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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 5 - Bases de la radiothérapie

 

 

5.6 Indications

La radiothérapie est impliquée dans le traitement des deux tiers environ des cancers et de la moitié de ceux qui sont curables. Le pourcentage de survivants à long terme donné par la radiothérapie seule (De Vita) est de 27 % alors que la chirurgie est responsable de 50 %, la chirurgie + la radiothérapie de 14 %, la chimiothérapie de 3 % et la chimiothérapie + un autre traitement de 6 %.

Elle peut être utilisée soit exclusivement, soit en combinaison avec la chirurgie ou la chimiothérapie. Elle est dite :

  • préopératoire, si elle précède une exérèse chirurgicale, dans le but de la rendre possible, de la faciliter ou de la limiter,
  • postopératoire, si elle fait suite à une résection de la tumeur primitive et/ou des adénopathies satellites, dans le but d’éradiquer les îlots tumoraux macroscopiques ou microscopiques laissés en place ;
  • conservatrice lorsqu’elle remplace une thérapeutique mutilante : mammectomie, laryngectomie totale, amputation abdomino-périnéale, cystectomie totale, etc...

Si la radiothérapie est le plus souvent employée à visée curative pour traiter la tumeur primitive et les premiers relais ganglionnaires, elle est aussi utilisée pour traiter des métastases ou des tumeurs localement trop avancées pour pouvoir espérer une guérison, dans un but cytoréducteur, décompressif, antalgique ou hémostatique. La dose est alors souvent délivrée en un petit nombre de fractions (par exemple 30 en 10 fractions et 12 jours), pour obtenir une action plus rapide au prix d’un dérangement minimal du malade.

5.7 Nouvelles techniques

La radiothérapie fait actuellement l’objet de nombreux développements.

La radiothérapie corporelle totale est destinée à préparer une allogreffe de moelle osseuse pour traiter certaines formes de leucémies ou d’aplasies. Une dose de 10 Gy est délivrée à l’ensemble de l’organisme en une seule séance, avec protection des poumons à 8 Gy.

La radiothérapie cutanée totale par des électrons de 4 MeV est utilisée pour traiter le mycosis fungoïde et quelques autres lymphomes cutanés. Une dose de 30 Gy est délivrée à l’ensemble du revêtement cutané en 12 fractions étalées sur 6 semaines.

La radiothérapie peropératoire consiste à irradier une tumeur profonde (rectale, pancréatique, etc...) par électrons au cours d'une intervention chirurgicale, après avoir éloigné les organes critiques (intestins, rein, etc...). Elle permet donc de délivrer au volume-cible une dose supplémentaire tout en épargnant ces organes critiques.

La radiothérapie multifractionnée (plusieurs fractions par jour espacées d’au moins 6 heures) permet d’augmenter la tolérance des tissus sains, donc l’efficacité locale en augmentant la dose totale ou en raccourcissant la durée totale du traitement (radiothérapie accélérée). Elle donne des résultats locaux supérieurs à l’irradiation monofractionnée classique dans certaines formes de carcinomes épidermoïdes de la sphère oto rhino laryngologique.

La radiochimiothérapie, c’est à dire l’administration concomitante de radiothérapie et de chimiothérapie, notamment par dérivés du Platine, a été développée pour des carcinomes épidermoïdes du pharynx, des bronches, de l’œsophage et du canal anal. Les résultats sont supérieurs à ceux de l’irradiation classique exclusive, localement et en terme de survie.

La radiothérapie par mini faisceaux (irradiation en condition stéréotaxique par de multiples petits faisceaux convergents vers une cible de petit volume) permet le traitement de malformations artério-veineuses ou de tumeurs cérébrales de dimensions limitées, mais inextirpables. Utilisée avec un cadre de stéréotaxie chirurgical en séance unique elle est habituellement appelée radiochirurgie.

La radiothérapie par neutrons peut améliorer le contrôle de tumeurs mal oxygénées. Elle a un intérêt dans le traitement de cancers de la parotide et des sarcomes des parties molles.

La radiothérapie par protons permet de délivrer une dose élevée dans un volume limité tout en protégeant les tissus sains limitrophes (grâce au pic de Bragg). Elles sont essentiellement utilisées pour traiter les mélanomes, de la choroïde, et les chordomes et chondrosarcomes de la base du crâne.

La radiothérapie conformationnelle et en modulation d’intensité (IMRT) représentent les derniers progrès en matière de radiothérapie externe. Ces progrès sont liés à ceux de l’imagerie et de l’informatique. Dans ces deux cas on définit exactement sur une console où apparaît l’imagerie en position de traitement les contours de la tumeur, les zones où une extension ganglionnaire est possible, les organes protéger avec les doses maxima qu’ils peuvent recevoir. Le programme de dosimétrie calcule la meilleure façon de procéder en définissant les faisceaux, les collimations et les pondérations pour la radiothérapie conformationnelle. Dans la modulation d’intensité les lames du collimateur multilame s’interposent plus ou moins dans le faisceau pour moduler la dose selon ce qui est souhaité.

Image radiopoumon.trsp.gif
Figure 4 Exemple de radiothérapie conformationnelle pour un cancer bronchique
1. Volume cible compris dans une isodose d’enveloppe entourant strictement les contours de la tumeur plus une marge de sécurité de 1,5 cm calculés automatiquement ; 2. Moelle ; 3. Poumon gauche ; 4. Poumon droit.

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5.1 - Introduction
5.2 - Bases biologiques
5.3 - Téléradiothérapie
5.4 - Curiethérapie
5.5 - Radiothérapie métabolique
5.6 - Indications
5.7 - Nouvelles techniques
5.8 - Aspects cliniques pratiques
5.9 - Pour en savoir plus