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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx

 

18.5.3 Traitement

18.5.3.1 Méthodes

  1. Chirurgie T
    Elle peut être :
    • non conservatrice, il s’agit de la laryngectomie totale ou de la pharyngolaryngectomie totale qui est une pharyngectomie partielle associée à une laryngectomie totale, la pharyngolaryngectomie totale circulaire qui est une hypopharyngectomie totale avec laryngectomie totale et réparation par lambeau et/ou montage digestif.
    • conservatrice, Dans ce cas on ne pratique l’exérèse que d’une partie plus ou moins grande, de l’ensemble pharyngolaryngé. Cette chirurgie comprend selon les situations et les extensions des tumeurs : la cordectomie, les laryngectomies partielles qui sont horizontales enlevant la partie sus-glottique ou verticales et les laryngectomies sub-totales plus ou moins reconstructives (ces dernières interventions peuvent poser des problèmes de fausses routes), les pharyngectomies partielles et enfin les pharyngolaryngectomies partielles qui, pour de petites tumeurs, enlèvent à la fois une partie de l’hypopharynx et une partie du larynx. Les indications de ces chirurgies conservatrices sont des tumeurs limitées sans troubles de la mobilité laryngée.
  2. Chirurgie N
    Les aires ganglionnaires sont traitées par chirurgie s’il y a une indication de chirurgie au niveau de la tumeur primitive, et elles sont suivies de radiothérapie en cas d’envahissement ganglionnaire et elles sont traitées par radiothérapie si l’indication au niveau de la tumeur primitive est une radiothérapie. Pour les tumeurs de la corde vocale sans troubles de la mobilité il n’y a ni chirurgie ni radiothérapie des aires ganglionnaires car il n’y a pas d’envahissement ganglionnaire.
  3. La radiothérapie externe exclusive est réalisée aux doses de 70 Gy sur la tumeur primitive et les éventuelles adénopathies. Elle est surtout utilisée pour les T1-T2 par principe ou parce que la chirurgie partielle n’est pas possible à cause du siège des lésions ou à cause de l’âge (impossibilité de réapprendre à déglutir ), et en cas de réponse complète après chimiothérapie première quelque soit le T initial. Elle est également utilisée en post-opératoire à doses prophylactiques.
  4. Les associations radio-chirurgicales comprennent d’une part les traitements par chirurgie au niveau de la tumeur et des aires ganglionnaires suivis de radiothérapie externe et d’autre part les radiothérapies externes suivies de chirurgie de rattrapage, en cas d’échec immédiat ou secondaire. Cette chirurgie de rattrapage est relativement facile à réaliser et donne de bons résultats pour le larynx puisque plus d’un malade sur deux peut être récupéré par cette chirurgie. Pour l’hypopharynx, la chirurgie de rattrapage est beaucoup moins efficace.
  5. La chimiothérapie à base de Cisplat. + 5FU peut donner en néo-adjuvant des réponses complètes jusque dans 30 à 40 % des cas et permettre ainsi de remplacer une chirurgie mutilante initialement prévue par une radiothérapie exclusive (une radiochimiothérapie). En association concomitante avec la radiothérapie elle permet d’obtenir de meilleurs résultats.

18.5.3.2 Indications

  1. Pour les T1-T2, on réalise une chirurgie conservatrice si elle est possible, suivie d’une radiothérapie externe en cas d’envahissement ganglionnaire ou de résection incomplète ou limite. Si la chirurgie conservatrice n’est pas possible, on fait une radiothérapie externe. A noter que l’on peut faire également une radiothérapie externe là où une chirurgie conservatrice serait possible, les deux méthodes donnant des résultats pratiquement identiques. En cas de chirurgie partielle conservatrice, on peut commencer le traitement par une chimiothérapie première et remplacer cette chirurgie qui n’est pas toujours anodine (problèmes de déglutition et de phonation) par une radiothérapie externe.
  2. Pour les T3-T4 on réalise classiquement une chirurgie radicale suivie de radiothérapie externe si cette chirurgie est possible, sinon on utilise une radiothérapie externe seule. Dans ces cas on doit commencer le traitement par une chimiothérapie première afin de remplacer la chirurgie mutilante par une radiothérapie exclusive en cas de réponse complète.

Pour les cas particuliers des cancers T1 de la glotte, on peut réaliser avec des résultats carcinologiques excellents (plus de 90 % de succès) une cordectomie ou une radiothérapie externe limitée au larynx. La radiothérapie est préférée à chaque fois que la voix doit être conservée (avocat, chanteur ou préférence du malade). En effet la cordectomie entraîne une modification de la voix alors que la radiothérapie permet un retour à la normale.

18.5.4 Surveillance

(comme la cavité buccale et l’oropharynx)

18.5.5 Résultats

(survie, pronostic, qualité de vie)

La survie globale pour les cancers du larynx est de 55 % à 5 ans et celle des hypopharynx de 25 %. Pour les deux localisations, la survie diminue si la T augmente, s’il existe une adénopathie palpable, s’il y a un envahissement ganglionnaire et surtout s’il y a un envahissement ganglionnaire avec rupture capsulaire (15 % de survie à 5 ans dans ce cas).

Les malades avec laryngectomie totale ont une vie presque normale s’ils ont une bonne voix œsophagienne ce qui est loin d’être constant. Cette mutilation est très mal acceptée chez la femme de sorte qu’il faut en tenir compte dans les indications.

Les malades traités par radiothérapie exclusive, de même que certains malades traités par chirurgie partielle, peuvent avoir un œdème laryngé qui doit être surveillé, traité avec éventuellement trachéotomie provisoire (ou non) afin d’éviter un épisode dyspnéique éventuellement mortel.

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.5.1 - Anatomopathologie
18.5.2 - Diagnostic
18.5.3 - Traitement
18.5.4 - Surveillance
18.5.5 - Résultats
18.5.3.1 - Méthodes
18.5.3.2 - Indications