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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face

 

Ces cancers ne sont pas en rapport avec l’intoxication alcoolo-tabagique. Souvent, on retrouve une exposition prolongée aux particules de bois surtout pour les adénocarcinomes. Pour les travailleurs du bois, il s’agit d’une maladie professionnelle. Des normes de sécurité sont maintenant appliquées qui éliminent les poussières de bois sur les lieux de travail.

Les adénocarcinomes prennent leur point de départ au niveau du sinus ethmoïdal et les épithéliomas épidermoïdes au niveau du sinus maxillaire. Les deux histologies sont à peu près à égalité de fréquence.

18.6.1 Diagnostic

18.6.1.1 Diagnostic positif

Les signes révélateurs sont dans la forme caractéristique ceux d’une sinusite douloureuse et hémorragique. Il y a donc : écoulement nasal, douleurs ou accroissement des douleurs sur fond de sinusite chronique et surtout apparition de sang. Mais d’autres signes révélateurs sont possibles selon le développement de la tumeur. Il peut s’agir de troubles oculaires par atteinte surtout de l’orbite, ou des nerfs oculomoteurs (en particulier une diplopie), plus rarement par atteinte des voies optiques, de troubles dentaires par irritation de la racine des dents ou par envahissement gingival. Il peut s’agir d’une voussure de la joue, d’une atteinte des paires crâniennes en cas de développement en haut et en dehors vers la base du crane. Exceptionnellement, il s’agit d’une symptomatologie de tumeur cérébrale par développement principal dans la boite crânienne à partir de l’ethmoïde.

L’argument diagnostique radiologique est la présence d’une destruction osseuse au TDM (scanner). Cette destruction est pratiquement pathognomonique du diagnostic. La biopsie se fait sur les bourgeons inflammatoires non spécifiques qui peuvent égarer le diagnostic et qui peuvent majorer l’extension apparente en radiologie (l’IRM aide à la distinction).

18.6.1.2 Diagnostic d’extension

Il repose sur la clinique à la recherche d’une voussure de la joue, d’une voussure de la voûte palatine ou de la gencive homolatérale, d’une diplopie par refoulement du globe oculaire homolatéral ou par paralysie des nerfs oculo-moteurs, d’une paralysie des autres nerfs crâniens et en particulier d’une atteinte du nerf sous orbitaire.

L’examen par scanner (surtout pour l’os), complété par l’examen par IRM (surtout pour les parties molles), permet de bien voir l’extension des lésions, en particulier, l’extension en haut et en arrière vers la base du crane qui rend le malade inopérable. L’extension en haut à travers la lame criblée n’est pas une contre-indication chirurgicale systématique. Elle nécessite seulement une intervention à double équipe, neurochirurgicale et ORL. L’extension au niveau de la cavité orbitaire est également bien précisée. Dans 50 % des cas la cavité orbitaire est concernée soit par atteinte seulement de la paroi, soit par extension intra-orbitaire. Le traitement doit venir à bout de ces extensions tout en conservant la vision. Dans les deux tiers des cas, les lésions sont ethmoïdo-maxillaires quelque soit l’histologie.

Sur le plan ganglionnaire, il n’y a que très rarement des ganglions palpables à l’examen initial. Dans l’évolution, on n’observe que 15 % d’envahissement ganglionnaire clinique. Une extension métastatique est recherchée qui risque d’autant plus d’exister que la tumeur est de grande taille.

L’état général est habituellement bon car il n’y a pas d’intoxication alcoolo-tabagique. On précise les antécédents. Une observation précise est réalisée avec, au besoin, duplicata des documents radiologiques significatifs (la clinique est ici peu informative de sorte que l’imagerie a une grande importance).

18.6.2 Traitement

Le traitement est une chirurgie première chaque fois que possible. Cette chirurgie est une chirurgie « à la demande », elle s’étend plus ou mois loin selon les extensions. Elle est systématiquement suivie d’une radiothérapie de tout le volume initialement pathologique à doses élevées (70 Gy) comme si la tumeur n’avait pas été enlevée, sauf pour le cas rare de la petite tumeur avec exérèse large où une dose plus faible peut être réalisée. Cette attitude est liée au fait que la qualité de l’exérèse n’est pratiquement jamais tout à fait certaine. La radiothérapie traite les extensions intra-orbitaires en préservant autant que possible la fonction de l’œil en en ne dépassant pas 55 Gy sur les voies optiques.

Si le malade n’est pas opérable, le traitement est réalisé par 70 Gy en radio-chimiothérapie. Il n’y a pas de traitement systématique des aires ganglionnaires en cas de N0.

La surveillance recherche une récidive locale, une rechute ganglionnaire ou métastatique. L’examen local est assez souvent facilité par la perte de substance post-chirurgicale qui donne un jour sur les parois de la zone d’exérèse. Le scanner et l’IRM permettent également de contrôler l’état du malade. De cette façon des récidives « au début » peuvent être rattrapées efficacement.

La survie globale à 5 ans est de 40 %.

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.6.1 - Diagnostic
18.6.2 - Traitement
18.6.1.1 - Diagnostic positif
18.6.1.2 - Diagnostic d’extension