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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 4 - Anatomie pathologique

 

 

4.3 Reconnaître la malignité d’une tumeur

  1. Tumeur plus ou moins différenciée :
    • Malignité :
      1. Moins bonne différenciation
      2. Critères cytologiques de malignité (atypies)
      3. Relations avec le tissu pré-existant :
        • Dépassement de la basale
        • Franchissement d’une capsule
        • Dispersion désordonnée des cellules tumorales
        • Foyers secondaires
        • Atteintes périnerveuses
        • Embols néoplasiques
    • Mais lésions trompeuses pseudotumorales (pseudotumeurs). Exemple : hyperplasie malphighienne sur les berges d’une perte de substance.
  2. Tumeur d’un type particulier ne présentant pas de signes de malignité, mais dont on sait qu’il s’agit d’une tumeur maligne. Exemple : certains carcinomes des glandes salivaires.
  3. Métastase : seul critère parfois. Seules les tumeurs malignes donnent des métastases. Exemple : tumeur de la corticosurrénale.

4.4 Nomenclature

Classification histopathologique entités anatomocliniques >100 types de tumeurs différents.

Classification OMS pour chaque appareil ou organe. Exemples : tumeurs des voies biliaires, de la vessie, etc.

Racine : différenciation. Exemples : adéno = glande adéno- = tumeur glandulaire ; angio = vaisseau angio- = tumeur vasculaire ; etc.

Suffixes :

  • ome : tumeur bénigne. Exemple : adénome.
  • matose : tumeurs multiples ou diffuses. Exemple : angiomatose.
  • carcinome : tumeur maligne épithéliale. Exemple : adénocarcinome.
  • sarcome : tumeur maligne conjonctive. Exemple : angiosarcome.
  • blastome : tumeur de blastème. Exemple : néphroblastome.

Lymphome et mélanome sont toujours malins.

Tératome, gliome : pas de signification pronostique en soi.

4.5 Schéma évolutif des lésions anatomopathologiques : progression

  1. Absence de lésion visible
  2. Lésion précancéreuse et cancer au stade non invasif
  3. Stade d’invasion locale
  4. Dissémination métastatique

4.5.1 Etats et lésions précancéreux

Condition (état) précancéreuse. Exemple : gastrite chronique.

Lésions précancéreuses :

  • Tissu caractérisé par un ensemble lésionnel (+/- bien codifié selon le tissu) traduisant un processus cancéreux plus ou moins manifeste mais sans envahissement ou à un stade limité
    • Atypies : degrés
    • Mitoses/apoptose
    • Troubles de la différenciation
    • Différents marqueurs (+/-).
  • Terminologie :
    • Dysplasies précancéreuses épithéliales ou non épithéliales
    • Cancer in situ :
      • Carcinome in situ (CIS)
      • Néoplasies germinales testiculaires intratubulaires
    • Néoplasies intra-épithéliales
    • Hyperplasie atypique

4.5.2 Angiogenèse

  1. Indispensable dès qu’une tumeur (primitive ou secondaire) atteint 2 mm (greffe de cellules tumorales chez la souris)
  2. Densité de néovascularisation : corrélée à l’agressivité tumorale (sein, prostate, mélanome, ovaire, estomac, colon)
  3. Débute dès le stade de lésion précancéreuse avant l’invasion
    • Modèles expérimentaux
    • Cancers humains : néoplasies intra-épithéliales du col utérin

Balance entre des facteurs angiogènes et anti-angiogènes :

  • Cellules tumorales
  • Macrophages
  • Molécules enrobées dans la matrice extracellulaire

Les capillaires tumoraux sont différents des capillaires normaux et ressemblent aux capillaires du bourgeon charnu.

4.5.3 Place des lésions précancéreuses dans la maladie cancéreuse

  1. Précèdent le cancer invasif et/ou disséminé Exemple : néoplasies intraépithéliales du col utérin
  2. Parfois fortement associés au cancer invasif Exemple : néoplasies intraépithéliales prostatiques (haut grade)
  3. Parfois deux maladies apparemment différentes :
    • Cancer invasif d’emblée
    • CIS d’autre part :
      • Glande mammaire :
        • Carcinome canalaire in situ = s’étendant dans le quadrant, progression lente
        • Carcinome lobulaire in situ (souvent diffus) = facteur de risque d’apparition d’un carcinome canalaire invasif dans le sein ispilatéral (à distance) ou controlatéral
      • Urothélium vésical : très mauvais pronostic, indépendant d’une tumeur papillaire associée.
Tissu Lésion précancéreuse
Col utérin Néoplasies intraépithéliales
Col utérin (endocol) Adénocarcinome in situ
Urothélium CIS
Glande mammaire CCIS et CLIS, hyperplasie atypique
Bronches CIS
Larynx Dysplasies/CIS
Foie (cirrhose) Dysplasie hépatocellulaire
Moelle hématopoiétique Dysplasie hématopoiétique
Estomac, colon (adénome) Dysplasies
Prostate Néoplasies intraépithéliales
Ovaire Tumeur à limite de la malignité

4.5.4 Invasion

  1. Tissu limité par une membrane basale
  2. Tissu non limité par une membrane basale : d’emblée invasif, mais peut être confiné au tissu d’origine.

Carcinome intramuqueux, Carcinome micro-invasif, Microcarcinome

Etapes de l’invasion :

  • franchissement de la membrane basale (+++) ou dépassement du tissu d’origine
  • dispersion des cellules tumorales
  • élaboration d’un stroma avec angiogenése (2 mm)
  • envahissement de proche en proche des structures tissulaires pré-existantes
  • accès au réseau vasculaire (embols tumoraux) d’où la possibilité de métastases
  • extension à un autre organe par contiguïté

4.5.5 Mode de développement tumoral

  1. Organe plein :
    • nodule plus ou moins limité
    • infiltration (suit les zones de moindre résistance)

    destruction, refoulement, compression symptomatologie
  2. Organe creux :
    • végétation (exophytique) = polype sessile/pédiculé + tumeur villeuse
    • infiltration

    sténose, perforation symptomatologie Exemple = adénocarcinome colique.

L’extension locale initiale est particulièrement importante pour le traitement :

  • chirurgical : la tumeur est-elle résécable ?
  • radiothérapie : ciblage de la radiothérapie ; extension à une région faiblement vascularisée (exemple : loge hyo-thyro-épiglottique) inefficacité de la radiothérapie.

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4.1 - La cellule cancéreuse
4.2 - Le tissu cancéreux
4.3 - Reconnaître la malignité d’une tumeur
4.4 - Nomenclature
4.5 - Schéma évolutif des lésions anatomopathologiques : progression
4.6 - Métastases
4.7 - Prélèvements
4.8 - Apport de l’anatomopathologie au diagnostic des tumeurs
4.5.1 - Etats et lésions précancéreux
4.5.2 - Angiogenèse
4.5.3 - Place des lésions précancéreuses dans la maladie cancéreuse
4.5.4 - Invasion
4.5.5 - Mode de développement tumoral