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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 5 - Bases de la radiothérapie

 

5.8 - Aspects cliniques pratiques

 

5.8.2 Les unités de la radiothérapie

Le gray : Dose absorbée correspondant à 1 Joule/Kg

Le rad : Ancienne unité de dose absorbée dans le système CGS (centimètre, gramme, seconde) 100 rads = 1 gray. Le gray est devenu l’unité de référence à l’occasion de l’abandon du système CGS au profit du système MKS (mètre, kilogramme, seconde).

Le röentgen : Dose d’exposition dans l’air. Etait autrefois utilisé en thérapeutique lorsque la dose était mesurée à partir de la dose dans l’air à l’entrée des faisceaux (a l’aide d’un dosimètre placé dans le faisceau). Sa valeur est proche de celle du rad.

Le curie : Quantité de radioactivité correspondant à la radioactivité d’1 gramme de radium. Les sources de cobalt 60 sont mesurées en curies et les fils d’iridium 192 en millicuries par cm.

Le becquerel : est devenu l’unité officielle de radioactivité. Il correspond à 1 désintégration par seconde.

5.8.3 La dosimétrie

En radiothérapie externe
A l’exception des tumeurs cutanées, pratiquement toutes les tumeurs sont situées à une profondeur telle que plusieurs portes d’entrée sont nécessaires pour avoir une irradiation sélective de la tumeur. La répartition de la dose pour 1 faisceau d’accélérateur linéaire de 10 MeV est donné figure 6.
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Figure 6 Exemple de rendement en profondeur d’un faicseau de 10 MeV

On se rend compte que pour traiter une tumeur de la région hypophysaire par exemple il faut utiliser 4 faisceaux orthogonaux comme le montre la figure 7 (technique des feux convergents).
Image converg.trsp.gif
Figure 7 Exemple de dosimétrie avec 4 faisceaux convergents de 10 MeV
Le 100 % est au centre, au point d’intersection des 4 faisceaux, au point de référence ICRU (point de référence internationale pour l’expression de la dose).

L’addition des doses des 4 faisceaux convergents permet de définir la dose 100 % au point de rencontre du centre des 4 faisceaux. C’est la dose à ce point qui doit être utilisée pour les comparaisons internationales (point ICRU). Pour ce cas, la dose de 55 Gy en fractionnement et étalement classiques est donnée sur une isodose d’enveloppe entourant largement la tumeur : l’isodose 95 %. Les doses en dehors du volume traité sont visibles grâce au tracé des isodoses en pourcentage.
La dose au point ICRU est de (55/95) × 100 = 57,89 Gy
En curiethérapie en sources scellées
la dose décroît très rapidement à courte distance des sources comme le montre la figure 8.
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Figure 8 Répartition de la dose autour d’une ligne de curiethérapie
Il y a décroissance rapide de la dose selon la loi de l’inverse du carré de la distance

L’avantage est que la dose, est très faible en dehors du dispositif de curiethérapie contrairement à ce qui existe avec la radiothérapie externe. L’inconvénient par contre est que la dose est très inhomogène à l’intérieur du dispositif. On a en effet inévitablement des zones « chaudes » le long des lignes radioactives, sources possibles de nécrose, et des zones « froides » dans les régions les plus éloignées des lignes radioactives, sources possibles de non stérilisation tumorale ou de récidive. En pratique on utilise des lignes radioactives parallèles et équidistantes et on essaie d’avoir des écartements faibles de 10 à 15 mm maximum.
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Figure 9 Exemple de curiethérapie pour un cancer du sein avec 5 lignes radioactives
La dose est exprimée en Gy/j. Le trait plein correspond à l’isodose de référence. Le trait discontinu extérieur donne le siège de l’isodose dont la valeur est égale à 50 % de la dose minimum à l’intérieur du dispositif radioactif (première isodose continue entourant le dispositif : trait discontinu intérieur). Pour ce cas habituel la valeur de l’isodose de référence est égale à 85 % de la dose minimum à l’intérieur. Les traits pleins à l’intérieur autour des fils radioactifs correspondent à l’isodose dont la valeur est égale au double de celle de l’isodose de référence. A ce niveau la dose est toxique. On veille donc à ce que ces « manchons d’hyperdosage » aient un diamètre inférieur à 1 cm.

Dans l’exemple de la figure 9 correspondant à un surdosage par curiethérapie d’une tumeur du sein non opérée le siège des principales isodoses est indiqué. On a, de dehors en dedans, le siège de l’isodose dont la valeur est égale à 50 % de celle de l’isodose de référence, l’isodose de référence (siège de la dose prescrite laquelle est la dose minimum en bordure du volume traité), la première isodose circulaire entourant le dispositif (correspondant à la dose minimum à l’intérieur du dispositif qui sert, dans cet exemple, à définir l’isodose de référence laquelle a une valeur égale à 85 % de la précédente) et enfin, entourant chaque ligne radioactive l’isodose dont la valeur est égale au double de celle de l’isodose de référence. Elle définit le « manchon d’hyperdosage » qui doit être petit pour réduire le risque de nécrose (inférieur à 1 cm).
En cas de plésiocuriethérapie pour cancer de l’utérus (les sources radio actives sont au contact des tissus mais ne les pénètrent pas), la position des sources est imposée par l’anatomie. L’isodose de référence est choisie de telle sorte qu’une partie des paramètres soit engobée dans le volume traité et que la dose à la vessie et au rectum ne soit pas trop importante. La figure 10 donne un exemple de curiethérapie pour cancer du col de l’utérus.
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Figure 10 Exemple de plésiocuriethérapie pour un cancer du col de l’utérus

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5.1 - Introduction
5.2 - Bases biologiques
5.3 - Téléradiothérapie
5.4 - Curiethérapie
5.5 - Radiothérapie métabolique
5.6 - Indications
5.7 - Nouvelles techniques
5.8 - Aspects cliniques pratiques
5.9 - Pour en savoir plus
5.8.1 - Les moyens pour donner la dose à l’endroit souhaité
5.8.2 - Les unités de la radiothérapie
5.8.3 - La dosimétrie
5.8.4 - La dose clinique
5.8.5 - Les doses utiles