Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 15 - Cancer de l’œsophage

 

 

15.3 Circonstances révélatrices du cancer de l’œsophage et la place de l’endoscopie

Homme d’âge moyen 65 ans, avec un long passé de consommation alcoolique et tabagique.

Tout signe d’appel œsophagien ou thoraco-respiratoire peut révéler un cancer de l’œsophage ; il s’agit très souvent alors d’une forme invasive de mauvais pronostic.

La dysphagie est le symptôme dominant, habituellement élective pour les solides, d’apparition récente et d’évolution progressive entraînant un état de dénutrition.

Les autres symptômes, rarement isolés et plus tardifs, sont la traduction d’une lésion évoluée ou d’une complication : douleur thoracique, infection broncho-pulmonaire par fausse route ou fistulisation de la tumeur dans l’arbre respiratoire, dyspnée inspiratoire par compression trachéale, dysphonie par atteinte des récurrents (gauche le plus souvent), syndrome de Claude Bernard Horner par lésion du sympathique cervical, compression cave ou péricardique. L’hémorragie massive par érosion de gros vaisseaux et l’anémie d’origine inflammatoire ou par saignement occulte sont rares.

En l’absence de tout symptôme, le diagnostic peut être porté à un stade de début chez les sujets atteints d’une néoplasie ORL ou à l’occasion d’une endoscopie pour une autre cause.

Quelles que soient les circonstances de découverte, le diagnostic impose la réalisation d’une endoscopie et de prélèvements biopsiques qui précisent le type histologique.

Le transit avec opacifiant permet de préciser l’étendue de la lésion et sa topographie : lacune dans la lumière œsophagienne, typiquement en trognon de pomme, parfois information sur l’envahissement des organes de voisinage.

Aspects endoscopiques du cancer de l’œsophage

Dans les formes évoluées, l’aspect est généralement très caractéristique : ulcération plus ou moins anfractueuse à fond blanchâtre, entourée d’un bourrelet irrégulier dur au contact de la pince, lésion végétante irrégulière friable et hémorragique obstruant plus ou moins la lumière ou rétrécissement infranchissable.

L’endoscopie doit mesurer dans tous les cas la distance entre le pôle supérieur de la lésion néoplasique et la bouche de Killian et rechercher un ou des nodules de perméation ou un foyer de dysplasie en amont de la tumeur.

Les lésions limitées sont de diagnostic plus difficile mais doivent être bien connues car elles permettent le diagnostic au stade de cancer non invasif, seule forme susceptible de guérir. Il peut s’agir d’une plage de muqueuse discrètement surélevée ou au contraire érodée, d’un simple dépoli avec changement de coloration et de brillance de la muqueuse, ou d’un petit nodule.

Il est toujours nécessaire d’obtenir une confirmation anatomopathologique de plusieurs prélèvements biopsiques ou d’un frottis réalisé à partir des éléments du brossage d’une sténose infranchissable.

15.4 Bilan d’extension et d’opérabilité et du terrain d’un cancer de l’œsophage

15.4.1 L’extension loco-régionale

Elle est recherchée par :

  • l’examen ORL qui recherche principalement une atteinte récurrentielle et dépiste une lésion néoplasique concomitante des voies aériennes supérieures.
  • l’endoscopie trachéo-bronchique (pour les cancers des tiers supérieur et moyen) qui permet d’affirmer une extension à l’arbre respiratoire lorsqu’elle montre un aspect végétant ou infiltrant ou une fistule, ou seulement un simple refoulement trachéal ou bronchique qui ne préjuge pas de l’envahissement pariétal
  • l’appréciation de l’extension pariétale et médiastinale par la tomodensitométrie manque de précision lorsqu’il s’agit de différencier le simple contact d’une tumeur avec un organe médiastinal et l’envahissement de celui-ci.
  • L’écho-endoscopie permet un bilan plus précis ainsi qu’une meilleure précision de l’extension dans les différentes couches pariétales. Elle permet de distinguer les lésions purement sous-muqueuses (Tl), des lésions infiltrant la musculeuse (T2), la graisse médiastinale (T3) ou les organes de voisinage (T4). Elle peut aussi préciser l’existence d’adénopathies sans toutefois affirmer à coup sûr leur envahissement cancéreux.
    Sensibilité tumorale : 71 à 98 % en absence obstruction
    Sensibilité ganglionnaire : 85 à 95 % mais spécificité faible 50 à 60 %
  • L’extension lymphatique est recherchée par l’examen physique (ganglion de Troisier). L’échographie pour la recherche d’adénopathies cervicales et cœliaques, et l’écho-endoscopie pour la recherche d’adénopathies médiastinales ne sont pas pratiquées dans tous les centres.
  • Les métastases viscérales sont recherchées par une radiographie pulmonaire de face et de profil, une échographie hépatique et un examen tomodensitométrique thoracique et abdominal.

15.4.2 Synthèse du bilan d’extension

La synthèse du bilan d’extension est faite actuellement dans le cadre de la classification TNM. Il s’agit d’une classification anatomopathologique

Tis : Carcinome in situ = intra-muqueux

T1 : Envahissement de la lamina propria ou sous muqueuse

T2 : Envahissement la musculeuse

T3 : Envahissement de l’adventice

T4 : Envahissement des structures adjacentes ou organes de voisinage

Tx : La tumeur primitive ne peut être évaluée.

N0 : Pas de signe d’atteinte ganglionnaire

N1 : Métastases ganglionnaires régionales

  • Pour les tumeurs intrathoraciques, les ganglions sus-claviculaires et cœliaques sont considérés comme des métastases (M1)
  • Pour les tumeurs de l’œsophage cervical, les ganglions sus-claviculaires sont considérés comme des ganglions régionaux (N1)

NX : renseignements insuffisants.

M0 : Pas de métastase à distance

M1 : Métastase à distance.

Le bilan d’opérabilité consiste à apprécier :

  • le retentissement nutritionnel, jugé surtout sur l’amaigrissement ;
  • l’âge ;
  • la fonction hépatique (TP) ;
  • la fonction respiratoire (EFR, gazométrie) ;
  • la fonction cardiaque.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
15.1 - Généralités
15.2 - Anatomopathologie
15.3 - Circonstances révélatrices du cancer de l’œsophage et la place de l’endoscopie
15.4 - Bilan d’extension et d’opérabilité et du terrain d’un cancer de l’œsophage
15.5 - Traitement du cancer de l’œsophage
15.6 - Pronostic du cancer de l’œsophage en fonction de son extension
15.4.1 - L’extension loco-régionale
15.4.2 - Synthèse du bilan d’extension