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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie I - Cancérologie générale
Chapitre 3 - Biologie du cancer

 

3.6 - Génétique et cancer

3.6.3 - Exemple 2 : génétique et cancers du sein et de l’ovaire

 

Caractéristiques générales
Le cancer du sein présentant une incidence élevée dans la population générale, il faut distinguer les formes héréditaires familiales et la survenue de concentrations familiales fortuites de cancer du sein.
Les altérations moléculaires constitutionnelles
3 gènes de prédisposition principaux sont décrits dans les cancers du sein familiaux.
  • BRCA1 (chromosome 17)
    50 % des familles de « cancer du sein seul »
    90 % des familles de « cancers sein et ovaire »
  • BRCA2 (chromosome 13)
    corrélation avec envahissement ganglionnaire
    Syndrome du « cancer du sein seul » et « cancers du sein et de l’ovaire »
    Cancer du sein chez l’homme
  • BRCA3 (chromosome 8)
    Familles de cancer du sein seul
Fonction des protéines BRCA1 et BRCA2
Rôle physiologique dans le contrôle négatif du cycle cellulaire lors des cassures double brin d’ADN.
Altérations somatiques présentes dans les cancers du sein et de l’ovaire
  • activation d’oncogènes par mécanisme d’amplification : MYC, cerbB2, cycline D1
  • inactivation de gènes suppresseurs de tumeur : p53, BRCA2, Rb
  • instabilité générale du génome traduisant des erreurs de réplication de l’ADN
Conseil génétique
Plus de 200 mutations différentes du gène BRCA1 et 80 du gène BRCA2 ont été répertoriées. Plus de 80 % des mutations conduisent à une protéine absente ou tronquée non fonctionnelle.
L’identification d’une mutation inactivatrice permet de retenir l’origine génétique d’une histoire familiale. Quelques mutations faux-sens ont été rapportées. Un test de prédisposition ne peut être proposé à une personne indemne que si la mutation responsable de l’histoire familiale a été identifiée à partir de l’étude préalable d’un apparenté atteint.
Dans une famille dans laquelle la mutation a été identifiée, un résultat négatif c’est à dire la non détection de cette mutation, signifie l’absence de prédisposition du parent non porteur. C’est actuellement le principal bénéfice attendu de la pratique de ces tests. Un résultat positif s’accompagne d’un risque tumoral mammaire élevé chez les femmes et à un risque de transmission de 50 % à chaque enfant chez un parent, que ce soit un père ou une mère. Le risque tumoral mammaire est déjà de 3 % avant l’âge de 30 ans, de 13 % entre 30 et 39 ans, de 24 % entre 40 et 49 ans. Le risque de tumeur controlatérale est estimé à 60 % à l’âge de 70 ans. Se trouve ainsi posé le difficile problème de la mastectomie prophylactique comme alternative à un suivi clinique et mammographique débuté très précocement.
Prévention
Attitude consensuelle (FNCLCC) :
  • à partir de 20 ans : surveillance clinique bi-annuelle
  • à partir de 30 ans : mammographie annuelle
  • débuter la surveillance 5 ans avant le diagnostic le plus précoce dans la famille
  • une mastectomie peut être proposée : décision collégiale incluant la patiente
  • difficulté de la prévention ovarienne : ovariectomie proposée à partir de l’âge de 40 ans.

NB : la mastectomie prophylactique bilatérale en cas de mutation BRCA1 ou 2 n’est pas consensuelle, d’autant plus qu’elle n’assure pas une protection à 100 %. La prévention ovarienne est difficile. La place du dosage du CA 125 et de l’échographie pelvienne endovaginale reste mal définie en prévention primaire, du fait d’une sensibilité et d’une spécificité médiocres. Une surveillance gynécologique et sénologique régulière est préconisée en association avec l’autopalpation mammaire mensuelle. Certains auteurs recommandent une ovariectomie à partir de 40 ans dans les familles BRCA1, cette attitude ne fait pas l’objet d’un consensus à l’heure actuelle.

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3.1 - Un nouveau modèle biologique
3.2 - Histoire naturelle du développement des tumeurs solides
3.3 - La cellule cancéreuse : vision globale
3.4 - Modes de propagation des tumeurs
3.5 - Mécanismes moléculaires de l’oncogènése
3.6 - Génétique et cancer
3.6.1 - Introduction
3.6.2 - Exemple 1 : cancers colorectaux et génétique
3.6.3 - Exemple 2 : génétique et cancers du sein et de l’ovaire