il existe une difficulté pour le médecin à avouer la situation d’échec, une difficulté pour le malade et/ou la famille à l’accepter (« ce qu’un médecin n’a pas envie de dire à un malade qui n’a pas envie de l’entendre »). C’est dans cette phase de la maladie que les soins dits de confort (physique et psychologique) sont primordiaux. Le médecin pourra se faire aider par l’unité mobile d’accompagnement. Il s’agit d’équipes spécialisées prenant en charge les patients en phase palliative dont l’objectif est d’apporter un maximum de confort tant au plan physique que moral. Il peut aussi confier le malade à une Unité de soins palliatifs.

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7.1 - Le cheminement du patient cancéreux
7.2 - Les problèmes psychologiques rencontrés
7.3 - L’attention au malade
7.4 - Conclusion
7.1.1 - L’annonce du diagnostic
7.1.2 - Les traitements
7.1.3 - La surveillance
7.1.4 - La rechute
7.1.5 - La phase palliative