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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures

 

18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx

 

Ils représentent la moitié des cancers ORL.

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18.2.1 Anatomopathologie

La cavité buccale comprend la langue mobile et le plancher de la bouche où sont la plupart des cancers, et par, ailleurs, les gencives, les faces internes de joue, la muqueuse de recouvrement de la branche montante du maxillaire inférieur (RBMI) et de la voûte palatine.

La langue comprend la portion mobile (cavité orale) en avant du V lingual et la base de langue qui fait partie de l’oropharynx. L’oropharynx comprend de plus l’amygdale et la loge amygdalienne, le pilier antérieur du voile, le palais mou et la paroi oropharyngée latérale et postérieure.

Les lymphatiques sont nombreux, et se drainent dans les ganglions sous-mentaux et sous maxillaires (portion mobile et plancher), dans les ganglions jugulaires supérieurs, moyens, inférieurs et sus-claviculaires. Les lymphatiques du mur pharyngé postérieur se drainent dans les ganglions rétropharyngés.

18.2.1.1 Etiologie

Les cancers de la cavité buccale sont précédés dans environ 10 % des cas par des lésions précancéreuses. Il peut s’agir :

  • de lésions blanches ou leucoplasies (lichen) = plaque blanchâtre ne se détachant pas par grattage liée au plan histologique à une accumulation de kératine (kératose) en surface. Les leucoplasies inhomogènes et de la face ventrale de la langue sont suspectes. La classification des lésions est controversée. La présence de dysplasie ou d’un CIS (carcinome in situ) implique un risque significatif de progression vers le carcinome épidermoïde infiltrant.
  • de lésions rouges ou érythroplasie = plaque rouge, souvent étendue, moins fréquente mais plus inquiétante que les leucoplasies, correspondant à un épithélium atrophique recouvrant un réseau vasculaire télangiectasique. La lésion intra-épithéliale précancéreuse correspond à une dysplasie sévère/CIS et comporte un risque élevé de progression. Dans 50 % des cas, la lésion intra-épithéliale est déjà associée un carcinome épidermoïde infiltrant.

18.2.1.2 Formes macroscopiques

Il s’agit de tumeurs exophytiques ou endophytiques (plus péjoratives).

18.2.1.3 Forme histologique commune

Il s’agit de carcinomes épidermoides infiltrants (95 % des cas). Certains éléments seraient plus péjoratifs : l’atteinte nerveuse ou vasculaire, la profondeur de l’infiltration tumorale, l’infiltration sous forme de travées grêles.

Certaines variétés de carcinome épidermoide peuvent être observées dans la cavité buccale ou l’oropharynx :

  • carcinome verruqueux : son aspect est analogue au carcinome verruqueux laryngé. Il se présente parfois sous la forme d’une nappe papillomateuse hyperkératosique (« papillomatose orale floride ») ; le diagnostic repose sur l’examen en totalité de la tumeur, car cette tumeur à malignité locale peut s’associer à un carcinome épidermoïde infiltrant ;
  • carcinome sarcomatoïde (cancer à cellules fusiformes)
  • carcinome basaloïde
  • carcinome adénosquameux.

18.2.1.4 Formes histologiques particulières

Ce sont les tumeurs à point de départ non muqueux :

  • tumeurs des glandes salivaires (tumeurs muco-épidermoïdes, carcinomes adénoïdes kystiques)
  • tumeurs osseuses (ostéosarcomes en particulier)
  • métastases des tissus mous ou osseuses.

18.2.1.5 Extension

Les cancers de la portion mobile de la langue et du plancher de la bouche ont, par comparaison avec les autres cancers de la cavité buccale, une plus grande tendance à donner des extensions ganglionnaires : 15 à 75 % des cas selon le stade d’extension de la tumeur au site primaire (T). Les sites les plus souvent atteints sont II, puis I, III et IV. Les métastases sont bilatérales dans 25 % des cas. L’atteinte ganglionnaire est le facteur pronostic majeur.

Les cancers de la base de langue sont classés dans les cancers de l’oropharynx. Ce sont des tumeurs agressives et silencieuses, découvertes à des stades avancés (90 % sont des stades III ou IV) Elles peuvent infiltrer les vallécules, la loge hyo-thyro-épiglottique, et le reste du larynx (modification de la voix) ou s’étendre au mur pharyngé latéral et aux nerfs crâniens (otalgie). Les métastases ganglionnaires sont fréquentes même pour les T1 (70 % cas), souvent bilatérales (30 % cas), souvent révélatrices. Les extensions ganglionnaires intéressent en règle les niveaux II et III, et plus souvent les niveaux IV, et V que les autres localisations. Par contre, l’os mandibulaire est rarement atteint.

Les cancers de l’amygdale sont souvent avancés et s’étendent vers la base de langue et le mur pharyngé latéral. Les métastases ganglionnaires sont fréquentes même pour les stades précoces.

Les cancers du pilier antérieur de l’amygdale tendent à être superficiels et s’étendent sur une large zone vers le palais mou, la muqueuse buccale.

Les cancers du palais mou peuvent rester à un stade précoce en s’étendant de façon très superficielle vers le palais dur et les piliers. Les métastases ganglionnaires sont volontiers bilatérales quand la tumeur s’étend au delà du plan médian.

Les cancers du mur pharyngé s’étendent vers le nasopharynx, le fascia prévertébral, les sinus piriformes et le mur hypopharyngé postérieur. Les métastases ganglionnaires sont fréquentes, intéressent les niveaux II et III ainsi que les ganglions rétropharyngés. Elles sont souvent bilatérales.

18.2.1.6 Apport de l’examen anatomo-pathologique

Il est essentiel pour établir le diagnostic de la tumeur.

Au niveau de la pièce opératoire, il précise l’extension locale (pT), et notamment le statut des marges d’exérèse, et régionale (pN), ce qui détermine le pronostic. Par exemple environ 25 % des marges d’exérèse sont envahies en per-opératoire en cas de chirurgie initiale pour les cancers de base de langue à des stades avancés.

L’examen histologique est essentiel pour déterminer à quel stade en est une dysplasie précancéreuse (dysplasie de grade peu élevé, dysplasie sévère, épithélioma in situ ou épithélioma déjà infiltrant).

Ces lésions précancéreuses lorsqu’elles sont découvertes doivent être surveillées et traitées avant la progression vers le carcinome épidermoïde invasif.

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18.1 - Généralités
18.2 - Cancers de la cavité buccale et de l’oropharynx
18.3 - Cancers de l’oropharynx
18.4 - Cancers du rhinopharynx (ou cavum)
18.5 - Cancers du larynx et de l’hypopharynx
18.6 - Cancers de la cavité aérienne de la face
18.7 - Points essentiels
18.2.1 - Anatomopathologie
18.2.2 - Diagnostic
18.2.3 - Traitement
18.2.4 - Surveillance
18.2.5 - Résultats
18.2.1.1 - Etiologie
18.2.1.2 - Formes macroscopiques
18.2.1.3 - Forme histologique commune
18.2.1.4 - Formes histologiques particulières
18.2.1.5 - Extension
18.2.1.6 - Apport de l’examen anatomo-pathologique