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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


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traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 14 - Cancers bronchiques à petites cellules

 

 

14.8 Traitement

La particularité évolutive essentielle du CBPC est sa vitesse d’évolution marquée par des temps de doublement tumoral (multiplication par deux du volume tumoral) extrêmement courts de l’ordre de 1 à 2 mois. Au niveau évolutif ce type de cancer se situe entre les leucémies et les tumeurs solides (cancer du sein, digestif, CBNPC…etc). Par conséquent, étant donné le caractère « leucémoïde » des CBPC, la chirurgie n’a pas de place dans le traitement de ces tumeurs. Elle n’est cependant pas nuisible lorsqu’elle est réalisée dans un but diagnostic, d’où l’approche identique devant des opacités pulmonaires suspectes dont le diagnostic histologique n’est pas fait, opérables (patients et tumeurs) : la chirurgie. En cas de CBPC, l’attitude sera la même que si la tumeur n’avait pas été opérée.

Trois notions à garder en tête :

  1. La chimiothérapie est la base du traitement de tous les CBPC.
  2. La polychimiothérapie est supérieure en terme de survie que la monochimiothérapie.
  3. L’association radiothérapie-chimiothérapie est supérieure à chacun de ces traitements utilisés seuls. Pour des formes localisées la survie à 2 ans est, à partir de 12 essais randomisés, de 17 % par chimiothérapie seule et de 23 % par radiochimiothérapie. La survie à 5 ans des radiochimiothérapies pour ces formes localisées reste modeste entre 5 et 10 %.

De nombreux protocoles de chimiothérapies ont été développés. Parmi ceux-ci deux semblent meilleurs que les autres :

  • EP : Sels de platine (Cisplatine ou Carboplatine)- Etoposide (VP16)
  • CP : Sels de platine (Cisplatine)- Camptothécine (CPT11)

Deux situations différentes : cancer localisé ou disséminé.

14.8.1 CBPC localisé

Le traitement comportera une association de :

  • chimiothérapie pour lutter contre la tumeur primitive et d’éventuelles micrométastases
  • radiothérapie pour augmenter le contrôle local

Les modalités d’administration sont très variées et continuellement discutées parmi la communauté scientifique. Il semble se dégager deux points :

  • la radiothérapie doit être réalisée assez précocément dans le traitement
  • il faut utiliser des drogues radiosensibilisantes de type Etoposide et Dérivés du platine.

L’irradiation prophylactique cérébrale (IPC) consiste à irradier le cerveau (18 à 24 Gy) des patients atteints de CBPC localisé au thorax qui ont eu une réponse complète (disparition de la tumeur) sous traitement (chimio et radio). Cette stratégie augmente la survie sans métastase cérébrale des patients mais également la survie globale bien que de façon très modeste.

14.8.2 CBPC disséminé

La polychimiothérapie est la pierre angulaire du traitement. Celle-ci est réalisée sous forme de cycle ou cure de 3 à 4 semaines que l’on répète en général 6 fois.

L’IPC est controversée mais parfois réalisée chez les patients métastatiques en rémission complète.

14.8.3 Cas particulier

  • Patients en mauvais état général ou âgés
    Du fait de l’extrême sensibilité de ces tumeurs à la chimiothérapie (plus de 90 % des CBPC «  répondent » à la chimiothérapie), l’indication de traiter est très large même chez des patients en très mauvais état général, celui-ci étant dû à la tumeur le plus souvent. La chimiothérapie peut considérablement améliorer l’état de ces patients. On utilisera alors des médicaments un peu mieux tolérés ou à plus faible dose.
  • Syndrome cave supérieur
    C’est une urgence thérapeutique car le risque de thrombose de la veine cave supérieure est grand. Il comporte :
    1. oxygénothérapie si besoin
    2. Corticothérapie à fortes doses
    3. Anticoagulation efficace
    4. Traitement de la cause : chimiothérapie et radiothérapie.
  • Syndrome neurologique d’atteinte métastatique : convulsion, confusion
    L’administration intra-veineuse de fortes doses de corticoïdes permet le plus souvent d’améliorer la situation clinique, permettant au patient de réaliser dans de bonnes conditions l’irradiation encéphalique urgente. On associe des anticonvulsivants comme le valproate de sodium en cas de convulsion.
    Traitement symptomatique (cf. cours CBNPC).

14.9 Conclusion en 10 points clés

  • 26 000 Cancers bronchiques/an
  • 15 % à petites cellules
  • Tabac
  • Clinique bruyante
  • Syndromes paranéoplasiques
  • Pas de chirurgie
  • Radio et chimiosensibilité extrême
  • Résistance secondaire
  • Urgence thérapeutique
  • Médiane 9 mois si diffus, 16 mois si localisés

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14.1 - Epidémiologie
14.2 - Anatomopathologie
14.3 - Eléments de biologie tumorale
14.4 - Diagnostic : il est toujours histologique
14.5 - Diagnostic positif
14.6 - Bilan pré-thérapeutique
14.7 - Evolution et facteurs pronostiques
14.8 - Traitement
14.9 - Conclusion en 10 points clés
14.8.1 - CBPC localisé
14.8.2 - CBPC disséminé
14.8.3 - Cas particulier