Site FMPMC
     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 

Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 15 - Cancer de l’œsophage

 

15.2 - Anatomopathologie

 

15.2.1 Rappel histologique

La paroi œsophagienne est constituée de quatre couches :

La muqueuse, constituée d’un épithélium malpighien non kératinisée reposant sur une musculaire muqueuse à laquelle font suite une sous-muqueuse puis une musculeuse et une adventice (sans séreuse).

15.2.2 Classification simplifiée des cancers de l’œsophage

Les tumeurs malignes primitives sont pour la plupart des carcinomes, avec deux principales variétés : le carcinome épidermoïde (>80 %) et l’adénocarcinome (20 %), ce dernier en nette augmentation.

Les tumeurs malignes non épithéliales sont exceptionnelles

Les tumeurs secondaires correspondent à des extensions de cancers de voisinage (larynx, cardia, arbre trachéo-bronchique…) ou à des métastases (voies aériennes supérieures, poumon, sein…).

15.2.3 Les carcinomes primitifs

15.2.3.1 Facteurs favorisants

Ce sont les conditions précancéreuses et les lésions précancéreuses.

  • Conditions précancéreuses : c’est principalement l’œsophagite chronique, secondaire à une agression locale. En Occident, l’alcool et le tabac sont les toxiques les plus incriminés dans la survenue d’un carcinome épidermoïde. Le reflux gastro-œsophagien (à l’origine d’une œsophagite peptique) favorise la survenue d’un adénocarcinome au 1/3 inférieur de l’œsophage.
    Beaucoup plus rarement, une sténose caustique (plus de 30 ans après l’ingestion de caustique), un mégaœsophage, un diverticule, une maladie de Plummer-Vinson favorisent la survenue d’un carcinome épidermoïde.
  • Lésions précancéreuses : Ce sont les dysplasies de haut grade survenant sur une muqueuse malpighienne ou sur une muqueuse glandulaire. Cette dernière correspond rarement à des foyers d’hétérotopie gastrique (au 1/3 supérieur de l’œsophage) et très souvent à une métaplasie gastrique et ou intestinale secondaire à une œsophagite peptique : c’est l’endobrachyœsophage ou muqueuse de Barrett.

15.2.3.2 Macroscopie

Les sièges préférentiels des carcinomes primitifs œsophagiens sont par ordre décroissant les tiers inférieur, moyen, supérieur.

La tumeur est habituellement ulcéro-bourgeonnante et infiltrante, supérieure à 1 cm de grand axe ; plus rarement, elle est polypoïde ou sténosante ou superficielle (plaque, dépression) ; dans plus de 10 % des cas, il existe un ou plusieurs foyers carcinomateux à distance du foyer principal.

15.2.3.3 Méthodes diagnostiques

Les examens histo-cytologiques sont les compléments indispensables des explorations radiologiques et endoscopiques : cytologie à la brosse lorsqu’il existe un bourrelet inflammatoire péri-tumoral, biopsies multiples, sur les berges de la tumeur si elle est ulcérée, et biopsie à distance de la lésion principale pour recherche d’éventuels foyers microfoyers.

A un stade précoce, ce qui est rare, le cancer peut être détecté à l’aide de colorations vitales : bleu de toluidine, lugol.

Les pièces d’œsophagectomies sont fixées dans du formol à 10 % pendant au moins 24 heures. La détection des ganglions lymphatiques est facilitée par la fixation du tissu adipeux péri-œsophagien dans le liquide de Bouin.

15.2.3.4 Microscopie

Il existe principalement deux variétés de carcinomes :

Les carcinomes épidermoïdes qui sont le plus souvent bien différenciés, kératinisant ou non, et plus rarement moyennement ou peu différenciés.

Les adénocarcinomes se développent surtout dans le 1/3 inférieur de l’œsophage à partir de la muqueuse d’un endobrachyœsophage et plus rarement à partir de glandes muqueuses ou de foyers d’hétérotopie (cf plus haut). Il n’est pas possible de faire le diagnostic différentiel avec un adénocarcinome étendu à l’œsophage.

Les autres variétés de carcinomes sont exceptionnelles : carcinome adénosquameux, carcinome à petites cellules.

15.2.3.5 Extension

L’extension locale se fait de proche en proche à partir de la muqueuse avec infiltration progressive des couches pariétales sous-jacentes et parfois foyers de carcinome in situ à distance de la tumeur invasive.

L’extension régionale concerne la plèvre, la trachée, les bronches et les poumons, l’aorte, le péricarde…

L’extension ganglionnaire est fréquente avec atteinte des ganglions latéro-tumoraux, du cardia, de la coronaire stomachique, trachéo-bronchiques.

Les métastases viscérales, rares, siègent principalement dans les poumons, le foie, le rachis dorsal.

15.2.4 Apport de l’anatomopathologiste

Outre le diagnostic de cancer œsophagien et sa classification pTNM, la surveillance des conditions pré-cancéreuses pourrait permettre un dépistage précoce en objectivant la présence de lésions précancéreuses (dysplasies).

Les difficultés pour affirmer une dysplasie en muqueuse glandulaire ont incité à rechercher des marqueurs d’évolutivité de la muqueuse de Barret : cytométrie en flux, altération du gène suppresseur de tumeur P53, index de prolifération, surexpression de certains facteurs de croissance et de certains oncogènes. Leur étude a pour but d’optimiser la stratégie de surveillance des endobrachyœsophages.

15.2.5 A retenir

Le cancer œsophagien est principalement un carcinome épidermoïde chez le sujet alcoolo-tabagique.

Sur endobrachyœsophage, c’est un adénocarcinome.

Une preuve histologique du cancer est indispensable avant tout traitement. La gravité de ce cancer est essentiellement liée à son extension loco-régionale.

     Page précédentePage suivanteSommaireVersion imprimable
   
 
15.1 - Généralités
15.2 - Anatomopathologie
15.3 - Circonstances révélatrices du cancer de l’œsophage et la place de l’endoscopie
15.4 - Bilan d’extension et d’opérabilité et du terrain d’un cancer de l’œsophage
15.5 - Traitement du cancer de l’œsophage
15.6 - Pronostic du cancer de l’œsophage en fonction de son extension
15.2.1 - Rappel histologique
15.2.2 - Classification simplifiée des cancers de l’œsophage
15.2.3 - Les carcinomes primitifs
15.2.4 - Apport de l’anatomopathologiste
15.2.5 - A retenir
15.2.3.1 - Facteurs favorisants
15.2.3.2 - Macroscopie
15.2.3.3 - Méthodes diagnostiques
15.2.3.4 - Microscopie
15.2.3.5 - Extension