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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 5 - Bases de la radiothérapie

 

5.8 - Aspects cliniques pratiques

 

5.8.4 La dose clinique

La dose « biologique » et en particulier la dose « clinique » dépendent de la dose physique en gray multipliée par un certain nombre de facteurs de correction (F).

Dose clinique = dose physique × F.T. × F.V. × F.Q. × F.I.

  • Le facteur T ou facteur temps est en pratique le plus important. Une radiothérapie ne peut être définie seulement par la dose totale. Par exemple pour une même dose totale les résultats ne seront pas les mêmes selon que l’irradiation sera faite avec 5 séances hebdomadaires de 2 Gy ou avec 3 séances hebdomadaires de 3,3 Gy. Par ailleurs 30 grays donnés en 10 séances et 12 jours correspondent approximativement sur le plan clinique à 45 Gy avec 5 fois 1,8 Gy hebdomadaires. La même équivalence approximative existe pour 23 Gy en 4 séances et 17 jours avec 5 Gy les jours 1 et 3, et 6,5 Gy les jours 15 et 17. Le facteur temps classique correspond à une dose donnée au rythme de 1,8 Gy à 2 Gy par séance 5 fois par semaine. Une dose totale ne définit donc une radiothérapie que si on indique, en même temps les paramètres du facteur temps à savoir le fractionnement et l’étalement (nombre de séances et nombre de jours entre le début et la fin du traitement). Habituellement quand on ne le précise pas (ex : radiothérapie après mastectomie de 45 Gy) c’est qu’il s’agit d’un facteur temps classique.
  • Le facteur V ou facteur volume, remarqué dès le début de l’utilisation de la radiothérapie, a une grande importance pratique. A doses égales en effet la tolérance des tissus sains diminue avec l’augmentation du volume irradié. C’est la raison pour laquelle pour toute radiothérapie à doses élevées (doses entières ou doses « curatives ») il est le plus souvent nécessaire de réaliser une ou plusieurs réductions du volume traité.
  • Le facteur Q, ou facteur de qualité, tient compte du fait qu’à dose égale l’effet biologique varie selon la nature du rayonnement (on parle d’EBR = Efficacité Biologique Relative). Ceci a été utile lors du passage des irradiations par 250 KV (biologiquement plus actives à doses égales de 5 à 10 %) aux irradiations par télécobalt. Actuellement ce facteur ne joue pas en pratique sauf pour les exceptionnelles irradiations par neutrons pour lesquelles un même effet biologique est obtenu avec une dose 2 fois 1/2 inférieure à celle du télécobalt (qui sert de référence).
  • Le facteur I, ou facteur individuel, correspond au fait que certains individus réagissent moins ou plus que d’autres pour une même dose. Dans l’ensemble, pour une même dose, les autres facteurs de correction étant identiques, les réactions sont très semblables d’un malade à l’autre. Les malades « réagissant trop » sont peu nombreux mais justifient cependant une surveillance attentive en cours d’irradiation pour adapter le traitement à l’importance des réactions.

5.8.5 Les doses utiles

La dose pour la maladie infraclinique est de 50 Gy en fractionnement classique.
La maladie infra-clinique correspond à la maladie non cliniquement détectable autour de la tumeur et dans la « région » en particulier dans les ganglions de drainage. Elle est souvent présente après chirurgie apparemment « complète » (c’est la maladie résiduelle infra clinique) :
  • Cette dose divise par 3 ou 4 la fréquence des récidives dans le volume irradié.
  • Elle est bien tolérée dans un grand volume.
  • Elle peut être nuancée selon la gravité : 45-50 Gy pour les « bons cas » et 55, 60, voire 65 Gy, pour les « mauvais cas » (N+ avec ruptures capsulaires multiples en ORL par exemple).
  • Elle peut être nuancée aussi selon la variété anatomopathologique. Pour les aires ganglionnaires ilio lombaires d’un séminome elle est de 20 à 25 Gy, pour le canal rachidien d’un médulloblastome de 30 Gy, pour un lymphome malin de 30 à 35 Gy, pour un sarcome des parties molles de 55 Gy.
La dose pour la maladie macroscopique
Pour les épithéliomas la dose est de 70 à 75 Gy en fractionnement classique pour les tumeurs de la tête et du cou et de 60 à 65 Gy pour les tumeurs du tronc (dose maximum, tolérée en fractionnement classique). Pour les séminomes la dose est de 30 à 35 Gy, pour les tumeurs cérébrales de 55 à 60 Gy, pour les lymphomes de 35 à 45 Gy, pour les sarcomes des parties molles de 55 à 80 Gy.

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5.1 - Introduction
5.2 - Bases biologiques
5.3 - Téléradiothérapie
5.4 - Curiethérapie
5.5 - Radiothérapie métabolique
5.6 - Indications
5.7 - Nouvelles techniques
5.8 - Aspects cliniques pratiques
5.9 - Pour en savoir plus
5.8.1 - Les moyens pour donner la dose à l’endroit souhaité
5.8.2 - Les unités de la radiothérapie
5.8.3 - La dosimétrie
5.8.4 - La dose clinique
5.8.5 - Les doses utiles