Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

 

 

6.12 Prise en charge des effets secondaires de la chimiothérapie

Les principaux effets secondaires de la chimiothérapie sont les suivants :

Nausées, vomissements
Les vomissements aigus, notamment lié au cisplatine, sont actuellement bien contrôlés grâce à l’administration d’anti-HT3 (Sétron) et des corticoïdes. Les nausées/vomissements tardifs survenant vers le troisième-quatrième jour, sont malheureusement difficile à contrôler (prescription de corticoïdes).
Toxicité hématologique
  • La neutropénie survient en général vers le 8ème - 10ème jour. Elle expose à un risque infectieux. Elle peut être prévenue par l’administration de G-CSF, administré par voie sous cutanée pendant 5 à 10 jours au décours immédiat de la chimiothérapie. Une neutropénie fébrile nécessite une hospitalisation en urgence, pour la réalisation de prélèvement infectieux (hémoculture, ECBU) et la mise en route d’une antibiothérapie intraveineuse à large spectre.
    Devant une neutropénie sans fièvre, un maintien à domicile est le plus souvent possible, avec une surveillance médicale répétée associée à une antibiothérapie orale.
  • L’anémie : elle peut être prévenue par l’administration d’érythropoïétine associée à une supplémentation en fer et en acide folinique. En cas d’anémie sévère et mal tolérée, une transfusion globulaire est nécessaire.
  • La thrombopénie : elle entraîne un risque vital en cas de thrombopénie inférieure à 20.000/mm3. Elle nécessite alors une hospitalisation pour transfusion plaquettaire. Il n’existe pas de facteur de stimulation de la lignée plaquettaire.
Toxicité muqueuse
Elle peut survenir sous forme de mucite et de stomatite, mais peut toucher l’ensemble du tube digestif.
Elle est liée à une atteinte directe du médicament sur les muqueuses éventuellement associée à une infection fongique et/ou herpétique.
Le traitement repose sur l’administration de bains de bouche associant bicarbonate, antiseptique et antifongique. Un traitement anti-herpétique et anti-fongique est souvent associé.
En cas de dysphagie sévère, le patient doit être hospitalisé pour une réhydratation et renutrition parentérale.
Toxicité cardiaque
La toxicité myocardique est liée essentiellement aux anthracyclines. Elle survient pour une dose cumulée d’environ 500 mg/m2 d’Adriamycine. Elle nécessite une surveillance répétée de la fraction d’éjection ventriculaire par échographie cardiaque ou fraction d’éjection isotopique. Il convient de ne pas dépasser cette dose cumulée, ou d’utiliser des médicaments cardio-protecteurs en association.
Toxicité neurologique
Il s’agit essentiellement d’une neuropathie périphérique, liée au cisplatine, aux taxanes et aux vinca-alcaloïdes. Il convient de pratiquer une surveillance clinique régulière éventuellement associée à un électromyogramme. Il n’existe pas de traitement préventif ni curatif de cette toxicité et le médicament en cause doit être arrêté.
Toxicité rénale
Elle est principalement liée à l’administration du cisplatine. Il convient d’associer une hyperhydratation lors d’administration de ce médicament, de maintenir au décours de la chimiothérapie un bon état d’hydratation et de ne pas associer d’autres médicaments néphrotoxiques.

Les autres toxicités sont plus rares.

6.13 Perspectives

Les progrès apportés par la biologie ont permis d’identifier des phénomènes moléculaires assez spécifiquement observés dans les cellules cancéreuses par rapport aux tissus sains. C’est le rationnel pour une chimiothérapie ciblée, spécifiquement dirigée contre la tumeur ou son environnement. De nombreuses molécules sont ainsi en développement ou déjà commercialisées. Les axes les plus avancés sont :

  • Les inhibiteurs des récepteurs à l’EGF (Epidermal Growth Factor). Il s’agit de 4 classes de récepteurs membranaires ayant une activité de phosphorylation, induisant une cascade d’évènements aboutissant à des signaux nucléaires de prolifération. Deux stratégies ont été développées pour inhiber ces récepteurs : l’utilisation d’anticorps monoclonaux (c’est le cas de l’Herceptine, anticorps monoclonal anti EGFR de classe II ou HER-2, ayant démontré son activité dans le cancer du sein), ou de petits peptides inhibiteurs du récepteur (comme l’IRESSA dirigé contre l’EGF-R (classe I), ayant une activité dans le cancer bronchique). Ces molécules ont démontré une activité importante au prix d’une toxicité très réduite et font l’objet de nombreux essais thérapeutiques.
  • Les inhibiteurs de Métalloprotéases (MMP). Les MMP sont impliquées dans l’une des étapes clés du phénomène métastatique, l’invasion. Ces protéines sont présentes dans le stroma péri-tumoral, permettant la digestion des tissus péri-tumoraux et la diffusion vers les vaisseaux. De nombreux inhibiteurs spécifiques ont été développés, et sont actuellement à l’étude, utilisés seuls ou en association à la chimiothérapie.
  • Les inhibiteurs de l’angiogénèse. La néovascularisation péri-tumorale est également une cible pharmacologique anticancéreuse, permettant de réduire le volume tumoral, la diffusion vers la paroi des vaisseaux et l’inhibition de la prolifération des cellules endothéliales. De nombreuses molécules sont à l’étude (anticorps ou peptides), comme la Thalidomide.

Ces thérapeutiques « intelligentes » nécessitent une validation dans leur efficacité dans les maladies avancées utilisées seules ou en association, mais surtout dans les formes localisées pour réduire les rechutes métastatiques.

L’apport des nouveaux outils de la biologie moléculaire permettra d’établir une cartographie précise des tumeurs, répertoriant les altérations moléculaires observées chez chacun des patients ; les thérapeutiques ciblées pourront ainsi être individuellement adaptées, renforçant leur activité.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
6.1 - Cibles biologiques
6.2 - le modèle de Skipper
6.3 - Les cellules en prolifération
6.4 - La courbe de croissance gomperzienne
6.5 - La théorie de Goldie-Coldman
6.6 - Mécanisme de résistance
6.7 - Mécanismes d’action
6.8 - Classifications des cytotoxiques
6.9 - Principe d’association des cytotoxiques
6.10 - Indication de la chimiothérapie
6.11 - Dose-intensité
6.12 - Prise en charge des effets secondaires de la chimiothérapie
6.13 - Perspectives