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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.7 - Points essentiels

 

  1. Les cancers de la cavité buccale, de l’oropharynx et de l’hypopharynx sont liés, sauf rares exceptions, à une intoxication alcoolotabagique. Les cancers de la cavité buccale peuvent survenir sur des dysplasies (leucoplasie et érythroplasies). Les cancers du larynx sont en rapport avec le tabagisme (+ ou - associé à l’alcoolisme) mais aussi au surmenage vocal.
  2. Les cancers de la cavité buccale, de l’oropharynx, de l’hypopharynx et du larynx sont des épithéliomas épidermoïdes.
  3. Le bilan d’un cancer de la cavité buccale, de l’oropharynx, du larynx et de l’hypopharynx comprend un examen endoscopique de l’ensemble de la sphère ORL pour rechercher une 2ème localisation. Il en est de même dans la surveillance après traitement pour la même raison.
  4. Classification TNM des cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx :
    T1 : T ≤ 2cm
    T2 : 2 cm < T ≤ 4 cm
    T3 : T > 4 cm
    T4 : Envahissement de structures adjacentes (muscles extrinsèques de la langue : hyoglosse, styloglosse, génioglosse, palatoglosse ; mais également à l’os).
    Et pour N et M (classification valable pour les localisations tumorales ORL) :
    N0 : Pas d’adénopathie régionale
    N1 : Adénopathie métastatique unique unilatérale, ≤ 3cm
    N2a : Adénopathie métastatique unique unilatérale, > 3cm ≤ 6cm
    N2b : Adénopathies métastatiques homolatérales multiples, ≤ 6cm
    N2c : Adénopathies métastatiques bilatérales ou controlatérales ≤ 6cm
    N3 : Adénopathie métastatique > 6 cm
    M0 : Absence de métastase viscérale
    M1 : Présence de métastase(s) viscérale(s)
  5. Classification TNM des cancers de l’hypopharynx
    T1 T ≤ 2 cm ne concernant qu’un site sans trouble de la mobilité
    T2 2 cm < T ≤ 4 cm et/ou concernant 2 sites de l’hypopharynx ou adjacent sans trouble de la mobilité
    T3 T > 4 cm et/ou fixation de l’hémilarynx correspondant
    T4 Invasion des cartilages ou des tissus avoisinants hors larynx
  6. Classification TNM des cancers du larynx
    T1 Glotte : T limitée à la glotte sans trouble de la mobilité
    Sus-glotte : T limitée à un site sans trouble de la mobilité
    Sous-glotte : T limitée à la sous glotte sans trouble de la mobilité
    T2 Glotte : T limitée à la glotte avec diminution de la mobilité et/ou extension à la sus glotte et/ou à la sous glotte
    Sus-glotte : T étendue à plus d’un site ou à un site adjacent sans fixation de la corde
    Sous-glotte : T étendue à l’étage glottique
    T3 Glotte : T avec corde fixée et/ou extension à l’espace paraglottique et/ou érosion du cartilage thyroïde
    Sus-glotte : T avec corde fixée et/ou extension à l’espace paraglottique ou pré épiglottique et/ou érosion du cartilage thyroïde
    Sous-glotte : T avec corde fixée
    T4 Glotte, Sus-glotte, Sous-glotte : T avec extension à travers le cartilage thyroïde aux organes de voisinage
  7. Pour les cancers de la cavité buccale, de l’oropharynx et de l’hypopharynx le traitement initial est la chirurgie si le terrain le permet et si l’extension permet a priori une exérèse carcinologiquement complète, et une intervention avec peu ou pas de séquelles fonctionnelles. La radiothérapie est réalisée secondairement là où était la tumeur soit par nécessité si l’exérèse a été incomplète à l’examen anatomopathologique, ou par principe pour réduire le risque de récidive locale si l’exérèse est « limite » ou si la tumeur était de grande taille. Les aires ganglionnaires sont également irradiées si elles sont envahies. La radiothérapie seule est utilisée si le terrain ou l’extension ne permettent pas la chirurgie. Si la chirurgie est possible mais mutilante on peut commencer par une chimiothérapie première et remplacer la chirurgie mutilante par la radiothérapie en cas de réponse macroscopiquement complète. Dans ces cas la radiothérapie est une radiochimiothérapie simultanée. Elle peut aussi être entreprise d’emblée, et la chirurgie secondairement en cas d’échec, mais il faut faire le diagnostic à temps avant qu’une extension plus ou moins à bas bruit rende l’exérèse impossible.
  8. Pour les T1 de la glotte qui guérissent dans 90 à 95 % des cas (avec un éventuel traitement de rattrapage qui peut être une laryngectomie totale) la radiothérapie permet de mieux préserver la voix que la chirurgie partielle.
    Pour les T1-T2 du larynx on peut entreprendre une chirurgie partielle si le siège et l’extension des lésions le permet. Ces cas peuvent être traités aussi par radiothérapie exclusive (radiochimiothérapie de préférence). Les T1-T2 mal placés ou trop étendues pour bénéficier d’une chirurgie partielle sont traités par radiothérapie exclusive (radiochimiothérapie de préférence). Pour les T3 on commence par une chimiothérapie : s’il y a disparition tumorale et remobilisation du larynx on réalise une radio-chimiothérapie, dans le cas contraire une laryngectomie totale. Pour les T4 on réalise une laryngectomie totale. En cas de laryngectomie totale et en cas d’envahissement ganglionnaire au curage on réalise une radiothérapie post-opératoire.
  9. L’arrêt de l’intoxication alcoolo-tabagique réduit le risque de récidive locale pour les cancers de la cavité buccale, de l’oropharynx et de l’hypopharynx.
  10. Les tumeurs des cavités aériennes de la face sont des épithéliomas épidermoïdes ou glandulaires (adénocarcinomes). Elles peuvent être secondaires à une exposition prolongée aux particules de bois (et être éventuellement reconnues comme maladies professionnelles). Les signes révélateurs sont soit une sinusite hémorragique, soit une diplopie ou une atteinte d’autres paires crâniennes, soit une voussure de la joue ou d’une gencive supérieure ou des douleurs dentaires supérieures. Le traitement est soit une exérèse à la demande si l’extension le permet sans curage systématique en l’absence d’adénopathie palpable, suivie d’une radiothérapie systématique à dose élevée, soit une radiochimiothérapie exclusive si l’exérèse est impossible pour raison locale ou générale.

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels