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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)

 

18.4.2 Diagnostic

18.4.2.1 Diagnostic positif

Les signes révélateurs sont variables selon l’extension de la tumeur. Les signes peuvent être ORL dans près de la moitié des cas avec sensation d’obstruction nasale, hémorragie nasale, ou signes otologiques : douleurs, écoulement, infection.

Ils peuvent être neurologiques avec atteinte d’une ou plusieurs paires crâniennes en particulier le III, le IV, le V le VI, le IX, le X, le XI. Enfin il peut s’agir d’une adénopathie cervicale apparemment isolée (environ 40 % des cas), exceptionnellement de métastases à distance.

Les éléments de suspicion en cas d’adénopathie sont le siège haut et postérieur (adénopathie spinale haute ou sous-mastoïdienne) et le terrain particulier (malades originaires d’Afrique du Nord ou d’Asie).

L’examen en milieu spécialisé permet de voir l’anomalie et de la biopsier. Il s’agit d’un UCNT dans 50 % des cas en France (la quasi totalité des cas en Afrique du Nord), d’épithéliomas épidermoïdes dans 35 à 40 % et de lymphomes malins dans 10 à 15 % des cas.

18.4.2.2 Diagnostic d’extension

Il se fait par la clinique et l’imagerie. Sur le plan clinique, on recherche l’atteinte des paires crâniennes et des adénopathies. L’atteinte du III, du IV et du VI traduit un envahissement du sinus caverneux, celle du V du foramen ovale, celle du IX, X et du XI du trou déchiré postérieur. On précise également l’extension locale dans le cavum et l’oropharynx.

L’imagerie (TDM + IRM) permet de bien voir l’extension au niveau de la base du crâne et dans la région intra-crânienne éventuellement. Cela permet de traiter de façon précise les extensions par radiothérapie. On recherche enfin systématiquement des métastases mais pas de 2èmes localisations qui n’existent pas dans ce cancer. L’état général est le plus souvent bon et il n’y a en général pas d’antécédents pathologiques (pas d’alcoolo tabagisme). On applique le TNM qui est le suivant : T1 envahissement d’une paroi du cavum, T2 envahissement de plus d’une paroi, T3 extension dans l’oropharynx ou les fosses nasales, T4 atteinte de la base du crâne ou des nerfs crâniens. Les T4 représentent près de 40 % des malades à cause de l’évolution à bas bruit de cancer au début et de la proximité des organes de voisinage.

Le TNM (2002) est :

T1 : tumeur limitée au nasopharynx

T2 : tumeur étendue aux tissus mous de l’oropharynx ou des fosses nasales

T3 : tumeur envahissant les structures osseuses ou les cavités aériennes de la face (T4 avant TNM 1997)

T4 : tumeur avec extension intracrânienne, atteinte des nerfs crâniens, envahissement de la fosse infratemporale, de l’orbite ou de l’hypopharynx

N0 à N3 comme cavité buccale ou oropharynx

18.4.3 Traitement

Au niveau de la tumeur primitive, le traitement est la radiothérapie externe aux doses de 70 Gy, avec chimiothérapie concomitante pour les stades III et IV. La curiethérapie peut être utilisée en complément après une irradiation externe à doses complètes ou en rattrapage en cas de petite récidive superficielle. A noter que, dans le domaine de ce cancer, des réirradiations externes à doses entières ont été faites pour rattraper des récidives locales malgré les risques potentiels de ces réirradiations. Entreprises d’abord en Chine, ces réirradiations sont maintenant utilisées pour traiter des récidives pas trop étendues. Des résultats inespérés ont ainsi été obtenus qui devraient être améliorés avec la technique conformationnelle. Il faut noter qu’il n’y a pas de chirurgie possible sur la tumeur primitive ni en traitement initial ni en rattrapage.

Les aires ganglionnaires, sont traitées par radiothérapie externe en même temps que la tumeur primitive. La chirurgie est utilisée en cas de reliquat ou de récidive ganglionnaire.

La chimiothérapie est également à base de Cisplatine et de 5 FU mais on y associe une anthracycline. En néoadjuvant cette chimiothérapie peut faire disparaître les lésions et elle est capable d’améliorer la survie « sans rechute » mais pas la survie globale.

18.4.4 Surveillance

Lors de la surveillance, on recherche les récidives locales ou ganglionnaires et les métastases.

18.4.5 Résultats

Les UCNT sont plus radiosensibles que les épidermoïdes de sorte qu’il y a 2 à 3 fois moins d’échecs locaux avec les UCNT, par contre, ils donnent plus de métastases (2 à 3 fois plus). La survie des UCNT est un peu meilleure que celle des épidermoïdes.

La survie d’ensemble est de 45 % à 5 ans avec près de 60 % de survie à 5 ans pour l’ensemble des T1T2T3 et 20 % pour les T4. Bien que la survie de ces T4 soit faible, il faut remarquer cependant que ce sont de loin les T4 qui donnent les meilleurs résultats de tous les cancers ORL.

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.4.1 - Anatomopathologie
18.4.2 - Diagnostic
18.4.3 - Traitement
18.4.4 - Surveillance
18.4.5 - Résultats
18.4.2.1 - Diagnostic positif
18.4.2.2 - Diagnostic d’extension