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Cancérologie

Sommaire

I - Cancérologie générale

1 - Généralités cliniques

2 - Prévention, dépistage, cancers professionnels

3 - Biologie du cancer

4 - Anatomie pathologique

5 - Bases de la radiothérapie

6 - Principes de la chimiothérapie anti-tumorale

7 - Principe de la prise en charge psychologique du patient cancéreux

II - Localisations

8 - Cancer du testicule

9 - Cancers du col utérin

10 - Cancers de l’endomètre

11 - Cancer du sein

12 - Le cancer de l’ovaire

13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

14 - Cancers bronchiques à petites cellules

15 - Cancer de l’œsophage

16 - Les cancers colorectaux

17 - Cancer de l’estomac

18 - Cancers des voies aéro-digestives supérieures


Tous droits de reproduction réservés aux auteurs


traduction HTML V2.8
V. Morice


Partie II - Localisations
Chapitre 13 - Cancers bronchiques non à petites cellules

 

 

13.9 Bilan d’évaluation : extension, opérabilité

13.9.1 Bilan d’extension : il comporte deux volets

13.9.1.1 Locorégional

  • Clinique : recherche une atteinte médiastinale, des adénopathies, des douleurs osseuses.
  • Radiographie pulmonaire et TDM thoracique apprécient l’extension locorégionale.
  • Une médiastinoscopie permet parfois de lever le doute sur une atteinte ganglionnaire médiastinale controlatérale à la tumeur et contre indiquant la chirurgie thoracique.
  • Fibroscopie bronchique : extension locale (éperons ++).
  • Fibroscopie œsophagienne que si dysphagie ou tumeur trachéale infiltrative.
  • Examen ORL au moindre doute.
  • ECG et échographie cardiaque si suspicion péricardite.
  • Ponction pleurale et Biopsie pleurale en cas de pleurésie.

13.9.1.2 Extension à distance : les métastases

  • Clinique : douleurs osseuses, signes neurologiques, ictère.
  • Scanner abdominal : peut être remplacé par l’échographie abdominale et des coupes surrénaliennes lors du TDM thoracique à la recherche de métastases hépatiques et surrénaliennes.
  • Scanner cérébral : systématique (certaines équipes ne le font aux cancers épidermoïdes que s’il existe des symptômes).
  • Scintigraphie osseuse : seulement si signes (douleur, hypercalcémie).
  • Biopsie ostéomédullaire : très facultatif même pour les CBPC en dehors de protocole d’étude thérapeutique

13.9.2 Bilan d’opérabilité

Le terrain : parmi les facteurs pronostiques, l’indice de Karnofsky est un indice pronostique majeur (péjoratif quand < 70 %) ; de même que la perte de poids. Sur ces terrains fragilisés (tabac, parfois alcool), il faut rechercher et traiter les tares associées, foyers infectieux dentaires, ORL, diabète, insuffisance rénale, insuffisance hépatique. L’âge n’est pas à lui seul une contre indication chirurgicale.

Exploration fonctionnelle respiratoire : le VEMS prévisible post-opératoire doit être supérieur à 30 % de la théorique (environ 1000 mL) dans des conditions optimales, avec gaz du sang.

La scintigraphie pulmonaire de perfusion est souvent utile afin d’évaluer au mieux le VEMS post-opératoire : c’est parfois du côté du cancer que se situe la perte fonctionnelle maximum).

Bilan fonctionnel cardiaque : ECG, échographie selon symptômes.

Au terme de ce bilan, on classe la tumeur selon la classification internationale TNM (cf. tableau 7). Cette classification est regroupée en stades qui sont beaucoup plus souvent utilisés pour guider le traitement et évaluer le pronostic (cf. tableau 8). Cette classification repose en fait sur l’opérabilité des patients : en effet la pierre angulaire du traitement curateur reste la chirurgie : seuls les patients opérés ont un espoir de guérison important.

La barrière théorique chirurgicale se situe au delà des stades IIIa.

  • Les stades I, II, IIIa sont opérables et doivent l’être si le terrain le permet.
  • Les stades IIIb doivent être discutés au cas par cas.
  • Les IV sont inopérables

Les stades IIIa et IIIb peuvent bénéficier de traitements néo-adjuvants.

13.10 Evolution, pronostic

Le pronostic global est effroyable : de l’ordre de 10 % de survie à 5 ans avec, il faut bien le dire, peu de progrès en 20 ans. Il est ainsi devenu la 1ère cause de mortalité chez les hommes de plus de 50 ans aux USA.

Cette survie dépend essentiellement :

  1. Du stade de la maladie (T : tumeur et N : ganglion)
  2. De l’état général du patient
  3. De l’âge du patient
  4. Du traitement qui a pu être appliqué (lequel dépend de 1, 2 et 3.)

Tableau 9 Survie post-chirurgical selon stade
Stades Survies à 5ans
I 60 à 70
II 30 à 40
III 10 à 15

Globalement 25 % des malades sont opérés et 25 % des opérés sont en vie à 5 ans.

Les autres facteurs de bon pronostic sont inconstamment retrouvés :

  • CYFRA 21.1 bas
  • Absence de métastases hépatiques.
  • Sexe féminin.
  • Absence de néo-angiogénèse importante.
  • Absence de mutation dans les gènes K-RAS.

Les facteurs pronostiques résultent d’analyse statistique de nombreuses variables.

Les deux tiers des patients ont déjà une tumeur inopérable lors du diagnostic.

La survie spontanée moyenne est de 3 à 6 mois pour les CBNPC métastatiques.

Tableau 10 Survie globale selon traitements possibles
Pour 100 malades porteurs de CBNPC on a : Survies à 5 ans
10 métastasés d’emblée traités par chimiothérapie ≈ 0 %
25 malades opérés1 ± radiothérapie ≈ 6,5 %
65 traités par radiothérapie2 ± chimio ≈ 3,5 %
Total ≈ 10 pour 100



1. 25 % en vie à 5 ans
2. 5 % en vie à 5 ans (plus pour certaines radio-chimio simultanées)

 

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13.1 - Epidémiologie des cancers bronchiques
13.2 - Etiologie
13.3 - Biologie du CBNPC
13.4 - Anatomopathologie
13.5 - Stades anatomo-cliniques
13.6 - Apports de l’examen anatomopathologique
13.7 - Circonstances de découverte
13.8 - Diagnostic
13.9 - Bilan d’évaluation : extension, opérabilité
13.10 - Evolution, pronostic
13.11 - Traitement
13.12 - Conclusion en 10 points clés
13.9.1 - Bilan d’extension : il comporte deux volets
13.9.2 - Bilan d’opérabilité
13.9.1.1 - Locorégional
13.9.1.2 - Extension à distance : les métastases