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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

 

Auteurs : F. Baillet, P. Fouret, J.C. Bertrand, G. Lamas

18.1 Généralités

18.1.1 Introduction

Les cancers des voies aéro digestives supérieures (VADS) sont des cancers fréquents en France où ils représentent environ 10 % de l’ensemble des cancers, mais avec une grande différence entre les hommes (90 % des cas) et les femmes (10 %). A noter cependant que la fréquence chez la femme est en augmentation constante depuis 30 ans. Chez l’homme ce sont les quatrièmes cancers en fréquence après ceux de la prostate, des bronches, du colon et du rectum. Il y a environ 17 000 nouveaux cancers par an et 10 500 décès.

Dans 90 % des cas ces cancers sont en rapport avec une intoxication alcoolo-tabagique. Font exception les cancers du cavum (virus d’Epstein Barr), les cancers des cavités aériennes de la face (travailleurs du bois, ébénistes, menuisiers), certains cancers du larynx qui peuvent être en rapport avec un surmenage vocal chronique, certains cancers de la cavité buccale qui sont en rapport avec des dysplasies (lichen).

Les localisations cancéreuses des VADS sont souvent multiples de façon synchrone (en même temps) ou métachrone (de façon décalée dans le temps). Pour les cancers des VADS habituels, c’est-à-dire à l’exception des cancers du cavum et des cavités aériennes de la face, la recherche systématique d’un 2ème cancer avec biopsies des zones douteuses permet de trouver une 2ème localisation dans environ 20 % des cas. L’avenir des malades porteurs initialement de ces mêmes cancers des VADS habituels reste menacé non seulement par une récidive de la tumeur primitive mais également par l’apparition secondaire d’un 2ème cancer des VADS, bronchique ou œsophagien. Au-delà de 5 ans le risque de 2ème cancer devient plus important que le risque de récidive de la tumeur initiale.

18.1.2 Anatomopathologie

Dans plus de 90 % des cas il s’agit d’épithéliomas épidermoïdes. Dans la moitié des cancers des cavités aériennes de la face il s’agit d’épithéliomas glandulaires (adénocarcinomes) et dans la moitié des cancers du cavum (rhinopharynx) de carcinome indifférencié de type nasopharyngien (UCNT).

Enfin au niveau de l’Anneau de Waldeyer là où se trouvent des formations lymphoïdes, à savoir le cavum, les amygdales et la base de la langue, on peut observer des lymphomes malins. Historiquement ces derniers ont été les premiers à être guéris, dans 30 % des cas, grâce à la radiothérapie par 200 KV parce qu’ils étaient peu profondément situés et qu’une dose totale de 40 Gy suffit pour les stériliser localement.

Les détails de l’anatomopathologie sont donnés avec les principales localisations.

18.1.3 Rappel anatomique

L’anatomie concernée par les cancers des VADS est complexe. Selon le siège initial et les structures envahies le diagnostic, le traitement et le pronostic varient. Les différentes localisations sont regroupées en cancers de la cavité buccale (25 % des cas), cancers de l’oropharynx (25 %), cancers du larynx (25 %), cancers de l’hypopharynx (15 %), cancers du cavum (7 %), cancers des cavités aériennes de la face (3 %).

Les schémas ci-joints permettent de représenter l’anatomie concernée par ces cancers.

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18.1.4 Les progrès récents (dans les 10 dernières années) sont liés

  • à ceux de l’imagerie (TDM et IRM) qui permettent d’avoir une meilleure connaissance des extensions,
  • à ceux de la chirurgie qui est souvent moins mutilante et plus réparatrice (chirurgies conservatrices du larynx, buccopharyngectomies transmaxillaires conservatrices, curages ganglionnaires cervicaux conservant les organes de voisinage non atteints, pertes de substance compensées par lambeaux…),
  • à ceux de la radiothérapie qui est localement devenue plus efficace à l’égard des tumeurs de grande taille soit en modifiant le facteur temps (plus de fractions avec un temps de traitement total plus court ou avec une dose totale plus élevée) soit en l’associant à la chimiothérapie par dérivés du platine. Dans ce dernier cas on améliore en plus la survie.
  • à ceux de la chimiothérapie qui, utilisée en premier, a permis de sélectionner parmi les cancers normalement traités par chirurgie radicale non conservatrice ceux qui pouvaient bénéficier d’une radiothérapie exclusive (cancers du larynx et de l’hypopharynx).

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.1.1 - Introduction
18.1.2 - Anatomopathologie
18.1.3 - Rappel anatomique
18.1.4 - Les progrès récents (dans les 10 dernières années) sont liés