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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 4 - Anatomie pathologique

 

4.7 - Prélèvements

 

Interaction entre anatomopathologiste et clinicien (chirurgien, oncologue, généraliste ou spécialiste).

Il est indispensable d’avoir :

  • Renseignements cliniques : c’est une faute de ne pas les transmettre de façon complète et précise sur la feuille de demande d’examen anatomopathologique
  • Orientation des pièces opératoires.

4.7.1 Prélèvements cellulaires

Recueil en suspension dans un milieu liquide :

  • Naturel (urine, LCR, sécrétions bronchiques)
  • Ecoulement (fistule)
  • Epanchement (pleurésie, ascite)

Isolement à partir de leur contexte tissulaire

  • Recueil mécanique à la surface d’une muqueuse (frottis cervical, brossage de la muqueuse bronchique)
  • Ponction-aspiration (cytoponction d’un nodule mammaire)
  • Apposition (ganglion lymphatique, tumeur, biopsie).

Impératifs techniques :

  1. Lames propres, dégraissées
  2. Eviter les écrasements et les entassements
  3. Rapidité de fixation (déssication ou laque)

4.7.2 Prélèvements Tissulaires

Biopsies
  • à l’aiguille ou au trocard (différents diamètres exprimés en G)
  • pinces (endoscopies)
  • chirugicales :
    1. partielles
    2. biopsie-exérèse

Impératifs
  1. Eviter écrasements, cautérisation
  2. Fixation immédiate dans le fixateur adéquat ou à l’état frais laboratoire dans les meilleurs délais
  3. Renseignements cliniques suffisants.
Pièces opératoires
(> biopsie-exérèse). Exemple (sein) : quadrantectomie, mastectomie
Impératifs
  1. Elle doit parvenir entière, non ouverte
  2. Renseignements adéquats :
    • Identification détaillée de la pièce
    • But de l’intervention : diagnostic, curative (site primaire ou métastase) ou palliative, reconstructive, réduction de la masse tumorale
    • Siège de la tumeur
    • Diagnostic suspecté ou démontré (histologies antérieures)
    • Traitements antérieurs (actes chirurgicaux, radiothérapie, chimiothérapie, autres, protocoles)
    • Contexte général : condition précancéreuse, facteurs de risque de cancer (tabac)
    • Points d’intérêt à rechercher
  3. Repérage : épinglage sur la pièce, encrage, clip, hameçon, documents radiographiques (mammographie : calcifications)
  4. Fixation : volume suffisant, en général formol,

4.7.3 Tissu frais

Avantages :

  1. Photographies réalistes
  2. Choix du fixateur différents fixateurs : aspect des cellules, histochimie, immunohistochimie, microscopie électronique
  3. Prélèvements pour congélation : histochimie, immunohistochimie, biologie moléculaire, recherche
  4. Appositions (très utile pour le diagnostic des lymphomes).

Inconvénients :

  1. Délais d’acheminement
  2. Risque d’abîmer la pièce quand elle est prélevée à l’état frais
  3. Risque d’épuiser ou de consommer le matériel tumoral : si congélation anomalies des noyaux. Problème = petites tumeurs +++
  4. Conditions éthiques (cadre légal, accord des patients).

Donc, réflexion antérieure au prélèvement et contact du service d’anatomie pathologique : quelle pathologie ?

Exemple : tumeur testiculaire après 50 ans (50 % = lymphomes)

4.7.4 Macroscopie

Temps majeur de l’analyse des pièces opératoires = examen minutieux, orienté, standardisé

  • Buts : (taille, siège, nombre, rapports, extension)
  • effectuer un nombre suffisant de prélèvements repérés pour l’examen microscopique.

En pratique la taille d’un prélèvement ne peut excéder 2,5 sur 2 cm.

En pathologie tumorale, un temps très important de l’examen macroscopique est l’examen des marges d’exérèse après encrage de la tranche de section opératoire :

  • soit perpendiculairement à cette marge : distance précise (pb = rétractions)
  • soit par rasage de la pièce ou au pourtour de la cicatrice d’intervention : à plat (dans ce cas toute tumeur dans le prélèvement est considérée comme marge positive)

4.7.5 Immunohistochimie

Principe :

  • réactivité spécifique d’un antigène ou épitope présent dans le tissu avec un anticorps de réactivité connue
  • révélation par marquage fluorescent ou colorimétrique
  • présence ou absence de telle molécule au niveau :
    1. des cellules tumorales
    2. du stroma
    3. ou de cellules du tissu pré-existant.

Cette technique a eu un impact majeur sur le diagnostic des tumeurs

  1. De nombreux types de tumeurs expriment des molécules plus ou moins spécifiques (transcriptome tumoral)
  2. Les épitopes sont très souvent conservés dans le matériel tumoral inclus en paraffine.
  3. La sensibilité et la spécificité de la technique est généralement bonne
  4. De nouveaux marqueurs sont analysés

Avantages :

  1. Peu de matériel tissulaire ou cellulaire
  2. Analyse à l’échelle cellulaire

Inconvénients : pas quantitative, faux négatifs, positivités aberrantes, …

Utilité :

  1. Malignité : monoclonalité (chaîne légère kappa ou lambda)
  2. Type tumoral : carcinome indifférencié de type nasopharyngien (cytokératine +, vimentine -, ALC -, EBV +) ; calrétinine : mésothéliome.
  3. Origine d’une métastase d’un adénocarcinome : thyroïde (thyroglobuline), prostate (PSA)
  4. Extension :
    • Cellules endothéliales (CD31) autour d’un nodule tumoral : embol.
    • Cellules tumorales d’un mélanome (HMB45) noyées dans des cellules inflammatoires : profondeur de l’infiltration.
    • Cellules basales (cytokératine de haut poids moléculaire) autour de cellules atypiques dans la prostate : néoplasie intra-épithéliale prostatique.
    • Détection de micrométastases d’un carcinome (cytokératine) ou d’un mélanome (HMB45) sur coupes sériées de ganglion.
  5. Pronostic et réponse au traitement (récepteur aux œstrogènes pour les adénocarcinomes mammaires + recherche).

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4.1 - La cellule cancéreuse
4.2 - Le tissu cancéreux
4.3 - Reconnaître la malignité d’une tumeur
4.4 - Nomenclature
4.5 - Schéma évolutif des lésions anatomopathologiques : progression
4.6 - Métastases
4.7 - Prélèvements
4.8 - Apport de l’anatomopathologie au diagnostic des tumeurs
4.7.1 - Prélèvements cellulaires
4.7.2 - Prélèvements Tissulaires
4.7.3 - Tissu frais
4.7.4 - Macroscopie
4.7.5 - Immunohistochimie