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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx

18.5.2 - Diagnostic

 

18.5.2.1 Diagnostic positif

Les signes révélateurs habituels sont la dysphonie pour le larynx et la dysphagie pour l’hypopharynx. Au moment où le médecin fait le diagnostic, les lésions ont pu évoluer assez pour que la dysphagie de l’hypopharynx s’associe à une dysphonie par atteinte du larynx et réciproquement. Au maximum, on peut arriver jusqu’à la dyspnée avec parfois même trachéotomie en urgence comme premier geste médical. Ces stades évolués sont liés à la négligence de beaucoup de malades alcooliques et aux antécédents de laryngite chronique des fumeurs qui ne s’alarment pas assez vite devant l’aggravation de la dysphonie.

Les tumeurs de la marge laryngée (épiglotte sus-hyoïdienne, replis ary-épiglottiques) se révèlent en général par une dysphagie. Dans tous les cas on peut avoir une expectoration sanguinolente.

Exceptionnellement il s’agit d’une adénopathie révélatrice d’un tout petit cancer sans symptomatologie fonctionnelle.

Les éléments de suspicion sont dans les deux cas, la persistance du trouble. Une dysphonie qui dure plus de deux semaines impose un examen ORL. Une dysphagie accidentelle ne doit pas durer non plus plus de deux semaines. Le fait que la dysphagie s’associe à une dysphonie et réciproquement, sont des éléments hautement suspects de même que la présence d’une adénopathie.

Très souvent en laryngoscopie indirecte, on voit la lésion on la voit mieux en fibroscopie. De toute façon la laryngoscopie directe est indispensable pour faire le bilan exact des lésions et la biopsie.

L’histologie est toujours de type épithélioma épidermoïde.

18.5.2.2 Diagnostic d’extension

L’extension locale est appréciée par la fibroscopie et la laryngoscopie directe. L’extension visible est notée et on s’intéresse aussi particulièrement à la mobilité du larynx qui traduit si elle est diminuée ou surtout supprimée une infiltration du mur pharyngolaryngé. C’est en pratique l’élément le plus important pour le traitement et le pronostic. Cette mobilité s’apprécie le malade n’étant pas sous anesthésie générale.

On recherche aussi des adénopathies fréquentes dans le cancer l’hypopharynx (3/4) assez fréquentes dans le cancer larynx sus-glottique et des 3 étages (1/2), éventuellement des métastases, d’autres localisations et on apprécie l’état général. Le scanner (et l’IRM) est utile pour rechercher une extension en particulier dans la loge hyothyroépiglottique qui n’est pas accessible à l’examen clinique et au niveau des cartilages.

On apprécie l’état cérébral si se discute une chirurgie partielle à la suite de laquelle le malade doit en effet être capable de réapprendre à déglutir sans faire de fausses routes. De toutes façons on précise l’état général et les antécédents.

Une observation complète peut donc être faite avec les descriptions, les schémas, les radios, l’appréciation de l’état général. Le TNM peut être appliqué. Il est assez complexe et dépend du siège de la tumeur, des structures envahies et de la mobilité persistante ou non du larynx. Lorsque cette mobilité est conservée, on est dans le cadre des petites tumeurs T1T2, lorsqu’elle est atteinte, on est dans le cadre des T3 et si, en plus, l’extension se fait en dehors du pharyngolarynx, ou s’il y a destruction cartilagineuse on est dans le cadre du T4. La classification N est la même que précédemment (cf cavité buccale, oropharynx, rhinopharynx).

TNM (2002) :

Hypopharynx
T1 T ≤ 2 cm ne concernant qu’un site (sinus piriforme, région rétro-cricoïdienne ou paroi postérieure)
T2 T > 2 cm ≤ 4 cm et/ou invasion de 2 sites ou d’un site adjacent mais sans fixation de l’hémilarynx correspondant
T3 T > 4 cm et/ou fixation de l’hémilarynx correspondant
T4 T avec invasion des cartilages ou des tissus avoisinants hors larynx
N0 à N3 comme tous les cancers ORL
Larynx
Il est divisé en 3 parties : la glotte, la sus-glotte et la sous-glotte
  • La glotte
    T1 T limitée à 1 ou 2 cordes
    T2 Idem mais avec diminution de la mobilité d’une corde et/ou extension à la sus-glotte et/ou la sous glotte
    T3 T avec corde fixée et/ou extension à l’espace paraglottique ou érosion du cartilage thyroïde.
    T4 T avec extension à travers le cartilage thyroïde aux organes de voisinage.
  • La sus glotte
    T1 T limitée à un site avec mobilité normale (épiglotte suprahyoïdienne, épiglotte soushyoïdienne, repli aryépiglottique, bande ventriculaire)
    T2 T étendue à plus d’un site (cf ci-dessus) ou à un site adjacent mais sans fixation de la corde
    T3 T avec corde fixée et/ou extension à l’espace paraglottique ou pré épiglottique ou érosion du cartilage thyroïde.
    T4 T avec extension à travers le cartilage thyroïde aux organes de voisinage.
  • La sous glotte
    T1 T limitée à la sous glotte
    T2 T étendue à une (ou aux) corde(s) vocale(s)
    T3 T avec corde fixée
    T4 T avec extension à travers le cartilage thyroïde aux organes de voisinage.

N0 à N3 comme tous les cancers ORL

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.5.1 - Anatomopathologie
18.5.2 - Diagnostic
18.5.3 - Traitement
18.5.4 - Surveillance
18.5.5 - Résultats
18.5.2.1 - Diagnostic positif
18.5.2.2 - Diagnostic d’extension